#Trail Thomas Cardin signe un temps record au Mont Rachais

Comme attendu, Thomas Cardin a pulvérisé l’ancien record de l’aller-retour du Mont Rachais depuis le Jardin de Ville de Grenoble. Le temps à battre est désormais de 54’27, soit 15 minutes de moins que la précédente référence.

Il était écrit que, sauf blessure, le record de montée et de descente du Mont Rachais allait être effacé ce matin. Restait à savoir dans quelle proportion. Et le moins que l’on puisse dire c’est que Thomas Cardin n’a pas fait dans le détail. Parti sur les coups de 7h30, l’ancien champion de France de trail court a profité des conditions idéales bien qu’humides pour atteindre son objectif qui était de « casser » l’heure et d’entrer le livre des records. Désormais, le temps de référence est en 54’27, battant le précédente marque d’Elvin Laugier de près de 15 minutes qui s’élevait à 1h09 et 21 secondes. Parti avec lui, le Grenoblois Edouard Laudier n’a pu suivre le rythme infernal de son ami mais est quand même parvenu à boucler le parcours sous l’heure en 58’36. Le pensionnaire du Taillefer Trail Team nous raconte sa course et ses sensations.

Thomas Cardin, félicitations pour ce record. Mission accomplie !

Oui, mission accomplie ! J’avais dit que je voulais passer sous l’heure et je réalise ce que j’avais dit. Je n’avais pas trop de doute, je savais que c’était possible et le temps est là.

Justement, 54’27, c’était le temps attendu ?

Je savais que passer sous l’heure était envisageable mais je ne savais pas vraiment combien je pouvais gagner en prenant un peu plus de risques. Le temps de cinquante-cinq minutes me semblait être le temps maximal que je pouvais faire. Je fais un petit peu en-dessous, donc ça me semble cohérent.

Est-ce que tu as eu des doutes pendant ta course ?

En arrivant en haut de La Bastille, j’ai vu que j’étais en avance sur le temps que j’avais prévu et je me suis dit que je devais peut-être me calmer parce que c’était la partie la plus traître : il faut être beaucoup en puissance sur les muscles et comme c’est le début, on ne sent pas qu’on s’épuise. Après, il y a la longue partie jusqu’au Rachais et quand on regarde la montre, il y a toujours un petit doute sur la capacité à arriver à tenir jusqu’au bout à fond. Mais finalement c’est passé. Et puis, plus on se rapproche, plus on voit qu’on est dans les temps et on avance de plus en plus vite. Il y a toujours des doutes, mais c’est le doute qui nous permet d’aller toujours plus vite.

Tu as croisé du monde pendant ta montée ?

Étonnamment, oui. Bon, je n’ai pas levé beaucoup la tête, je n’ai reconnu personne à part mes parents grâce aux sons de leurs voix parce que j’étais concentré. Mais c’est vrai qu’il y avait beaucoup de monde et des gens qui encourageaient dans la Bastille, le long du GR et même au sommet où il y avait 6-7 personnes déjà ! Ils ont dû se lever tôt parce que pour être à 8h en haut du Rachais, faut y aller quoi (rires) ! Mais ça fait vraiment plaisir, ça te donne un petit coup de pied aux fesses quand tu te dis que c’est dur et ça fait plaisir de faire vibrer les gens en leur communiquant des émotions en courant.

As-tu eu quelques frayeurs dans la descente ?

Dans la descente, c’est un moment où il faut se concentrer énormément. Mais je n’ai pas regardé la montre. Le but c’est de le faire le plus rapidement. A chaque fois que tu ralentis, tu essayes de ré-accélérer juste derrière, tu relances sans arrêt, tu prends le plus de risques possibles toujours en étant dans le contrôle et puis après c’est à fond ! Il ne faut pas se poser de question.

Il a beaucoup plu ces derniers jours, comment était le terrain ?

C’était juste comme il fallait. C’est vrai que, en Chartreuse, quand la terre est bien sèche, ça dérape un peu. Là, c’était parfait. Pas trop humide, les cailloux n’étaient pas trop glissants non plus, on ne pouvait pas vraiment faire mieux comme conditions.

Qu’est-ce que ça fait d’être dans le Guinness Book grenoblois ?

Je ne sais pas trop (rires). Il y a ce record mais il y en a plein d’autres autour de Grenoble notamment avec la Grésivaudan Xpress, bien connu des trailers grenoblois, et donc il y a des records sur chacun des sommets. Ça en rajoute un à cette longue liste et je suis content de mettre mon nom à côté.

Penses-tu que ton nouveau record va en titiller certain ?

Ça peut titiller mais ça peut aussi faire un peu peur (rires). Comme tout record, il est possible d’être battu. Mais je pense qu’il n’y a pas grand monde qui pourrait faire beaucoup mieux. Je pense qu’il peut être battu de quelques minutes mais par les meilleurs mondiaux et ils ne viendront pas à Grenoble (rires). Mais parmi les meilleurs français avec qui je joue toute l’année, eux pourraient titiller le record d’une minute mais est-ce que ça fera envie aux coureurs de l’Equipe de France de course en montagne ? Je ne sais pas. Je pense à Julien Rancon, Manu Meyssat mais aussi les jeunes comme Alexandre Fine ou Sylvain Cachard. Peut-être ! S’ils s’installent dans le coin, certainement que ce record les intéressera. Ce sera l’occasion pour moi de revenir ! 

 

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