#Perche Thibaut Collet (EAG) : « Je ne me fixe aucune limite »

Grand espoir de la perche française au même titre que son frère Mathieu, le Grenoblois Thibaut Collet, 21 ans, a effectué son premier concours en Diamond League, le circuit élite de l’athlétisme mondial, à Rome. Avant d’enchainer sur celui de Doha vendredi, le perchiste nous livre ses premières sensations.

Thibaut, on imagine que tu dois être ravi d’avoir pu faire tes premiers sauts en Diamond League.
Clairement ! La Diamond League, c’est un objectif pour tous les athlètes ! Ce sont les meetings les plus prestigieux, ce sont les plus belles compétitions hors championnats internationaux donc oui, ça fait plaisir d’y participer. Bon après, avec cette saison compliquée, moi j’ai été avantagé puisqu’il y a eu quelques athlètes français qui étaient blessés et qui ne pouvaient pas être sur le circuit. Mais c’est sûr que ça fait plaisir de côtoyer ce milieu-là et de pouvoir sauter dans ces conditions.

Tu te dis avantagé mais tu as aussi subi les aléas de cette période à Monaco.
C’est vrai que Monte-Carlo avait été une épreuve compliquée (il n’avait pas pu se présenter au concours car il avait été en contact avec Valentin Lavillenie, contrôlé positif au Covid19, ndlr). Mais j’ai assez ramassé à Monaco pour arrêter derrière de gamberger. C’est passé, ça fait partie de la vie. J’ai été un dommage collatéral du Covid. Je n’ai pas été testé positif derrière donc en soi, il n’y avait rien de grave. Ca reste une grosse déception mais qui est maintenant derrière moi et qui fait partie de mon expérience.

Tu as donc effectué tes grands débuts à Rome au Stade Olympique. Est-ce qu’on pense à Tokyo l’année prochaine dans ces moments-là ?
Avant Rome, j’étais invité à Lausanne. C’est une compétition qui rentre dans le cadre de la Diamond League mais qui n’est pas proposée comme telle pour les athlètes. Mais la vraie de vrai, c’était Rome. Et c’est sûr que le cadre du stade olympique fait forcément penser à l’année prochaine même si sans spectateurs, ça fait vraiment bizarre.

Tu étais donc au première loge pour voir le record du monde officieux en plein air de Mundo Duplantis (6m15). Vous êtes de la même génération, qu’est-ce que ça fait de le voir faire tomber des records qui paraissaient il y a peu comme inatteignables ?
Ca fait bizarre parce qu’on se dit « pourquoi avec moi ça ne fait pas pareil ? » Mais ensuite on se rend vite compte que Mundo Duplantis, c’est un gars qui a des qualités et un talent phénoménal ! Il est né avec une perche dans les mains ! D’un côté, on se dit que c’est injuste mais de l’autre, on admire parce qu’il n’y a que ça à faire et savourer ces moments-là.

De ton côté, tu réalises un bon concours qui doit te rassurer après ta déception aux championnats de France.
Très clairement, mon but était de rebondir après mes championnats de France Elite (6ème avec 5m50) et d’aller à Rome pour sauter plus haut et prendre beaucoup de plaisir de sauter dans un concours comme celui-ci. Et puis tout était beaucoup mieux : je me sentais bien physiquement, je me sentais bien mentalement. Je passe 5m60 du premier coup et je rate 5m70 de peu (son record personnel est de 5m62, ndlr). Je vais terminer ma saison ce vendredi à Doha où je ne me fixe aucune limite.

LSD