Le GF38 féminin dit adieu à son équipe 3 : « Des valeurs qui ne me représentent plus » (Maud Simon)

Où sont les femmes ?
Elles se font renvoyer du GF38. Et ça, ce n’est pas une bonne nouvelle. 

Alors que la succession de Julia Arpizou et Jeff Matencio à la tête de la D2 féminine focalise toutes les attentions, jeudi 25 juin, le club grenoblois a pris le parti de se séparer de son équipe 3, laissant ainsi une vingtaine de filles sur le carreau.
La déception est évidemment immense chez les jeunes joueuses du feu groupe Régionale 2 dont aucune alternative n’a été proposée.

Des filles qui se sentent abandonnées et amères, à l’image par exemple de Maud Simon, licenciée de longue date au sein du club grenoblois : «  Voilà ce que j’ai à dire, comme je le pense, la plupart des filles de cette équipe. Cela fait 10 ans que je pratique et prends du plaisir à jouer au football au sein du GF38, ce club à été très formateur pour moi. Malgré cela, l’équipe 3 n’a jamais vraiment été considérée au sein des féminines. Pour les journées cohésions par exemple, nous organisions tout de notre côté, joueuses et entraîneur, rien n’était ni préparé ni payé par le club. Nos bons résultats étaient rarement partagés sur les réseaux comme pour les autres équipes. Chaque année nous payons une licence au même prix que les autres sauf que chaque année nous n’avons pas l’équipement complet. C’est encore le cas pour cette saison 2019/2020. Le GF38 prône le développement du foot féminin mais supprime une équipe avec un effectif de plus de 20 joueuses qui aujourd’hui ne savent pas où aller. Je suis très déçue qu’aucune annonce officielle n’ait été faite pour informer les joueuses que notre équipe n’existera plus l’année prochaine. Nous l’avons appris par des joueuses de l’équipe supérieure. Aujourd’hui je suis dans l’obligation de tout recommencer, d’aller dans une équipe avec un niveau plus bas alors que nous avions réussi au gf38 à accéder en DHR avec beaucoup d’effort, d’envie et de sacrifice pour la plupart de mes coéquipières. C’est avec un goût amer que je quitte le club de cette manière mais les valeurs que véhicule le club ne me représentent plus du tout. Et c’est avec un goût revanchard que je vais aller reconstruire quelque chose ailleurs, en espérant que les valeurs qu’ils prôneront seront bien meilleures que celles du GF38. »
Une volte face pour le moins surprenante, car il y a à peine un an, sous la « présidence » de Felipe Da Fonseca, la politique était tout autre, à savoir conserver le maximum d’équipe de filles à tous les niveaux. Peut-être l’envie de privilégier le sport élitiste au détriment du sport de masse ? Nous avons proposé à la direction de la section féminine d’apporter des précisions sur le sujet mais cette dernière n’a pas donné suite.

Un an après le licenciement rocambolesque de son guide spirituel Nicolas Bach, la section féminine du club grenoblois fait encore dans le flou. Qu’il semble loin le temps de la Fifa WWC et de ses belles promesses. Dire que ce n’était que l’an dernier… Le temps de briller ? Un temps en passe d’être révolu.

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