#Fed3 Jordan Vignati (RCVT) : « Notre travail n’est ainsi pas réellement récompensé »

Longtemps blessé, le demi de mêlée du RCVT, Jordan Vignati a fait son retour sur les terrains en Janvier dernier avant l’arrêt prématuré de la saison. Pour #LSD, il est revenu sur sa période de confinement, sur la saison terminée et sur celle qui arrive.

Jordan, comment s’est passé le confinement. Aviez vous un programme sportif ou le tien était essentiellement basé sur les commentaires ?
À titre personnel plutôt bien, notamment car j’ai pu continuer mon activité professionnelle qui n’est pas directement impactée par les difficultés économiques actuelles. J’ai vécu ce confinement avec philosophie et bonne humeur, même si la situation sanitaire était complexe une telle période permet de prendre du recul et de réfléchir sur beaucoup de sujets. On est dans des rythmes un peu fou toute l’année, alors deux mois de « pause » peuvent être bénéfiques. J’ai également eu la chance de les vivre en maison et à la campagne, ce qui facilite la donne. C’est aussi l’occasion de faire vivre LSD depuis son salon comme tu le soulignes, l’idée de cette vidéo commentaires m’est venue d’un trait, en ruminant dès le premier dimanche du confinement à 14h50. Enfin concernant le RCVT, nous avions un programme physique transmis par le staff en effet, mais j’ai mes petites habitudes et exercices personnels. Donc quoi qu’il arrive je ne coupe pas avec l’activité physique.

Comment as tu réagi à l’arrêt du championnat. C’était attendu mais ça laisse des regrets ?
Je m’y attendais au vu des consignes gouvernementales qui prenaient de l’ampleur sur l’importance des gestes barrières. Comment pouvions nous jouer au rugby dans un tel contexte ? Cet arrêt était logique. La santé prime avant tout. Je n’ai pas été abattu de cet arrêt de saison prématurée dans la forme, mais dans le fond en revanche j’ai été beaucoup plus déçu pour ceux qui sont contraints d’arrêter ou de prendre du recul avec le RCVT. Ce n’est pas l’issue qu’ils espéraient. Je pense à mon frère Dylan, à Sébastien VIDAL mais aussi à Pat’ FLACHER. Même si ce dernier peut tout à fait revenir sur sa décision, car je lui rappelle que Saint-Savin est dans notre prochaine poule. On ne lui en voudra pas !

Quel bilan fais tu de la saison du groupe Seniors du RCVT ? Belle mais remplie de regrets ?
C’est un sentiment paradoxal oui. D’un côté, la sensation d’avoir vécu une saison unique, avec un groupe unique, qui nous a vu occuper dans la durée une place de leader de fédérale 3 ce qui n’était pas arrivée au club depuis des années. Il ne faut pas oublier d’où l’on vient. Il y a encore 3 ans nous assurions notre maintien à l’avant dernière journée avec un point de bonus défensif arraché face à Tournon. De l’autre, une sensation de frustration car je suis persuadé que les deux équipes étaient lancées pour faire de belles choses en phases finales. Notre travail n’est ainsi pas réellement récompensé. Néanmoins, nous avons appris que le RCVT se classait 16ème en première et 12ème en réserve sur les 168 clubs de Fédérale 3. Il faut être fier de ce classement malgré tout. Mais finalement ce que je retiens sur un plan personnel, c’est les 5 magnifiques mois que j’ai passé avec l’équipe B en tant que coach provisoire (le temps de ma rééducation liée à ma rupture ligamentaire du genou). Je me suis éclaté avec eux, j’aime cette idée que lorsque tu es blessé, tu prends un autre rôle dans le club. Tu redeviens un « anonyme » en quelques sortes, « une petite main », et ça fait du bien.

Le club a été consulté pour la montée en Federale 2 mais n’est pas allé plus loin. Toi en tant que joueur comment as-tu réagi ?
Le club a été approché par la fédération pour émettre un avis sur une possible montée. Ensuite, nous n’avons plus eu aucune nouvelle de la fédération. Au final, nous avons constaté que nous n’étions pas dans les clubs promus. Cette approche de la FFR a bien entendu entrainé des discussions en interne et je tiens à le dire : elles ont été menées dans l’état d’esprit du RCVT c’est-à-dire avec bienveillance, écoute et solidarité. Notamment car nous, joueurs, avons été conviés à ces échanges tout comme Olivier BOURRIN président de l’Ecole De Rugby. Ce qui prouve, à mon sens, le dialogue et l’entente des membres du club. A une grande majorité, les joueurs ne souhaitaient pas monter car nous voulons acquérir ce droit sur le terrain et dans la liesse des phases finales. Le rugby se construit avec des souvenirs et des victoires. Une montée administrative a beaucoup moins de saveurs. Mais une telle décision n’aurait pas été simple à prendre. Ce que la fédération a demandé aux club était complexe et inhabituel. Le destin a bien fait les choses finalement.

Sur un point de vue personnel, tu as longtemps rongé ton frein avant de retrouver les terrains. Quel bilan tu fais de tes quelques matchs ?
Si je fais un focus sur mon retour en équipe première c’est plutôt un mauvais souvenir. Suite à la blessure de Thibault Boiton, j’ai été propulsé titulaire pour le déplacement à Aix les Bains et nous perdons à la dernière minute. J’ai rarement été autant affecté et j’en ai voulu à la terre entière. J’avais imaginé bien d’autres scenarios pour mon retour, mais c’est le jeu. Ensuite, j’ai eu de bonnes sensations sur les derniers matchs notamment du Teil et de Saint-Jean de Bournay, qui se sont soldés par des victoires. Donc tout est rentré dans l’ordre ! Globalement j’ai beaucoup appris pendant cette période de convalescence, je pense que mentalement ce sont des épreuves qui renforcent.

Que peut-on te souhaiter pour l’an prochain ?
Je souhaite que toute cette frustration de la fin de championnat prématurée serve a être encore meilleurs en équipe première comme en réserve. Nous devons renouer avec nos objectifs, ils n’ont pas pu être atteints cette année et bien soyons encore plus motivés à les atteindre lors du prochain exercice. Il y a certaines arrivées et retours au club qui vont nous renforcer, toujours dans une forme de logique et de continuité. J’ai hâte que le groupe se retrouve et se solidifie davantage. Cet équilibre entre joueurs du cru et recrues ciblées est parfait. C’est à nous de le préserver et de l’améliorer. Enfin d’un point de vue général, je souhaite à tous les clubs de retrouver le chemin des terrains au plus vite, afin que ce Covid ne soit qu’un mauvais souvenir !

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