Pierre Eymeri (Président US2Ponts) : « Une incidence sur la vie du club »

La crise sanitaire et les mesures prises pour empêcher la propagation du virus Covid-19 ont un impact évident sur le fonctionnement des clubs. Pierre Eymeri, un des présidents de l’US2Ponts, nous parle de tous les enjeux et les conséquences de cet épisode sur son club que ce soit sur le plan sportif, mais également économique et structurel.

Pierre, les interdictions de rassemblement et puis le confinement tombent au mauvais moment pour le club qui avait prévu d’organiser deux événements au mois de mars…
Les annulations du loto et du printemps du rugby (soirée prévue pour le 21 mars devant se dérouler après le match contre Izeaux) représentent un manque à gagner d’environ dix mille euros. Ce n’est pas sans incidence sur le budget du club. Mais le fonctionnement va être réduit sur toute la fin de saison, donc je pense qu’on va s’y retrouver. Pour nous, ça ne devrait pas avoir d’incidences économiques graves. En revanche, ça a une incidence sur la vie de club. La soirée du 21, c’est un événement qu’on avait fait l’année dernière, qui était super sympa et c’est là-dessus que ça va nous porter préjudice. Parce que dans ce contexte de morosité sportive, ce genre d’événements, ça fait du bien à tout le monde.

Tu évoquais que l’aspect sportif, sais-tu ce qui adviendra de cette saison ?
Je n’ai aucune info. Ça spécule un peu à droite, à gauche… Dans notre cas, nous ne sommes pas concernés par les débats parce que l’issue sportive de l’US2Ponts, elle est connue. Mais par équité sportive, quand je pense à des clubs qui sont à la lutte pour le maintien, qui sont à 3-4 points des derniers, ça me parait compliqué d’arrêter le championnat avec le nombre de points acquis à l’instant T. »

Tu penses donc qu’on se dirige plus vers une annulation que d’un report.
Ça me semble le plus cohérent. On fait quand même un sport de combat. Si tu restes un mois sans t’entraîner, sans rien faire, même si ce n’est que de la Fédérale 3, je pense qu’il va falloir quinze jours voire trois semaines minimum pour que tous les joueurs puissent se re-préparer et reprendre le rythme. Donc on ne pourra pas reprendre le championnat à la levée du confinement. Et puis nous, on ne peut pas être comme les pros en nous demandant de jouer sur la période des vacances. Après, nous ne sommes pas juges-arbitres. On subira comme tous les autres la décision de la fédération. Mais supposons que dans une poule où les quatre derniers sont hyper serrés, tu peux pas dire qu’on arrête le championnat. Il y a forcément des clubs qui vont crier au scandale.
Nous, on sera forcément très content si on se maintient mais ça peut aussi se retourner contre nous. On a fait une saison très moyenne, si les joueurs décident de partir… ce n’est pas non plus la super nouvelle si on se maintient ! C’est pour ça que je pense que la « fédé » – même si évidemment l’aspect sanitaire est bien plus important que l’US2Ponts et sa petite vie en Fédérale 3 –  devrait statuer relativement tôt parce que les clubs ont besoin de basculer sur la saison prochaine. On a besoin de préparer un projet sportif et essayer de garder nos meilleurs joueurs. Et plus on a du temps pour s’y préparer, mieux c’est.

« J’avais déjà basculé sur la saison prochaine »

En terme d’organisation, tu penses déjà à la saison prochaine ?
J’étais déjà en train de m’y pencher avant. J’avais commencé à faire un audit auprès des joueurs pour voir leurs ressentis sur la saison qui vient de se passer, sur les éventuels manques de l’équipe, leurs ressentis avec le staff technique, etc. Je voulais laisser passer les matchs contre Rives et Izeaux pour ensuite rencontrer les entraîneurs individuellement. Toute cette démarche est reportée de pratiquement un mois. Après, on ne va pas se voiler la face, on pensait très clairement qu’on allait passer à l’étage inférieur. Moi, j’avais déjà basculé sur la saison prochaine mais là, on ne sait plus ! Après si ça se bloque maintenant, et qu’on descend, c’est pas grave et on travaillera sur un projet de trois ans pour remonter avec des jeunes. Mais si ça se maintient, ce sera différent. Bien sûr qu’on va intégrer nos jeunes qui montent mais peut-être aussi qu’on va pouvoir réfléchir différemment avec certainement des meneurs qui vont vouloir rester en Fédérale. C’est sûr que c’est plus la même chose.

Penses-tu que cette crise sanitaire peut entraîner une forme de psychose qui pourrait freiner les parents à inscrire leurs enfants à l’école de rugby l’année prochaine ?
J’ose espérer que non. En revanche, je pense que la fin de saison va être très impactée. On a l’habitude d’organiser une fête de l’école de rugby en juin mais à mon avis, je pense que ça va être annulé. Je pense que les parents auront encore un peu peur. En revanche, je ne pense pas que ça aura des conséquences à la rentrée sur le nombre de licenciés. Le but en école de rugby est d’être attractif, et si tu es attractif, cet épisode sera secondaire. A mon avis, les bonnes mesures ont été prises même si certains disent qu’elles l’ont été un peu tardivement. Si on est tous disciplinés, ça devrait rentrer dans l’ordre dans deux mois.

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