#Hommage Poulidor : pas qu’un perdant… au moins dans le Dauphiné

Aujourd’hui, la France perd un héros… Alors que le monde du vélo dit au revoir à son « Poupou », son étiquette d’« éternel second » lui reste collée à la figure. Le Maillot Jaune est toujours resté sur les épaules de ses plus grands rivaux… Anquetil et Merckx ont constamment volé la vedette d’un Poulidor en embuscade. Mais « la pouliche d’or » s’est ancrée dans le paysage cycliste avec une longévité remarquable. Squatteur régulier des podiums des grands tours (en plus de sa victoire sur la Vuelta en 1964), Raymond n’a jamais eu l’envie d’abandonner. Symbole du panache français, de la défaite dans les règles de l’art (il lui manque 55 secondes pour terminer la grande boucle 1966 en tête), Poulidor est une allégorie au sport français qui sait perdre. Un poète malheureux, mais héroïque. Ce personnage de roman qui ne triomphe pas, mais qui s’attire l’amour du public… C’était ça Poulidor. L’incarnation même du héros français, vaillant, plein de bonne volonté, attachant et valeureux sans jamais pour autant gagner. Cette culture du faible qui bat le gros, de celui qui essaye, qui cherche à renverser la vapeur, sans être le meilleur… Cette figure populaire chère aux valeurs et idéaux de notre sport national.

Mais dans le Dauphiné, Raymond Poulidor a mis ses vieux démons de côté. En remportant les éditions 1966 et 1969 du Critérium du Dauphiné, le Creusois a goûté aux joies de la victoire. En devançant Jacques Anquetil (quatrième) lors du millésime 1969, le sort fut même conjuré. Ce mercredi 13 novembre a ajouté au poids déjà insoutenable des attentats de 2015, une nouvelle figure symbolique et héroïque de ceux qui ont fait l’histoire. Sous ce maillot Mercier qu’il a porté tout le long de sa carrière, couvert par la petite visière de cette casquette qui a fait le charme de ces époques, et à cheval sur sa monture rose tant emblématique, Raymond Poulidor nous a quitté, et une partie de l’histoire du cyclisme français avec… Le cycliste argenté s’est fait une place en or dans l’éternité du cyclisme et ses légendes ne seront jamais oubliées…

 

FCG - Oyonnax