#EToiOuTai Antoine Bonvalot, un champion de France en titre sans club

Antoine Bonvalot a 25 ans, il est gardien de but, spinalien de naissance, il débute le hockey à 4 ans. Il arrive au centre de formation des Brûleurs de Loups à 15 ans, passe professionnel à 18 ans et après une année à Briançon et une autre à Brest, revient à Grenoble et participe grandement au gain du titre de champion de France de la saison dernière. Plusieurs clubs se positionnent alors sur lui, qui, de son coté, souhaite occuper pleinement un poste de premier gardien. Bonvalot opte pour le premier club qui se manifeste, dont le projet est également le plus intéressant selon lui : le Lyon Hockey Club, proche de Grenoble. Lyon lui permet également de continuer ses études à l’école de management de Grenoble et de développer  sa plate-forme de mise en relation entre clubs et joueurs de hockey (www.gotmyteam.com). La suite de la carrière de ce jeune gardien s’annonce alors belle et pleine de promesses….Mais c’était sans compter sur l’incroyable scénario qui va s’écrire en coulisse.

En juillet, le LHC ne passe pas le premier tour des validations financières du gendarme financier des clubs professionnels de la fédération française des sports de glace. S’en suit une relégation en troisième division, puis au final la disparition même de l’équipe. Tout cela, et la suite, c’est Antoine lui-même qui nous le raconte :

« Après une superbe saison avec les BDL, je souhaitais logiquement avoir un poste de premier gardien. J’avais fais un super début de saison avant d’être éloigné des patinoires pendant plus de deux mois à cause d’une blessure. Je suis revenu en fin d’année civile, j’ai retrouvé peu à peu mon niveau et on a fait une superbe phase finale. En avril, Lyon me contacte et leur proposition est très attrayante. Je me décide relativement tôt et ce malgré d’autres contacts en Magnus. Grenoble ne pouvant pas me proposer le poste dont j’avais envie, on s’est séparé en très bons termes ».

 » On a été pris en otage »

« Lorsque le LHC n’est pas validé en juillet, je ne suis pas inquiet, la direction du club nous avait prévenu qu’il manquerait à cette date des papiers. Chaque année cela arrive à plusieurs clubs. J’arrive avec le reste de l’équipe début août comme prévu et on débute la préparation. Quelques jours après la reprise, il est annoncé la relégation du club en D3. La direction convoque les joueurs et nous rassure en nous disant qu’ils vont faire appel au CNOSF et que tout va bien se passer, ils sont certains de gagner. On a continué à s’entraîner mais les premiers matchs amicaux sont annulés, on ne touche pas nos salaires et surtout l’appel du CNOSF est rendu en défaveur de Lyon. J’avais jamais vu une telle décision arriver si tard (l’avant-veille du premier match de championnat devant opposer les Grenoblois et les Lyonnais, ndlr). Je comprends qu’on nous a menti. La situation s’est tendue, certains ont pu rapidement partir. J’ai le sentiment d’être pris en otage. À cette période de la saison, tous les clubs ont déjà trouvé leurs deux gardiens, je me suis fait coincer. Aujourd’hui nous sommes encore 4 à ne pas avoir trouvé de club.  Sportivement, c’est compliqué mais financièrement aussi, il faut savoir que je n’ai toujours pas été payé. La liquidation devait être prononcée en fin de semaine dernière, j’attends que le liquidateur me contacte. »

 » Aujourd’hui je suis obligé d’espérer que quelqu’un se blesse »

« J’ai la chance que Sébastien Beaulieu, entraîneur des gardiens de l’équipe de France et du Servette de Genève, m’ait proposé de venir travailler dans son centre. Ça devait être pour dix jours et ça se prolonge. Je m’entraîne même avec l’équipe du Servette que je remercie chaleureusement pour son accueil. C’est un club qui ne me doit rien et qui m’accueille à bras ouverts. Ca fait chaud au cœur dans cette période compliquée où tu comptes tes amis sur les doigts d’une main. Actuellement je m’entraîne mais ça ne durera qu’un temps. Je cherche activement un club. En France ou à l’étranger, mais pour cette seconde option, je suis un jeune gardien et je manque d’expérience. Les équipes qui vont chercher un gardien, ce sera pour combler une blessure ou des contre-performances. A l’étranger, on ne me connait pas encore beaucoup. C’est difficile psychologiquement d’être dans cette situation même si physiquement je suis prêt. Aujourd’hui, je suis obligé d’espérer que quelqu’un se blesse.

 » La fédération ne fait rien pour moi »

« Même si j’ai reçu des messages de soutien de joueurs et de coach , ils n’ont pas le pouvoir de me recruter ou alors c’est trop tard. Aujourd’hui, j’en veux aux dirigeants de Lyon, qui nous ont maintenu dans le mensonge… et à la fédération qui ne fait rien pour moi. Je suis obligé d’aller sur Genève pour m’entraîner. Ce n’est pas le plus pratique. Je suis joueur de hockey professionnel, j’ai besoin de m’entraîner mais aussi de jouer des matchs, d’être en compétition. »

Antoine Bonvalot va pour l’heure continuer à s’entraîner avec le club suisse. Il se dit prêt à prendre toutes les opportunités qui pourraient s’offrir à lui. Gardien talentueux, l’ancien BDL est dans une situation très difficile,malgré sa bonne saison l’année dernière à Pôlesud… 

Hemispheres voyages - Galles