#RK94 #Banderoles Philippe Hinschberger : « La ligue s’est trompée de combat !»

Au delà de ses qualités footballistiques et humaines reconnues, l’entraîneur grenoblois est également apprécié pour son franc parler. La langue de bois, ce n’est pas son dada. Aussi Philippe Hinschberger est revenu sur les banderoles déployés par les ultras de la Tribune Ouest lors de la rencontre face au RC Lens. Concernant l’homophobie dans les stades, son opinion est bien tranchée…

Lundi dernier donc, comme souvent à Grenoble, le spectacle n’était pas que sur le pré du SDA. Il était aussi en tribunes. En effet, depuis quelques temps, dans un contexte de privation de libertés, le feu couvre entre la Ligue et les ultras de tous horizons, taxés un peu trop rapidement d’homophobie. Une Ligue de Football Professionnel qui aura réussi l’exploit de se mettre à dos la totalité des Ultras de l’hexagone. Aussi, chaque week-end fleurissent des petites dédicaces ou messages plus ou moins bien sentis à l’encontre de cette dernière, pour exprimer un mécontentement grandissant. L’idée étant de provoquer sans franchir la frontière, au risque d’entraîner des sanctions en tribunes et au niveau du club. Les Red Kaos 94, pour ne pas les nommer, n’ont pas échappé à la règle avec un message tout en finesse, tout en second degré, destiné aux instances dirigeantes françaises.

Philippe Hinschberger, plongé dans son match, a malgré tout eu le temps de jeter en œil en tribune. Le message l’a bien fait sourire : « Il y a eu des arrêts de jeu alors j’ai eu le temps de voir toutes les banderoles. » Le coach grenoblois, en homme de lettres averti, a apprécié la finesse du grain : « Nous avons trouvé ça très très délicat et je voudrais féliciter les ultras pour ça. Ils se font souvent allumer et ont eu une très bonne réaction basée sur l’humour pour se défendre. Plutôt que d’aller au clash ils ont choisi la dérision en guise de réponse et moi je les soutiens à 300%. » Et Philippe Hinscberger de prendre lui aussi part aux débats : « Je suis le foot depuis longtemps et des propos homophobes, il n’y en a pas. Ce n’est pas parce qu’on dit Arbitre e… ou Oh Hisse e… que l’on est homophobe. Ce terme est pour moi un mot d’argot qui existe depuis la nuit des temps et non homophobe. J’ai plein de copains qui sont homosexuels et franchement les appellations dont on vient de parler dans les stades ça les fait plus rigoler qu’autre chose. » La Ligue se serait-elle pris les pieds dans le tapis Philippe ? Ce dernier le pense : « Je trouve que la Ligue s’est trompée de combat. Maintenant elle n’a plus envie de faire marche arrière et on se retrouve avec deux tribunes fermées, une à Caen, une à Nancy. Ce sont les joueurs qui sont pénalisés. » L’entraîneur grenoblois replonge dans ses souvenirs et fait le parallèle avec une mésaventure subie alors qu’il était à la tête du FC Metz : « Le pétard lors du match Metz-Lyon il y a trois ans quand j’étais en Ligue 1 nous a coûté un point ferme et le match à rejouer a huis clos alors que nous menions 1 but à zéro. Mais nous entraîneur ou joueur n’y sommes pour rien. Moi je suis entraîneur de foot et je ne peux rien faire si dans la tribune il y a un énergumène qui va traiter l’arbitre de P…é. Et puis dans son esprit ce n’est pas homophobe, c’est comme s’il disait arbitre abruti. Dans ce cas là il faut aussi chasser les mots d’argot. » Et PH de poursuivre sa diatribe contre la Ligue : « Elle s’est complètement trompée. Je ne vois pas en quoi le fait de fermer des stades ou des tribunes va améliorer les choses. Bien au contraire, et la réaction des supporters le prouve, ils ne veulent pas pénaliser leur club alors ils font ça en finesse et la Ligue se retrouve prise à son propre jeu. »

Ces banderoles second degré des Reds Kaos 94 auront largement fait parler dans le monde du foot et sur les réseaux sociaux, un message qui aura fait l’unanimité, repris et décliné également par quelques petits malins : « Pour finir relégay » par exemple.
Une preuve s’il le fallait que depuis 25 ans et des poussières les RK ça pétille, c’est fin, frais et joyeux… C’est gay quoi ! Oups, c’est gai !

MRB