#FCG Jean-Noel Perrin, le rugby chevillé au corps « On va répondre présent »

Jean-Noel Perrin sera, comme il le dit lui même, le sourire aux lèvres. Le bizut de la Pro D2 du staff grenoblois comme il était celui du Top 14, la saison dernière. Ancien talonneur des équipes jeunes du club, parti à Rumilly jouer en Pro D2 (à l’époque le championnat ne portait pas le même nom) avant de revenir en Isère, à Echirolles, comme entraîneur – joueur puis depuis quelques saisons au FCG comme technicien (il était du staff champion de France avec les Crabos en 2018), « Jeano », était la saison dernière (et le sera encore pour deux saisons) le référent de la mêlée du club et de l’équipe une.

 

Les joueurs ont passé des tests médicaux en début de semaine, ils enchaînent avec des tests physiques et du jeu, mais est-ce qu’on a encore la tête à Brive malgré tout ?
Jean-Noël Perrin : Oui et heureusement. J’espère même qu’on va garder longtemps en nous cette frustration. Ce n’est d’ailleurs pas de Brive et uniquement de Brive dont il faut qu’on se souvienne, mais de la saison. Et crois moi, tout le monde ici s’en souvient mais pas pour se flageller ou rester abattu comme on a pu l’être après une saison dans laquelle ni le club, ni les joueurs, ni le staff n’avons triché. On est « mort » avec nos convictions et je continue de penser qu’elles n’étaient pas mauvaises. On a joué tous les matchs, on a pas fait de calcul, ni d’impasse, on a joué, ça n’a pas payé malheureusement. Aujourd’hui notre descente est un moteur, une motivation supplémentaire alors qu’on n’en manquait déjà pas (rires).

Comment rebondir cette fin de saison ?
On s’appuie sur les statistiques, pas uniquement et pas de manière abusive mais on les regarde. On se remet en question, on se documente sur les futurs adversaires, sur la Pro D2 et on redouble de travail à l’inter-saison. A titre personnel, j’ai énormément appris la saison dernière et comme l’ensemble du club (dirigeants, joueurs et staff), je suis revanchard. On a analysé, on ne fait pas une si mauvaise saison que ça. On a une des mêlées les plus conquérantes du championnat. On a battu des gros et bousculé beaucoup d’équipes, on fait un bon début de saison mais malheureusement comptablement on engrange pas assez. Ensuite on a un véritable trou d’air c’est vrai. On perd à la maison contre Agen c’est la défaite de trop. Je ne reviens pas sur le match de Brive (…), on a de quoi passer, on est vraiment pas loin, on fait de petites fautes… C’est dur, mais c’est le sport.

Peux-tu nous en dire plus sur le rôle qu’était le tient l’an dernier et celui qu’il sera cette saison ?
Je suis assistant coach en charge de la mêlée. Que ce soit sur de la technique individuelle, de la technique collective et de la stratégie. J’interviens aussi en aide auprès du coach des avants. Je suis le référent pour l’équipe une mais aussi pour toutes les autres équipes du club et de l’association. C’est une volonté de tous qu’il y ait des synergies fortes à tous les étages. De plus, nous travaillons en co-construction. Chacun peut s’exprimer sur la technique ou autre, les bureaux sont ouverts, c’est super motivant et très enrichissant. Mon parcours au sein du club en est l’exemple parfait. J’étais sur les Crabos et le club m’a proposé de travailler avec l’équipe professionnelle. Ce n’est pas un coup de com’, c’est une philosophie, ça motive tout le monde. Les joueurs et entraineurs qui savent qu’ils sont considérés et écoutés et que des opportunités peuvent s’offrirent à eux, il y a plein de gens avec des compétences ici, ce fonctionnement permet de les motiver, de mutualiser les savoirs, c’est gagnant-gagnant. On travaille actuellement sur des formations en interne et sur des référents de formation, mon poste va sans doute se modifier en fonction de ça.

Tu évoques ton passage des Crabos à l’équipe une, ce n’est pas trop difficile et stressant ce genre d’opportunité ?
C’est sûr que quand tu as eu ma modeste carrière de joueur et que tu débarques presque de nul part, il y a de quoi mal dormir (rires). Mais, modestement, j’avais quelques certitudes sur mes compétences et puis quand tu as des coachs reconnus, des joueurs pros qui te font immédiatement confiance, le stress change de forme. Il devient lié aux résultats, à la vie du groupe, toujours un peu à tes compétences mais la confiance qu’on m’a renvoyé m’a permis de m’investir à 1000% tout de suite. On a une chance incroyable de pouvoir vivre de notre passion. Nous sommes des passionnés et on ne sait pas faire les choses à moitié. Alors oui du stress au départ mais une énorme fierté et un plaisir fou.

Je t’ai beaucoup observé sur les échauffements, le bords du terrain pendant les rencontres et je me souviens d’une image forte après le barrage où tu soutiens « psychologiquement » pendant de longues minutes un des joueurs, c’est un besoin cette proximité ?
Déjà je ne sais pas faire autrement (rires) et puis le rugby c’est la passion, la fusion entre les gens. On vit ensemble, on parcours une route qui dure 10 mois, voir plus. C’est un sport qui demande tellement individuellement et collectivement. J’ai besoin de cette proximité lors des échauffements. Pendant les matchs, j’essaie toujours de pousser avec eux. Quand ils souffrent, je souffre aussi et c’est à moi de trouver des solutions et de leur donner. Je ne sais pas si ils m’entendent toujours (rires) mais c’est mon « taff » et mon caractère, alors je parle, je bouge, c’est épuisant (rires).

Il y a eu beaucoup de mouvements de joueurs et quelques modifications dans le staff, comment vois-tu la saison qui arrive ?
Oui beaucoup de départs en effet, mais c’est malheureusement le jeu du sport « pro ». Quand on voit les clubs dans lesquels nos anciens joueurs partent pour la plus part, ça nous confirme qu’on avait de la qualité l’an dernier et qu’on a aussi fait du bon travail de formation ou de post-formation. On a aussi pas mal d’arrivées et de joueurs qui sont restés. On a une équipe qui a une sacrée gueule (rires). Le retour de Sylvain (Begon, ndlr) qui connait bien la maison est un grand plus aussi. On sait qu’on va être attendu sur tous les terrains mais on ne va pas se défiler. C’est ce que je disais tout à l’heure, on va se nourrir de la frustration d’être passé à côté l’an dernier pour cette cette saison. On veut finir le plus haut possible évidemment, de part notre statut et aussi parce que nous sommes des compétiteurs. Les objectifs sont nombreux : finir le plus haut possible, prendre et donner du plaisir. Cette saison on va intégrer plusieurs jeunes et il en aurait été de même si on s’était maintenu en Top 14. La formation grenobloise est une super formation et comme nous, ils ont le FCG chevillé au corps et ça c’est un plus qui n’a pas de prix. On nous attend, on va répondre présent.

 

 

 

 

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