#SMS Geoffrey Gerin: «Nous sommes en train d’écrire notre histoire!»

Saint-Marcellin a son fromage et…son Geoffrey Gerin. C’est l’enfant du pays. Né au cœur du massif du Vercors, «Jo» a récité ses gammes au sein du SMS, avant de «s’expatrier» deux ans en Ardèche et quinze années du côté du SOV. De retour au bercail depuis quatre saisons, à 38 ans, GG a gardé toute sa fraîcheur. Au centre ou à l’arrière, ses coups de tatane et ses relances bien senties font le bonheur de ses partenaires, ses entraîneurs et le public du stade Carrier. «Geoff c’est un bon gars, super investi, qui donne de son temps pour les autres, avec de belles valeurs, toujours présent pour ses potes» dixit ses partenaires. Un bon condensé du garçon. A l’heure de taper à la porte de la fédérale 2, LSD tourne ses projecteurs sur cette figure emblématique du rugby dauphinois et sa belle tignasse…Ses jeunes années, son club, ses copains, l’avenir… Le messager du SMS se livre sans détours. Entretien avec Geoffrey Gerin, enfant de la balle ovale, le p’tit gars de Saint-Marc qui a fait du chemin…

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Geoffrey, le SMS est aux portes de la Fédérale 2, c’est le bon moment pour y aller?
Est-ce qu’il y a vraiment un bon ou un mauvais moment (rires)? Je pense que dans la continuité de ce que nous proposons depuis quelques années, ce serait une bonne chose de monter d’un cran et d’aller nous étalonner avec les meilleurs clubs de la région. Le but du jeu n’est pas de monter et d’être une victime l’année prochaine mais d’asseoir notre club en Fédérale 2.

Une belle progression puisqu’il y a deux ans vous étiez encore un honneur. La dynamique St marcellinoise est bonne, il faut surfer sur la vague?
Totalement, la dynamique et l’ambiance sont super bonnes depuis quelques années. Nous formons un véritable groupe, sans individualités qui cherchent à se mettre en avant. La club se structure et progresse en même temps que les résultats sur le terrain et il faut profiter de cette dynamique pour faire avancer le club.

Au sujet de cette saison 2016/2017, l’exploit est retentissant avec 30 victoires en 30 rencontres pour décrocher un titre de champion de France Honneur. C’est votre plus beau souvenir en tant que rugbyman?
C’est difficile à dire, il y a pas mal d’images en tête car la carrière commence à être un peu longue (rires) mais ce qui est certain c’est qu’il s’agit de mon premier et mon seul titre, donc il restera gravé à vie. Quant on connaît la difficulté pour ramener un bouclier au rugby, notamment avec zéro défaite, le souvenir ne peut-être que merveilleux.

Seul titre, le second ne vas pas tarder?
(Rires) Quant on y a goûté, on ne peut le garder dans un coin de la tête. Ensuite, il faut être lucide, nous n’avons pas dominé comme nous avions pu le faire en Honneur l’année du titre. Aujourd’hui, le but est de monter et de se faire un maximum plaisir. Je pense que nous avons une équipe de phases finales, donc tout est possible mais nous devons avant tout garder les pieds sur terre, avancer pas à pas et se concentrer sur la réception de Thuir.

Équipe de Phases finales, cela veut dire que vous êtes capables du meilleur mais aussi du pire?
Oui, on l’a vu cette année contre des équipes soi disant faibles de la poule, on ne sur-domine pas, on se met au niveau. On pense que ce sera facile donc on joue tranquillement. Par contre, dès qu’on a des gros matches à faire, j’ai en tête le dernier déplacement chez le second Annecy, nous sommes allés rendre une copie très propre en s’imposant de 25 points. Nous sommes capables d’élever notre niveau de jeu contre des grosses écuries. J’aime bien dire que la peur nous motive et nous aide à aller plus loin dans nos retranchements. Ce qui fait je pense, que nous sommes capables d’exploit en phases finales.

Tu évoquais Thuir avec qui justement vous avez rendez-vous le 26 mai pour valider votre billet pour la Fed2. Le match aller s’est bien passé avec cette victoire 11 à 8 dans les Pyrénées?
Oui mais rien n’est fait, c’est une belle équipe.

Qu’as tu pensé de votre adversaire?
Sans surprise pas rapport à ce que nous avions analysé à la vidéo. C’est une équipe solide, mobile, joueuse, qui aime tenir la balle avec un 10 qui envoie du jeu. Cette équipe nous ressemble, beaucoup plus complète que la formation de Pézenas.

Pézenas c’était du solide devant?
C’était très organisé et très costaud devant avec des cannes derrière mais un jeu assez lisible qui tournait autour des regroupements. Thuir c’est un cran au-dessus.

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Le fait de recevoir au retour, c’est une bonne chose?
Je pense qu’il s’agit d’un avantage maintenant que nous avons bien négocié le match aller, mais rien n’est fait et cela peut vite se transformer en désavantage si on se voit trop beaux.

La pression monte?
Oh que oui, c’est le sujet du moment. On en parle toute la semaine, toutes les conversations avec nos amis, nos proches et même au boulot tournent autour de ça. Et plus on en parle et plus la pression monte, donc là ça grimpe.

On joue au rugby pour ce genre de match?
Bien sûr, on joue que pour ça même (rires). On s’embête à s’entraîner dans la boue sous la pluie et à jouer des matches pas toujours rigolos, alors quand arrive ce genre de rencontre, c’est le pied.

Geoffrey, quelle est votre principale force? Vous êtes une belle bande de potes?
Je crois oui, nous avons un gros collectif. Il y a une belle ossature de Saint-Marcellinois, des jeunes qui se connaissent depuis 25 ans ou plus, et ça c’est vraiment une force indéniable. Même les joueurs qui ont pris le train en route sont des gars qui se sont mis au service du groupe et qui se sont fondus dans le moule du club.

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Un collectif servi par de belles individualités. On pense notamment à votre demi d’ouverture Willy Gonnet, une pépite?
Ah, il ne faut pas lui dire (rires). Bien sûr, c’est lui le maître à jouer de Saint-Marcellin, un joueur incontournable depuis maintenant trois ans et au pied il ne rate pas grand chose. Il lui faudrait peut-être un peu plus de régularité dans le jeu, mais à sa décharge, le fait de bosser à 300 kms d’ici et de ne s’entraîner qu’une fois par semaine ne joue pas en sa faveur.

Il y en a d’autres?
Oui nous avons un gros groupe avec quelques grosses individualités qui se fondent dans le moule. Je pense par exemple à Thomas Faure, notre numéro, 8 qui a 22 ans est en train de prendre une envergure très importante dans le collectif. Il y a aussi des gars comme Benjamin Servien qui aide beaucoup Willy sur la gestion derrière, ou encore Romain Cavet qui gère beaucoup les avants. Sans oublier Anthony Revol dit Raviole qui nous amène énormément de gaz et de puissance devant. A chaque poste nous avons des individualités qui nous apportent énormément et le tout forme un gros collectif.

Des gars qui pourraient jouer plus haut?
Je pense que nous avons des joueurs qui ont le niveau pour jouer en dessus, voire en Fédérale 1 si un jour ils en ont envie. Pour de la ProD2 ou du Top14, ce n’est déjà plus pareil.

A ce sujet Geoffrey, quel est le meilleur joueur de rugby avec qui tu as évolué dans ta carrière?
Martial Servantes du temps de Voiron. Il était de la finale au Parc contre Castres avec le FCG en 1993.

Et le plus vaillant, le courageux?
Il y en a un paquet (hésitations), on va jouer la carte de l’équipe et on va dire Anthony Revol, mon capitaine (rires).

On a parlé des qualités du SMS Geoffrey, quel est le défaut qu’il faut cacher à Thuir mais que tu peux me glisser?
Peut-être le manque de régularité ou alors des relâchements durant un match. Comme par exemple contre Pézenas où on met 10 points d’entrée de jeu puis on laisse l’adversaire revenir.

Votre réussite c’est aussi celle de vos coachs, Fred Giovale et Laurent Gonnet. Comment définirais-tu ce tandem?
C’est un duo qui se complète parfaitement entre Fred qui est capable de dresser les poils à tout le monde sur son discours d’avant match, sur la motivation et Laurent qui sera un poil plus posé et qui parlera un peu plus stratégie ou tactique dans le vestiaire. C’est drôle car sur le terrain c’est totalement l’inverse (rires). Ils sont plein d’idées, toujours en train de se remettre en question et surtout de remettre les joueurs en question. Sans prétention aucune, mine de rien depuis quatre ans nous n’avons pas connu énormément de défaites, et eux arrivent à nous remettre les pieds sur terre régulièrement pour continuer à aller de l’avant.

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Geoffrey, parlons un peu de toi maintenant. Jamais une même chaussette à l’entraînement, c’est par superstition?
C’est vrai. Cela a débuté il y a peut-être une quinzaine d’année avec un ami à moi, suite à une drame. Nous avions commencé à inverser les chaussettes pendant les matches, jusqu’au jour où un arbitre nous a expliqué que c’était interdit de jouer avec deux bas différents. Depuis on a continué mais à l’entraînement.

Des coéquipiers veulent savoir pourquoi ce bandeau est si petit pour ta grosse touffe de cheveux?
(Rires) Il n’y a plus de bandeaux depuis que les cheveux sont coupés, j’ai tout rasé depuis quelques semaines.

Ce n’était pas un problème cette longue tignasse pour jouer un rugby? On ne t’a jamais plaqué aux cheveux?
Non, il m’est arrivé de me les faire un peu tirer dans les regroupements mais c’est assez rare. On va dire que depuis le temps que je tourne sur les terrains, je ne suis plus trop la cible à abattre. Je ne suis plus trop trop embêté.

Né à Saint Marcellin, tu apprends le rugby au SMS avant de partir à 18 ans au centre de formation d’Aubenas. Tu avais des ambitions professionnelles dans le rugby?
J’en ai eu un peu plus jeune. A l’époque Aubenas était monté en ProD2 et pendant deux ans j’ai touché au plus haut niveau Junior, Crabos et Reichel. Après mon année de Reichel j’avais l’éventuelle possibilité d’évoluer dans le groupe Espoir/Prod2 ou la certitude d’avoir un travail dans le rugby. C’est pour cette raison que je suis parti à Voiron. J’avais une proposition d’emploi jeune à l’époque pour bosser avec des enfants dans le sport. J’ai fait une croix sur le haut niveau ce jour là. Mon papa m’avait demandé ce qui était le mieux entre un travail asuré et la possibilité mais sans certitude de jouer en ProD2. J’ai vite choisi.

Pas de regret sur ce choix?
(hésitations) Euh non!

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C’est dur?
Non, pas dur mais j’aurais juste aimé savoir si j’avais le niveau ou pas, si j’avais eu une possibilité ou non de faire une carrière. Mais d’un autre côté je me dis qu’ensuite j’ai fait toute ma vie sur Voiron, connu tous mes amis et toute ma famille ici. C’est un regret sans en être un.

On enchaîne avec Voiron. A 20 ans, tu reviens en Isère pour défendre les couleurs rouges et blanches pendant 15 années. Que retiens-tu de cette longue pige voironnaise?
Une famille, des amis. J’habite Voiron et ma vie est là-bas maintenant. Je ne quitterai la région voironnaise pour rien au monde, à mois de partir dans le Sud ouest, mais ça c’est une autre histoire (rires).

Il y a une saison qui t’a marqué plus qu’une autre au SOV et pourquoi?
Deux saisons m’ont particulièrement marqué même si je peux en citer un paquet parce qu’en quinze ans, j’ai du faire quatre ou cinq montées pour autant de descentes. Il y a tout d’abord ma seconde saison, on finit l’année avec une seule victoire et je crois que je n’ai jamais autant fait la bringue de toute ma vie.

Malgré les défaites?
Oui, malgré les défaites. C’est là que j’ai connu mes vrais amis, dans la difficulté. La saison fut compliquée sur le terrain mais extraordinaire en dehors, humainement marquante. Quant à la seconde, c’est l’année où on joue les demi-finales de Fédérale 3 et qu’on perd aux tirs aux buts, une année encore assez particulière.

Avec un match en tête?
Oui, toujours cette demie où on doit passer 50 fois si l’arbitre ose siffler une pénalité en notre faveur. Cannes-Mandelieu avait passé les deux fois quinze minutes hors jeu et l’arbitre n’a jamais voulu la siffler. On finit donc aux tirs aux buts et c’est notre pilier qui loupe la cinquième pénalité.

Ça me fait penser à élimination de Renage-Rives dernièrement. Tu as vu ça?
Oui je l’ai vue. C’est horrible, terrible, je ne le souhaite à personne.

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Puisqu’on évoque Renage, William Gozzi, ton ancien coéquipier à Voiron dit de toi: «Geoffrey c’est un super mec et un excellent joueur de rugby. C’est un gars qu’il vaut mieux avoir dans son équipe. Il sait te faire souffler avec son pied énorme et sait relancer quand c’est nécessaire.» Tu es d’accord avec cette définition?
C’est gentil de la part de William. Cela me définissait il y a quelques années, maintenant c’est plus sur la gestion (rires). J’essaie de faire jouer un peu plus les autres à l’heure actuelle.

Il dit aussi que tu es «un joueur courageux qui ne s’échappe pas.» Le courage est aussi une de tes qualités Geoffrey?
Je pense que je ne me suis jamais trop échappé. J’aime quand il y a de la difficulté et j’essaye d’être là pour les autres. Je crois que c’est important.

On imagine que tu as suivi les mésaventures de ton ancien club, c’est le mal aimé de la FFR?
Je ne dirais pas que c’est la mail aimé de la FFR, je pense simplement qu’il y a eu des erreurs qui ont été commises mais selon moi les sanctions sont disproportionnées par rapport à l’erreur. Quant on voit aujourd’hui que des clubs sont relégués financièrement suite à des mauvaises gestions, et qu’ils ont le droit de remonter l’année d’après et recommencer les mêmes erreurs. Alors que là pour une bêtise administrative, on les empêche de goûter aux qualifs, je trouve que c’est disproportionné. Après on sait tous que ce qui se passe en haut lieu à la FFR n’est pas toujours bien transparent.

Tu as été touché?
Oui car j’ai toujours des amis qui jouent à Voiron et ça m’embête de les voir déçus et de rater ces moments là pour des conneries.

De retour à St Marcellin depuis 4 ans, c’était une évidence? L’heure de revenir au bercail était venue?
(Rires) Je ne sais pas si je peux tout dire. Il y a eu un peu de changement sur Voiron mais cela était malgré tout une évidence. Cela faisait quelques années que mon oncle et ma tante était revenus dans le club et des amis avec qui j’avais attaqué le rugby étaient toujours là. Plusieurs facteurs ont fait que je suis revenu mais c’était un retour aux sources logique.

La boucle est bouclée?
Oui, c’est ça.

Quand tu parles de tes coéquipiers, tu emploies le terme «mes joueurs.» Ce sont tes «frères», tes «enfants»?
C’est tout comme. Je sais qu’il y en a deux ou trois que j’ai vraiment pris sous ma coupe et que j’essaye de faire avancer et progresser car ils ont des qualités et une mentalité de fou. Ces joueurs méritent d’être les futurs papas d’une équipe. Aujourd’hui j’ai le rôle d’un grand frère, d’un second coach. Nous sommes deux ou trois avoir un peu d’expérience et du vécu dans l’équipe et le but du jeu et de donner tout ce qu’on a pu recevoir de nos pères et leur restituer du mieux possible.

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Transmettre également l’état d’esprit et les valeurs du SMS?
Tout à fait. Même s’ils possèdent déjà l’état d’esprit du club, c’est faire en sorte que la mentalité recherchée au rugby perdure, ne pas dériver sur le foot par exemple.

Ton entraîneur Fred Giovale est élogieux à ton égard. Il dit de toi: «C’est un sacré compétiteur, un mec heureux de vivre qui transmet ça à ses partenaires, un mec qui montre l’exemple et qu’on a envie de suivre. Il entraîne tout le monde dans son sillage.» Là aussi c’est une bonne définition de toi?
(Rires) C’est compliqué de dire des compliments sur soi.

S’il le dit c’est que ce doit être vrai, il te connaît bien?
Oui il me connaît bien. Cela fait quatre ans qu’il m’entraîne à ST Marc, il m’a coaché aussi trois ou quatre ans à Voiron. C’est vrai que je suis un compétiteur. Aujourd’hui je fais partie des trois plus vieux du club, et si les jeunes veulent prendre ma place, il faut qu’ils viennent la chercher. Même si je sais que je ne possède plus mes qualités d’avant et que les jeunes en ont plus, il va falloir qu’il le prouve. De mon côté je ne lâcherai jamais rien. Peu importe le sport pratiqué, je ne joue jamais pour perdre.

Même à la pétanque?
Même à la pétanque (rires).

La joie de vivre est aussi une de tes qualités. On m’a beaucoup vanté tes belles compétences à faire la fête. Tout le monde est unanime pour dire que tu es : «Très très très très bon à la bringue, toujours prêt à déconner ou à se déguiser et à mettre l’ambiance. Des bringues propres et intelligentes, pas des beuveries.» Tu confirmes?
(Rires) Quand on boit je ne sais pas si c’est de manière intelligente mais c’est toujours dans l’esprit de fête et de faire en sorte de passer des moments conviviaux. C’est certain que ce sont des moments juste géniaux. Pour tous ceux qui ont joué les phases finales par exemple, quand on a le bonheur de passer quelques tours, le sentiment que l’on peut avoir…On se retrouve après un verre de bière et si on peut faire participer tout le monde autour de deux trois chansons ou jeux, c’est juste merveilleux.

Geoffrey, à 38 ans il n’y a plus de points à améliorer?
Au contraire, il y en plein des points encore à améliorer mais avec l’âge je ne sais pas si c’est encore faisable (rires). J’essaye de faire avec ce que je maîtrise en oubliant les défauts.

Au sujet des défauts justement, Fred Giovale dit que tu as les défauts de tes qualités: «Tu n’aimes pas perdre et pas être mauvais. Dans ce cas tu es ronchon.» C’est vrai?
(Rires) Le salaud, c’est vrai. Disons que dans ma famille on était plutôt avare de compliments donc après chaque match j’avais immédiatement la critique de ce qui n’allait pas. De tous temps, la première chose qui me venait à l’esprit après une rencontre était ce que je n’avais pas réussi. J’ai loupé un coup de pied, j’ai loupé un plaquage… Alors d’un côté cela te permet de progresser, mais de l’autre … Disons que quand je perds et n’arrive pas à faire ce que je veux, je me renferme un petit peu.

J’ai demandé à Robin Hervet ce qu’il pensait de toi…
Oh merde (rires).

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Il m’a dit c’est Monsieur Pénalité. « Il est capable d’en mettre une de plus de 50 mètres et d’en louper une aux 22 m.» C’est vrai?
(Rires) C’est complètement ça. Il y a encore eu l’exemple cette année à Montélimar où j’en mets trois d’affilée de partout sur les bords du terrain, et la dernière à 15 mètres quasiment en face, elle passe à côté. Heureusement on perd mais avec le bonus. Il a tout à fait raison.

Tu tapes toujours les pénalités ou tu les laisses à Willy Gonnet? Qui décide?
C’est Willy qui botte, c’est une certitude vu le taux de réussite qu’il possède. Après j’en tape quand il n’est pas là ou quand il a des trous car ce n’est pas un surhomme et il lui arrive d’en louper. Tous les vendredis soirs on essaye de se faire un petit concours tous les deux pour se motiver et essayer de garder un peu de régularité.

Qui gagne?
C’est Willy (rires), sans hésitations.

Tu peux évoluer au centre ou à l’arrière, tu as une préférence?
Je n’ai pas de préférences. On va dire que mes qualités font que je pense être meilleur à l’arrière qu’aux autres postes, mais peu importe, pourvu que je sois sur le terrain.

Geoffrey, à 38 ans on pense forcément à la fin de carrière?
Complètement.

En cas de montée tu penses continuer ou tirer ta révérence?
Le top cela aurait été de finir sur une montée mais je crois que le plus beau serait de finir ma carrière l’an prochain à 40 ans, après 35 années de rugby, avec je l’espère si l’on monte (je touche du bois) un maintien en Fed 2 et une dernière journée à Voiron. Alors là oui, la boucle serait totalement bouclée.

Et l’après rugby ressemblera à quoi? Entraîneur par exemple?
L’après rugby me fait peur pour l’instant. L’absence de compétition physique, je ne sais pas si je saurais faire. Au bord des terrains, c’est possible mais peut-être pas tout de suite car ça fait 35 ans que je passe les week-end à être à peu près sérieux pour pouvoir être opérationnel les dimanches. Alors pour l’instant j’ai envie de profiter un peu de mes week-end pour faire autre chose.

Ce qui manquera le plus, le vestiaire avant le match? C’est le plus beau dans le rugby?
Le vestiaire tout court, avant et après le match.

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Geoffrey, si victoire face à Thuir et montée en Fed2 on aura encore droit à un Paquito en pleine rue comme après le titre de 2017, ou la barre sera placée encore plus haute?
(Rires) On va faire en sorte que ce soit plus haut que ça.

Dis nous donc un peu ces déguisements sortis aux soirées des joueurs du SOV?
(Rires) T’es allé chercher ça loin. Il y en avait un paquet dont quelques uns qui n’étaient pas chouettes. On a essayé de faire vivre l’association des joueurs avec des soirées à thème et c’est vrai que pendant des années on a fait rire beaucoup de monde avec ça.

Tu as aussi une passion particulière pour le Jet 27. C’est pour avoir l’haleine fraîche?
C’est pour avoir l’haleine fraîche même si pour le Jet je me suis un peu calmé, même beaucoup calmé. Maintenant je suis passé à des alcools de «vieux» et maintenant on boit des bons vieux rhums, on savoure.

Geoffrey avant de conclure, il y a des anciens partenaires qui me disent qu’ils sont «jaloux» de toi. Tu veux savoir pourquoi?
Je ne suis pas sûr de vouloir savoir (rires).

Ils disent que tu es capable de fumer sous la douche. Une réponse à leur apporter?
Ah les salauds… Ils sont complètement jaloux (rires).

Geoffrey, pour conclure plus sérieusement, on se projette sur la réception de Thuir. Il est 21h la veille du match, tu envoies un SMS (il fallait que je la place) à tes coéquipiers. Qu’est-ce que tu leur écris? Au lit les amis?
Non. Faites ce que vous faites tous les samedis, ne changez pas vos habitudes. Nous sommes en train d’écrire notre histoire, juste pensez-y.

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Et après le match, peu importe le score, qu’est-ce que tu leur diras? Je vous aime les gars?
Évidemment. Si on ne passe pas, je dirais que l’aventure a été belle, c’est reculer pour mieux sauter l’année prochaine.

Et si vous montez, je vous aime encore plus fort?
Non, pas plus fort, pareil. L’amour ne dépend pas d’un résultat sportif.

On finit sur ces belles paroles. Toute l’équipe de LSD s’associe à moi pour te souhaiter et au delà à tout le SMS, la victoire et la montée en Fédérale 2. Bonne chance et un gros M… au SMS!

CERFrance