Florian Sotoca: «A jamais un lien particulier avec Grenoble!»

Il va falloir s’y faire. Florian Sotoca n’est plus grenoblois. Celui qui vient de vivre trois saisons pleines avec le GF38, et malgré encore deux années de contrat, a obtenu un bon de sortie de la part de ses dirigeants. Une autorisation pour aller voir du pays (le Nord?) en guise de remerciement pour service rendue à la patrie alpine. Un joueur qui aura fait l’unanimité auprès de ses partenaires, du staff et de ses supporters. Il faut dire que le talent de «Flo» n’a d’égal que sa gentillesse et sa simplicité. Avant de finir les cartons et souhaiter bon vent au meilleur buteur isérois de la saison, ce dernier a accepté de revenir sur cette «magnifique» période dans la capitale des Alpes. Grenoble, une ville et des supporters qu’il n’est pas prêt d’oublier. Entretien avec Florian Sotoca, numéro 7 de cœur grenoblois.

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Florian, c’est fini, tu n’es plus grenoblois. Les cartons sont prêts?
(Rires) On commence tout doucement à les préparer. C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai quitté mes partenaires à l’occasion du dernier entraînement. Malheureusement je n’ai pas pu jouer à Sochaux suite à une petite blessure au mollet.

Qu’est-ce que tu leur as dit justement lors de ton dernier entraînement?
Tout simplement au revoir et qu’ils fassent une super saison l’an prochain. Ce groupe le mérite et s’il continue dans le même état d’esprit, la saison du GF38 sera bonne quoiqu’il arrive.

Trois ans c’est bien? Besoin d’un nouveau challenge?
Je pense que c’était le bon moment pour partir. Après avoir fait trois belles saisons, comme beaucoup, on ne voulait pas faire la saison de trop. Comme l’a dit Max Marty, c’est la fin d’un cycle. Cela fait partie de la vie d’un club. Le GF38 continuera sans nous et j’espère du mieux possible.

Il faut savoir partir pour grandir?
Bien sûr, comme chaque compétiteur on a envie forcément de jouer les premiers rôles ou titiller le plus haut niveau. J’ai donc estimé avec mes représentants et ma famille que c’était le bon moment pour partir et aller voir dans un plus gros club. J’avais besoin de nouveau projet pour réussir. Dans tous les cas je ne regrette rien de mon passage à Grenoble.

Direction le RC Lens Florian?
C’est une option parmi d’autres mais pour l’heure rien n’est fait.

Que retiens-tu de ces trois années avec le maillot du GF38 sur le dos?
Ces trois années ont été magnifiques et je ne retiendrai que du positif de mon passage à Grenoble, ce n’était que du bonheur. On a passé trois années merveilleuses. On savait que le championnat de CFA était très compliqué mais on a réussi à monter dès la première saison. Ensuite, sur notre lancée de cette première année nous avons réussi la seconde avant d’enchaîner et réussir à nous maintenir assez aisément et rapidement en L2. C’est bien pour les joueurs, le staff, les supporters et super pour la ville. Que ce soit en L2 ou en L1, Grenoble mérite d’exister dans le monde professionnel.

Sur les trois il y en en a une plus jolie que les autres?
Je dirais la première car l’attente des supporters était énorme avec quatre ans à échouer à la seconde ou troisième place de CFA, une division compliquée avec une seule montée. Nous n’étions pas beaucoup à nous connaître et avons vécu une première partie de saison assez délicate avec huit points ce retard sur Le Puy. Petit à petit, nous avons crée des liens et avons réussi à combler ce retard. Le match contre Le Puy résume bien notre état d’esprit. C’était génial.

Cette saison, tu termines meilleur buteur du GF38. Jouer avant-centre était une bonne chose finalement?
A la base j’avais débuté la saison à droite. Au bout de la cinquième journée le coach m’a positionné dans l’axe et je n’ai quasiment plus bougé jusqu’à la fin. Pour un attaquant avoir des statistiques c’est le plus important et c’est ce que j’ai réussi à faire. Mais c’est avant tout un travail collectif et je remercie vraiment tout le groupe car c’est vraiment un état d’esprit qui a fait la différence cette année, comme les saisons précédentes.

Onze buts sans tirer les penaltys, soit environ 16 ou 17 en les tirant, ça ne te donne pas envie de t’y coller?
Si, forcément je suis compétiteur et j’ai envie de marquer le plus de buts possibles. Tirer les pénos oui, pourquoi pas? Après on avait vraiment un très bon tireur cette année avec Youssouf donc il n’y avait aucun soucis à ce niveau là.

Surtout que tu es resté sur un échec dans l’exercice lors de cette fameuse série de penalty loupés en National. Ça a joué?
Oui j’en avais loupé un contre Créteil ou les Herbiers, non ce n’est pas ça, je ne me souviens plus (Ndlr Contre Chambly). Ça arrive à tout le monde et cela ne m’empêchera pas de retirer, c’est pour mieux rebondir.

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Tu viens d’aligner 37 matches sur 38, une sacrée performance. Il y a une part de chance, une hygiène de vie irréprochable? Ou alors tu es Bionic, tu ne crains pas les coups?
Non, c’est surtout le travail de toute une saison et de tout le staff. J’ai toujours donné le maximum aux entraînements pour arriver prêt pour le match. Et puis, comparé aux années précédentes, je n’ai pas été suspendu en prenant moins de cartons stupides on va dire (rires). Niveau blessure, depuis trois ans je n’ai pas connu de pépins physiques, c’est aussi et surtout grâce au travail des préparateurs physiques Mika et Mathieu (Ndlr Michaël Diaféria et Mathieu Eyssard).

C’est aussi l’air pur des montagnes?
Oui c’est aussi l’air pur de Grenoble (rires), je me sentais bien ici.

Tu parlais de suspension tout à l’heure. On t’a souvent vu râler après les arbitres. C’est un trait de caractère?
Je déteste perdre, c’est mon côté compétiteur qui ressort et c’est vrai que je m’en prends souvent aux arbitres ou aux adversaires. Cela fait partie de ma personnalité.

Florian, si tu devais retenir qu’un seul souvenir ici?
En soirée ou en match (rires)?

Comme tu veux.
C’est surtout la naissance de mes deux petits ici à Grenoble, deux souvenirs extraordinaires.

Des naissances qui te lient à jamais à cette ville?
Exactement, j’aurai à jamais un lien particulier avec Grenoble!

Et sinon tu évoquais les soirées?
(Rires) Il y a eu ce match contre Le Puy et la semaine qui a suivi on a fait la fête pratiquement tous les jours jusqu’au dernier match. Cela ne nous a pas empêché de gagner 3-0 à Chasselay et forcément ça nous raccroche à des souvenirs. On s’était régalé, tout le monde avait joué le jeu, même le docteur. C’était top.

Il y a un souvenir un peu plus mauvais que les autres?
La défaite contre Sannois. Il y avait tout pour qu’on réussisse au SDA et qu’on monte directement. Malheureusement on a déçu tout le monde même si après on s’est bien racheté.

Quel sera ton plus joli but à Grenoble?
Celui contre Bourg en barrages. Un bon ballon de Rico (Ndlr Eric Vandenabeele) entre deux défenseurs et je place une petite louche par dessus le gardien au bout de trente secondes de jeu. Il est beau et surtout il est important.

On sait justement que tu es très ami avec Eric Vandenabeele, voisin même, et Selim Bengriba. Ils ne vont pas trop te manquer?
Si si, ils vont énormément me manquer et leurs familles aussi. Ils étaient mes deux piliers de vestiaire comme on dit. J’ai crée avec eux des liens qui resteront gravés à jamais. Nous sommes amis et on va essayer de se revoir le plus souvent possible.

Flo, Grenoble perd plusieurs cadres du vestiaire. Tu vois des gars qui ont les épaules assez larges pour prendre le relais?
Comme on le disait tout à l’heure, les arrivées et les départs rythment la vie d’un club. Même si cette année plusieurs cadres s’en vont, je n’ai aucun doute qu’il y ait des joueurs qui se révèlent l’an prochain. Je pense par exemple à Pierre Gibaud ou Jérôme Mombris qui peuvent tout à fait prendre le rôle de leader de vestiaire. Je ne suis pas inquiet de ce côté là.

Pour conclure Florian, un message à adresser aux supporters grenoblois à qui tu vas beaucoup manquer?
J’ai eu un coup de cœur pour eux dès le début. Ils étaient là depuis le CFA et nous ont toujours soutenus. Quant on voit que même en CFA ils faisaient les déplacements, je me dis que ce sont des vrais. On voulait vraiment les remercier au nom du groupe car ils ont été présents tout au long de la saison. Ces montées sont aussi pour eux, aussi grâce à eux. Je leur dis merci pour tout et à très bientôt.

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A notre tour de te remercier également Florian. Que ce soit Lens ou ailleurs, le club qui te récupérera fera la belle affaire. Bon vent et bonne chance Monsieur Florian Sotoca, désormais narbonno-grenoblois, un peu narbonnais, beaucoup grenoblois…

Sportif JRH