#ParisDakar #Moto #Interview Sébastien Lagut en route pour le Paris-Dakar 2020

En 2020, Sébastien Lagut va effectuer son premier Paris-Dakar, disputé pour la première fois en Arabie Saoudite. 9000 km sur 12 jours soit environ 600 km/jour, le natif de Romans-sur-Isère nous évoque tout, sans détours. 

 

 

– Pour les lecteurs d’LSD-Le Sport Dauphinois, pouvez-vous vous présenter ?
Sébastien Lagut : Je suis né le 7 janvier 1985 à Romans-sur-Isère, j’ai 33 ans. J’ai repris une entreprise familiale en « grossiste en viandes ». La passion pour les deux roues m’est venue dès mon plus jeune âge, dans les foires notamment. À l’âge de 10 ans mon grand-père me paie ma première moto, une 80 YZ, alors que mon père ne voulait pas que je pratique. Ce dernier a pris peur lorsqu’il a vu la taille de mon premier bolide… Dès lors, il m’a inscrit dans un moto-club, celui de St-Barthélémy-de-Vals (26), là ou j’ai fait ma première compétition en catégorie « éducatif ». J’avais essayé de la gym, du rugby, du karaté… Je n’avais pas accroché. La moto n’a rien à voir, l’adrénaline, les sensations… Depuis mes 12 ans en 1997, j’ai toujours pris ma licence pour faire entraînements et compétitions. Mon paternel a alors pensé que j’allais me lasser parce que je tombais une dizaine de fois (rires). Mon surnom c’était même « Lagout tombé », la mère indonésienne d’un ami n’arrivait pas à dire mon nom de famille « Lagut » (rires). À chaque fois qu’il y avait une flaque ou quoi, c’était pour moi !

– Le chemin fût long avant le Paris-Dakar 2020. À quoi avez-vous participé ?
Après des courses par ci, par là, en 2004 et 2005 j’ai fait les championnats de France en 250cc, j’ai fini 6ème, puis 4ème. J’ai ensuite pris une année sabbatique car je suis parti en Australie, en 2006. Après, j’ai repris petit à petit, en parallèle de mes études. En 2008, j’ai gagné le « trophée Suzuki ». En 2011, j’ai passé mon permis moto et je participe à mon premier rallye routier lors du « Moto Tour », c’est le Tour de France en moto. En 2012, j’ai repris tout le championnat Rhône-Alpes, j’ai terminé 3ème, j’étais content de me battre encore avec les jeunes. Pour revenir au « Moto Tour », c’est du rallye car il y a de la navigation sur route (pas en tout-terrain), et on traversait la France avec un « roadbook » en faisant presque 800km par jour. J’ai aussi fait l’édition 2013, 2014, 2015 et 2017. J’ai réussi à faire 2 podiums et j’ai gagné en 2017 avec une Yamaha R1.

– Qu’est-ce qui vous a amené à faire le légendaire Paris-Dakar ? Comment avez-vous pu y participer ?
Ce projet cela fait 2 ans qu’il mûrit. Le Dakar à l’époque, cela ne me faisait pas forcément rêver, je voyais cela à la télé. Les grandes lignes droites alors que je venais du « cross »… C’est aussi une course où il ne faut pas y aller trop jeune car elle réclame de la maturité, de l’expérience, pas trop de fougue. Lorsque j’ai gagné le « Moto Tour » en octobre 2017, la dernière édition d’ailleurs, c’est là ou je me suis dit « il faut que je me mette un challenge ». J’avais 31 ans, j’ai eu un enfant, je me « remettais » au sport, c’était LE bon moment. En 2019, le rally de Merzouga (Maroc), organisé par A.S.O. qui gère le Tour de France ou encore le Dakar, m’a permis de découvrir le contexte etc. Aujourd’hui, ils ne prennent pas de nouveaux compétiteurs, il faut obligatoirement passé par un premier rally, d’où ma participation marocaine. J’ai fini premier en amateur et 12ème du rally. Cela m’a permis de me qualifier pour ce qui sera donc mon premier Dakar, sur une KTM. 

– Avez-vous un message à adresser à vos partenaires actuels et les éventuels futurs ?
Le budget est forcément conséquent. Les gens qui sont prêts à m’aider, vivent de la passion de la moto, du Dakar et j’apprend au quotidien d’eux. Lorsque j’ai pris ma décision de faire le Dakar, je ne savais pas du tout comment cela se passait sur place ou ailleurs etc. L’idée est de trouver des gens passionnés, des partenaires qui sont prêts à m’aider financièrement, les représenter à travers des valeurs que j’ai eu depuis petit, comme le dépassement de soi, d’aller au bout des choses.

– Un mot également sur votre team lors du Paris-Dakar, la « Nomade Racing ». Elle est assez atypique…
C’est une team familiale puisque c’est un couple de passionnés, Manu et Angèle. Le premier a fait plusieurs Paris-Dakar en moto et est aujourd’hui pilote retraité. Il a alors monté une société, il a acheté un camion et fait de l’assistance sur la compétition depuis plus de 10 ans. Pour la compétition, il prend un groupe de 8 pilotes maximum et s’occupe de toute la logistique. Le transfert des affaires de bivouac en bivouac, les mécanos, tout cela pour faciliter la tâche des pilotes. Le Dakar est une course longue où l’on a pas beaucoup de temps de repos. Les premiers, soit les meilleurs, peuvent passer 8 heures/jour sur la moto alors que les amateurs comptent 10-12 heures sur le bolide voir même 14 heures. Lorsque l’étape est terminée, il faut monter sa tente, manger, se doucher, préparer le « roadbook » pour le lendemain soit 1 ou 2 heures de travail. C’est là la difficulté en moto pour le « roadbook », il faut l’analyser, surligner les zones importantes et de dangers. Mais surtout, étant donné que l’on est en moto et donc sans co-pilote, le « roadbook » doit être un minimum consulté, il faut garder les yeux sur la piste.

– Si LSD peut vous souhaiter quelque chose, laquelle est-ce ?
Concernant le Paris-Dakar, c’est de rallier l’arrivée, de terminer mon premier Paris-Dakar. C’est la seule chose a visé. Par exemple, Sébastien Loeb a abandonné déjà deux fois je crois, même les favoris ne sont pas sûr de gagner. C’est une course vraiment à part. Je remercie mes partenaires actuels, mes parents, mon entourage qui soutient ce projet pas forcément facile pour tout le monde au départ. J’ai du monde derrière moi, même au travail dans ma PME (on est une trentaine), ils sont au courant du projet !

CERFrance