#BDL : Les clés de la série face à Amiens

Depuis mardi soir, Grenoble connaît son adversaire pour la série demi-finale à venir : ce sera Amiens. Vainqueurs de la coupe de France et 3e de saison régulière, les Gothiques ont un beau CV, de quoi faire trembler les Grenoblois ?

Après s’être débarrassé de Nice en 4 matchs, Grenoble a eu du temps pour se préparer pour la suite des événements et la demi-finale à venir. Face à eux, se présente Amiens qui n’a pas profité d’un même repos. En effet, les Gothiques ont dû batailler 7 fois pour vaincre Bordeaux. Le dernier match de cette série s’est joué mardi et s’est soldé sur un score sans appel : 7-2. De quoi faire le plein de confiance avant d’affronter Grenoble. Le premier match de cette série aura lieu vendredi soir à Pôle Sud, quels sont les points clés de cette série ?

Contrôler la rondelle

Si l’on en croit de nombreuses interviews de Mario Richer, le tacticien amiénois aime avoir une équipe de « travailleurs ». Ce terme, souvent utilisé dans le hockey, est un peu un fourre-tout que beaucoup de dirigeants, entraîneurs, joueurs ou journalistes aiment utiliser. Mais, dans le cas d’Amiens, cela se voit sur la glace dans un domaine en particulier : le pressing avant. Sans demander à toute son équipe de presser les porteurs de la rondelle en zone offensive ou en zone neutre comme peuvent le faire Angers ou Gap, Richer demande tout de même à son équipe de presser l’équipe adverse par l’intermédiaire des deux premiers attaquants qui viennent chercher l’adversaire le long des bandes. L’objectif de ces deux attaquants est double : récupérer la rondelle lorsque cela est possible, mais aussi et surtout, empêcher une relance propre de l’adversaire en l’obligeant à se dégager. Ainsi, selon les chiffres de Magnus Corsi, seuls 72% des sorties de zone des adversaires d’Amiens cette saison ont été tentées en contrôle. Lors de 28% des sorties de zone, l’adversaire s’est débarrassé de la rondelle. C’est le 3e plus haut total de la ligue, seuls Angers (30%) et Rouen (29%) obligent l’adversaire à se débarrasser plus souvent du palet.

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Néanmoins, si l’adversaire parvient à sortir proprement du pressing des attaquants sans se débarrasser de la rondelle, de l’espace se crée, car le reste de l’équipe a plutôt tendance à être prudent. Ainsi, 82% des sorties de zone en contrôle tentées par les adversaires amiénois ont été réussies, soit le 2e plus grand total de la ligue. Grenoble doit donc chercher à contrôler cette rondelle en sortie de zone pour pouvoir se projeter en attaque et se présenter en entrée de zone. Là aussi, il faudra oser provoquer en passe ou en contrôle l’entrée en zone. En effet, en se repliant rapidement après la sortie de zone adverse, Amiens tente d’obliger l’adversaire à envoyer la rondelle en fond de glace. 37% des entrées de zone des adversaires amiénois ont été faite en envoyant le palet en fond de glace cette saison, soit le 2e taux le plus faible.

Or, les Grenoblois ont parfois manqué d’originalité en entrée de zone cette saison, et Amiens est une équipe qui aime obliger l’adversaire à envoyer en fond de glace et qui a l’effectif pour récupérer ces rondelles et remporter les duels le long des rampes. Si Grenoble rentre dans le jeu des Gothiques, les hommes d’Edo Terglav pourraient se retrouver privés de bons palets d’attaque.

En défense, réduire les espaces

Si Amiens a un joli effectif, l’équipe est loin d’être la plus créative de la Ligue Magnus lorsqu’elle manque d’espace. Lorsqu’elle joue face à des blocs rigoureux défensivement qui les empêchent d’effectuer des transitions faciles, Amiens choisit souvent la solution de simplicité en envoyant en fond de glace. Face à Bordeaux, réputé pour être une équipe rigoureuse défensivement, ce phénomène fut flagrant et Amiens, en manquant de créativité et de percussion, a souvent eu du mal à revenir lorsque Bordeaux prenait l’avantage au score.

Là encore, les chiffres de Magnus Corsi vont dans ce sens. En saison régulière, 34% des entrées de zone amiénoises ont été effectuées en envoyant la rondelle en fond de glace. C’est le 2e plus haut taux de la Ligue Magnus (à égalité avec Grenoble). Autant de fois où l’équipe s’est privée de la rondelle et s’est obligée un ou des duels en fond de glace pour tenter de la récupérer, laissant alors le temps à la défense de s’organiser.

Fabre

Cela tombe bien, lorsque Grenoble a le temps de s’organiser, sa défense fait partie des toutes meilleures de la Ligue Magnus. En revanche, et la série contre Nice l’a confirmé, lorsque l’adversaire tente de prendre de vitesse les Grenoblois, la défense peut parfois laisser plus d’espaces. Ainsi, en bloquant les transitions et en forçant les Amiénois à envoyer la rondelle en fond de patinoire, les Brûleurs de Loups peuvent réduire les occasions amiénoises au cours de cette série. Là encore, l’équipe d’Edo Terglav a montré cette saison qu’elle savait être solide en zone neutre pour empêcher l’adversaire de se présenter trop facilement en zone offensive et doivent le reproduire sur cette série.

Battre Henri-Corentin Buysse

Tout le monde se souvient du calvaire qu’avait vécu Grenoble l’an passé en demi-finale puis en finale face aux gardiens adverses. Quemeneur pour Bordeuax puis Pintaric pour Rouen s’étaient tour à tour dressés devant la route des Grenoblois qui avaient souffert d’un grand manque de réussite. Cette année, c’est Henri-Corentin Buysse qui se dresse en demi-finale face à Grenoble. Buysse, c’est 92.5% d’arrêts en saison régulière et 93.9% lors du premier tour de ces playoffs. Si l’on prend les stats avancées de Magnus Corsi, c’est 24.3 « buts sauvés » sur l’ensemble de la saison régulière. Toutes ces statistiques mises bout à bout, Buysse apparaît clairement comme le deuxième meilleur gardien de la Ligue Magnus.

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Pour ne pas se retrouver à batailler longuement dans la série, comme face à Bordeaux l’an passé, Grenoble va donc devoir mettre ses lancers au fond des filets. Or, s’il y a un aspect sur lequel Grenoble s’est amélioré depuis l’année dernière, c’est bien celui-là. Armés de joueurs tous plus talentueux les uns que les autres, les Brûleurs de Loups savent « enfiler l’aiguille ». S’ils parviennent à le faire face à Buysse, la série pourrait devenir bien plus simple.

Plus talentueux sur le papier, les Brûleurs de Loups ont les cartes en main dans cette série. S’ils parviennent à contrôler leur transition défense-attaque et à empêcher celles d’Amiens, ils posséderont un bel avantage dans la série. Restera alors à battre Henri-Corentin Buysse. Un avant-goût de la finale ?

Duarig