#EDF Maëlle Filopon (ex Amazones) : «Une fierté de revenir chez moi avec le maillot bleu !»

Amazone durant six ans et grande artisane du titre de champion de seconde division la saison passée, Maëlle Filopon, 21 ans, est depuis partie rejoindre le Stade Toulousain. Sélectionnée avec l’équipe de France pour affronter la Nouvelle Zélande, le sommet du rugby féminin mondial, c’est par la grande porte que la grenobloise revient dans sa ville natale. Alors forcément, il y aura de l’émotion à l’heure de fouler la pelouse du SDA et de recroiser des visages connus. Maëlle Filopon s’attaque aux black Ferns, un défi à hauteur d’une Amazone, au moins dans le cœur…

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Maëlle, Amazone un jour, Amazone toujours?
Oh oui, j’ai Grenoble dans la peau!

Un mot sur ton départ à Toulouse cet été. Pourquoi?
Pour deux raisons, la première par rapport à mes études où j’ai pu intégrer une université réputée, et la seconde sur le plan rugbystique, j’avais envie de voir autre chose. Toulouse est un grand club et une très bonne équipe.

Tu retrouves Grenoble avec l’équipe de France, on imagine que c’est beaucoup de joie?
Au moins une fois dans ma vie je vais pouvoir jouer dans ce magnifique stade (rires). Je suis super heureuse de revenir jouer ici, c’est une fierté de revenir chez moi avec le maillot bleu.

Tu vas évoluer devant tes amies et ta famille. C’est beaucoup de pression?
Non, pas du tout, j’adore jouer devant mes proches. Je ne stresse pas plus que ça. C’est plus une source de motivation supplémentaire.

Un essai au SDA et la victoire, c’est ton rêve le plus fou?
Oui, c’est certain. Il faut gagner maintenant. Les néo zélandaises sont à portée de main. On a pu voir qu’elles ne sont pas insurmontables. On peut largement réaliser quelque chose de grand.

Pour reparler de cette défaite 14-00 à Toulon, vous avez longtemps rivalisé avec vos adversaires. Quelques jours après, que vous a t-il manqué pour gagner?
Je pense qu’en seconde période, il aurait fallu être autant agressive autant qu’en première mi-temps. Quelques détails ont aussi fait la différence. Les conditions météo ne nous ont pas non plus aidé avec une pluie qui a favorisé leur jeu à zéro passe.

Vous viserez forcément la victoire ici à Grenoble?
Oui, d’autant plus qu’il fera beau. On va pouvoir envoyer du jeu au large, les faire courir et espérer les battre.

Les 20 000 spectateurs du SDA vont vous y aider?
Clairement, le public grenoblois, c’est quelque chose, le meilleur public de France (rires).

Qu’est-ce qu’on ressent quand on a 21 ans face au haka?
(Rires) Je ne peux pas dire ce que je pense. Disons qu’il m’a mise plus en colère qu’autre chose, cela a décuplé mon agressivité. La meneuse, à un moment donné, nous pointe du doigt avant que toutes n’avancent vers nous. J’ai trouvé ça limite. Je me suis dit: «Elles veulent la guerre. On vous attend.»

Même pas peur quand on a été une Amazone?
C’est ça, exactement ça!

Justement, puisque l’on évoque ton ancien club, que penses-tu de son début de saison?
Je parle au nom de tout ce que j’ai entendu en discutant avec les filles des autres équipes. C’est la grosse surprise de la poule, une formation que beaucoup redoute. Leur début de saison, excepté peut-être leur défaite à domicile contre Bordeaux, est super. Cela va leur permettre de capitaliser et de parer toute défaillance plus tard. C’est un bon groupe avec de bonnes individualités et elles peuvent aller chercher la cinquième ou même quatrième selon moi. C’est largement possible.

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Pour revenir à l’équipe de France, on imagine que tu aurais aimé partagé cette aventure internationale avec d’autres Amazones, on pense à Émeline Gros?
Ah oui, j’aurais adoré que l’on soit sélectionnée toutes les deux comme l’an passé, pour la tournée d’automne.

Partie remise?
J’entends beaucoup parler d’elle depuis ce début de saison. Si elle continue comme ça elle peut finir par percer en équipe nationale.

D’autres joueuses grenobloises pour lesquelles tu as eu de bons échos?
Alexandra Chambon dont on dit que c’est une très très bonne numéro 9. Dommage pour sa blessure mais elle va vite revenir.

Maëlle, samedi, tu penses démarrer titulaire? (Ndlr entretien réalisé lundi, la compo est tombée en début d’après-midi,  Maëlle Filopon sera titulaire)
Franchement je n’en ai aucune idée.

Tu lui as rappelé à Annick Hayraud -manager équipe de France féminine- que tu es grenobloise, que ce serait une bonne idée d’avoir plus de temps de jeu dans ta ville?
(Rires) Oh non, je ne peux pas, ce n’est pas moi qui commande. Si je dois démarrer remplaçante je le ferai sans états d’âme et je m’appliquerai à faire une grosse rentrée. C’est vrai que je n’ai pas beaucoup joué à Toulon et forcément j’aimerais un peu plus mais je suis déjà super heureuse d’être dans le groupe. Je prends le temps de jeu que l’on voudra bien me donner.

Tu t’attends à un accueil particulier des grenoblois, une ovation à l’annonce de ton nom?
Franchement je ne sais pas à quoi m’attendre. Quand je vois le nombre de mes proches qui vont venir, cela me fait quelque chose. Après, entendre les gens m’applaudir particulièrement me ferait très chaud au cœur.

Tu sens un engouement autour de ce match?
Je ressens surtout une fierté des grenoblois d’accueillir l’équipe de France et de pouvoir assister à un match «historique» au SDA, le plus beau stade de France.

La marseillaise au SDA, des frissons et des larmes?
Non, de l’adrénaline surtout. Pour le moment, je suis tellement concentrée sur mon match que je ne pense pas à cela. Seule certitude, c’est toujours une fierté de la chanter.

Tu auras une pensée particulière à l’heure des hymnes ou du haka?
Je penserai à mon oncle et ma tante, à mes meilleurs amis qui ne pourront pas être là et à toutes les personnes de mon entourage qui seront venues me voir. J’aurai également en tête les bons souvenirs avec les Amazones et tout ce que j’ai pu vivre à Grenoble. Il y aura certainement un peu de tout ça mélangé.

Maëlle, un pronostic pour samedi?
(Longue hésitations) Il faut que je me concentre car j’avais pronostiqué le résultat de France-Afrique du sud et j’ai failli tomber juste. J’avais dit 23-22, ce n’était pas loin. Allez on vais dire 24-12, dans ces eaux là.

Combien d’essais pour toi?
(Rires) Je ne marquerai pas, je ferai la passe à mes coéquipières. Je dirais au total un match avec cinq essais.

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Tu as envie de faire passer un message pour conclure?
J’ai envie de remercier les Amazones FCG pour tout ce qu’elles m’ont apporté, remercier également toutes les personnes qui m’encouragent et mettent de l’engouement autour de moi. Enfin, au nom de l’équipe de France, je voulais dire que nous sommes vraiment très fières de venir jouer sur les terres alpines.

Toute l’équipe de LSD remercie Maëlle Filopon et lui souhaite bonne chance, ainsi qu’à l’équipe de France, dans sa quête de victoire face aux redoutables Black Ferns.

LSD