Pourquoi ça marche au GF38 ?

Cinquième de Domino’s Ligue 2 après 13 journées et 23 points dans l’escarcelle, le promu grenoblois ne cessent d’impressionner, sans pour autant en faire des tonnes. Quels sont les ingrédients qui permettent ces résultats ?

Parce que des supporters…
Fidèle parmi les fidèles, les « Red Kaos » garnissent toujours autant les travées du Stade des Alpes. Déjà présents dans les divisions inférieures, ils donnent également toujours autant de voix, résonnant jusque dans les montagnes avoisinantes le stade et peu importe le résultat. Un vrai douzième homme. Un appui considérable qui fait du Stade des Alpes, la cinquième forteresse du championnat à domicile.

Parce qu’un entraîneur…
Vieux roublard de la Ligue 2, Philippe Hinschberger débarque pourtant dans des conditions difficiles après l’éviction d’Olivier Guégan. Mais par sa force des convictions et en véritable meneur d’hommes, il a su imposer son style et sa patte dans le groupe pour tenter de mener son équipe vers le haut. Un management qui a su faire taire les critiques et s’adapter au style de l’équipe pour engranger des résultats. Et un leadership que seul le messin de conviction a le secret. Une chanson disait « vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine … ». Vous n’aurez pas Grenoble non plus avec Hinschberger à la baguette. Sa sobriété et son expérience lors des conférences de presse permet ainsi de préserver tout un collectif, d’un éventuel enfièvrement.

Parce qu’un esprit d’équipe…
Un groupe est fait de joueurs avec des ego, des caractères différents. Tout le monde sait se mettre au diapason de l’équipe chez les Dauphinois. « Pas un pet plus haut que l’autre » – si vous nous pardonnez l’expression – pas une parole de plus que son partenaire… Cette force, cet esprit d’équipe permet, de surcroît, d’amasser des points comme ce fût le cas au Havre, à Beauvais contre le Red Star ou encore de garder des résultats précieux face à Niort, Clermont ou encore Nancy. Une solidarité caractérisée par le leadership du capitanat Spano Rahou ou encore proclamée par coach Hinschberger.

Parce qu’une attaque (enfin ?)…
Pour gagner des matches, il faut marquer des buts. Simple équation dans le football. Longtemps, on se questionnait sur le fait que Grenoble n’avait pas d’attaquants, que sans un « serial buteur » la saison allait être difficile. Avec le repositionnement de Florian Sotoca dans l’axe (auteur de 5 buts), la renaissance de Malek Chergui ou encore des défenseurs qui plantent lors des coups de pieds arrêtés, les filets commencent à trembler du côté adverse. De bonne augure pour la suite.

Parce qu’un milieu de terrain, qui ne rechigne pas à faire les efforts…
Pilier de l’entre-jeu, le milieu de terrain doit faire la liaison entre la défense et l’attaque, en venant aider ces deux lignes lorsqu’elles en ont besoin. Porté par l’insouciante jeunesse de Benet, le physique et le réalisme de M’Changama, le talent de Sanusi ou le mouillage de maillot de Coulibaly, les adversaires n’ont pas le temps de voir venir. Et doivent chaque week-end, disputer un âpre combat face aux trois gladiateurs du milieu.

Parce qu’une défense rassurante…
La défense centrale, c’est presque l’assurance tout risque. Vandenabeele et Spano Rahou forment une charnière centrale sécurisante à la fois pour le portier mais également pour tout un peuple. Quand on a un gardien qui connait les deux cages du SDA par coeur et qui les gardent avec brio, la forteresse se veut presque infranchissable, même si certains matches ont été plus dur que d’autres. Les latéraux sont des poisons. Mombris n’hésite pas à apporter son soutien en situation offensive, tout en faisant le travail demandé derrière. L’expérience de Gibaud est un atout. Une arrière-garde rugueuse sur l’homme et qui ne fait pas office de passoire.

Parce que la chance du promu…
Qui ne se rappelle des deux montées successives de National à Ligue 2 puis de Ligue 2 à Ligue 1, de Valenciennes en 2005 et 2006, d’Arles-Avignon en 2009 et 2010, d’Evian-Thonon-Gaillard en 2010 et 2011, du SC Bastia en 2011 et 2012 et on en passe… La lancée sur laquelle ces clubs se trouvaient, peut et est en train de se réaliser également pour le Grenoble Foot 38. Ce serait beau après des années au purgatoire.

C’est également quitte ou double dans une Ligue 2 très compliquée. Lens, Auxerre, Troyes, ces gros clubs connaissent dorénavant les méfaits du deuxième échelon national. Sur un match c’est la victoire ou la défaite qu’on joue contre le premier ou le dernier. Pas d’hégémonie comme peut l’être celle des Parisiens en Ligue 1. Un parcours comme celui qu’est en train d’accomplir le GF38 dans un championnat très serré, mérite respect.

Parce que tout ça mélangé, ça fonctionne…
Le résultat de toutes ces additions permettent donc de réaliser un bon début de parcours. Avec encore quelques défauts à modifier car personne n’est parfait. Nous sommes d’accord pareillement sur le fait que le calendrier n’affiche que le total de 13 journées et que la saison est encore longue. L’objectif numéro 1 est le maintien. Mais avec le même état d’esprit, voir (qui sait) un ou deux renforts cet hiver, l’avenir du GF38 peut s’avérer glorieux. De quoi se permettre de monter dans la division phare ?

Pour cela, Martin Chabal a les explications et nous explique pourquoi le GF38 va monter en Ligue 1… à prendre au second degré !