#BDL Place au choc !

C’est le choc de ce week-end : les Brûleurs de Loups accueillent les Dragons de Rouen ce samedi à Pôle Sud. Les deux grosses écuries se retrouvent alors que Grenoble est toujours en prise avec ses problèmes de fond de jeu en attaque.

L’attitude des joueurs a bon dos. Après la défaite décevante face à Lyon en coupe de France, Edo Terglav a dénoncé le manque d’envie de ses joueurs pour expliquer la défaite. Pourtant cette défaite semble renfermer bien plus qu’un simple manque d’envie de ces joueurs. Comme face à Bordeaux en Synerglace Ligue Magnus, Grenoble a été incapable de trouver la faille face à l’équipe rhodanienne. Plus globalement, Grenoble a extrêmement de mal à se montrer dangereux à 5 contre 5 cette saison en attaque. Deux aspects de l’attaque compensent : une réussite aux tirs énorme (6,9% des tirs tentés à 5 contre 5 sont transformés en but, la 2e équipe de la ligue est à 5,6%) et un powerplay ultra efficace (17,2 buts marqués par 60 minutes de 5 contre 4, la deuxième équipe de la ligue est à 8,8). Néanmoins, lorsque l’équipe adverse possède un bon gardien et une défense solide, cette recette semble être plus que limité. Or, Pintaric est un des meilleurs gardiens de France et même d’Europe.

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Cette carte des tirs grenoblois (réalisée par Magnus Corsi) reflète bien les difficultés de l’équipe à se montrer dangereuse. Si les tirs en périphérie, notamment sur la gauche de la zone offensive, sont légions, il y a finalement peu de tirs qui viennent depuis la zone payante, l’enclave. Selon Magnus Corsi, les tirs provenant des deux zones de l’enclave (les  deux cercles proches de la cage sur la carte) font mouche 23% ou 9,2% du temps selon la zone. Les tirs provenant des autres zones (les cinq cercles périphériques sur la carte) finissent au fond des filets entre 1,8% et 0,4% du temps selon la zone. Le but du jeu est clair : prendre le plus de tirs possibles depuis l’enclave pour éviter de se reposer uniquement sur les qualités de finisseurs des attaquants.

Or, pour cela, les Brûleurs de Loups doivent faire preuve d’un jeu extrêmement rodé tactiquement ce qui n’est pas le cas en ce début de saison. Gênés par les systèmes de trappe défensive souvent employés par les adversaires (exemple : le 1-3-1 d’Anglet lors de la dernière journée sur les 30 premières minutes), Grenoble a dû mal à rentrer en zone avec le contrôle de la rondelle. Or, pour créer du danger, rentrer dans la zone offensive en contrôle est bien plus efficace que chasser un palet envoyé dans le fond, et ce même si l’équipe remporte davantage de duel le long des bandes.

Face à Rouen et un Pintaric en feu depuis le début de saison, Grenoble devra réussir à se rapprocher de la cage adverse pour marquer. En effet, si le pourcentage de tirs convertis en but de Grenoble est impressionnant, la réussite défensive des Dragons est toute aussi bonne. En effet, seuls 3,2% des tirs des adversaires rouennais finissent en but (plus bas pourcentage de la ligue donc meilleure défense de la ligue dans ce domaine).

Malgré tout, les Grenoblois ont un grand point fort que les Rouennais n’ont pas en ce début saison, c’est une défense efficace dans la protection de l’enclave. En effet, 28,2% des tirs concédés par Rouen sont des chances de marquer (3e pire de la ligue) contre 19,7% pour Grenoble (meilleur équipe de la ligue). Autrement dit, ce duel opposera une équipe (Grenoble) qui ne parvient pas à s’approcher du but adverse mais qui défend bien son enclave contre une équipe qui parvient à faire sauter le verrou des défenses adverses mais qui a dû mal à défendre son enclave notamment lors des contre-attaques adverses.

Des dynamiques différentes

Si l’on ne regarde que les derniers matchs de chaque équipe, on pourrait croire que les dynamiques de Grenoble et Rouen sont similaires. En effet, les deux équipes restent sur une défaite surprise en 1/16e de finale de la Coupe de France. Grenoble s’est incliné contre Lyon tandis que Rouen a été éliminé par un club de D1, Dunkerque. Pourtant la dynamique général des deux clubs est différente. Si Grenoble avait débuté tambour battant la saison en dominant de la tête aux pieds ces premiers matchs, les choses se sont compliqués par la suite. A Amiens, à Mulhouse et face à Bordeaux, les BDL n’ont pas été dominateurs. Même si les joueurs se sont rassurés lors de larges victoires face à Lyon et Anglet le week-end dernier, ces succès ne semblent pas refléter la qualité actuelle des BDL et la défaite face aux Lions ce mardi l’a montré.

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En face, les Dragons sont les véritables métronomes de ce championnat. Sans jamais être totalement impressionnants, les Dragons parviennent toujours à être suffisamment supérieurs pour s’imposer. Parfois cela passe au forceps, mais ça finit toujours par passer… même en Champion’s Hockey League. Les Dragons ont réussi l’exploit de remporter leurs 3 derniers matchs de la phase de poule pour devenir le premier club à se qualifier pour le deuxième tour de la compétition. Alors, certes, la défaite face à Dunkerque vient marquer un coup d’arrêt important, mais cela ne saurait remettre en cause le superbe début de saison des Normands.

Calendrier : un avantage pour les BDL, une frustration pour les suiveurs

Le premier Grenoble-Rouen de l’année était forcément noté dans les agendas de tous les passionnés de hockey français. Malheureusement un élément vient légèrement gâcher le plaisir : l’avantage donné aux Grenoblois par le calendrier. En effet, alors que les Isérois se reposent et, surtout, prépare ce match depuis mercredi et la défaite en coupe, les Rouennais devront jouer la veille du côté de Lyon. Evidemment c’est un bel avantage donné aux Grenoblois mais il n’en est pas forcément décisif. Selon une étude réalisé sur la NHL, lorsque une équipe reçoit un adversaire qui joue le deuxième match d’un « back-to-back », celle à domicile gagne 58% du temps contre 55% lorsqu’il n’y a pas de « back-to-back ». Une différence de 3% finalement assez faible, mais qui existe tout de même et qui est regrettable tant cette affiche est attendu par tout le hockey français. Tant mieux pour les joueurs d’Edo Terglav, à eux d’en profiter.

Tous les chiffres proviennent de Magnus Corsi. L’article a été écrit avant le match Lyon-Rouen de ce vendredi.

Carrosserie Safir