#BDL La défaite attendait au tournant

Moins convaincants depuis quelques matchs, les Brûleurs de Loups ont finalement chuté face à Bordeaux le week-end dernier. Une défaite qui pouvait être prévisible et qui révèle certaines lacunes du jeu grenoblois.

Cela faisait quelques semaines que les Brûleurs de Loups courraient vers la défaite. Si l’équipe était encore invaincue avant la réception de Bordeaux elle le devait en grande partie à une réussite offensive hors-norme et à une superbe défense. En effet, aussi étonnant que cela puisse paraître, l’un des principaux points forts de l’équipe grenobloise, c’est sa défense. Depuis le début de la saison, les BDL encaissent en moyenne 1,6 but par match, soit la meilleure moyenne de la ligue. Cela s’explique en grande partie par une défense très hermétique à 5 contre 5 qui n’accorde que 10,3 chances de marquer à l’adversaire en moyenne toutes les 60 minutes de jeu. Là encore, les Grenoblois sont les meilleurs de la ligue dans ce domaine. Pour couronner le tout, les gardiens font un travail remarquable dans le but. Pour résumer, Grenoble fait preuve d’une solidité hors normes en ce début de saison.

Une attaque qui ne crée pas

Contre toute attente, c’est plutôt l’attaque qui handicape Grenoble en ce début de saison et qui a fini par amener à la défaite face à Bordeaux. En effet, si Grenoble inscrit 5 buts par match en moyenne depuis le début de saison, c’est en grande partie grâce aux talents offensifs des finisseurs de cette équipe. En effet, à 5 contre 5, Grenoble transforme 6,7% de ses tirs tentés en but (moyenne de la ligue : 4,3%) ; toutes situations confondues, c’est 7,5% des tirs qui terminent au fond des filets (moyenne de la ligue : 4,8%). Evidemment, cela est dû au talent pur de joueurs comme Fleury, Champagne, Leclerc, etc, mais face à un gardien en super forme comme Fouquerel, cela ne peut pas suffire : il faut se procurer des actions dangereuses. Or, les BDL ne parviennent pas à s’en procurer assez, notamment à 5 contre 5.

En effet, depuis le début de la saison, Grenoble ne se procure que 13,6 tirs de l’enclave par 60 minutes à 5 contre 5. Seuls Anglet et Strasbourg font pire. Pourtant Grenoble tire énormément (4e équipe la plus prolifique à 5 contre 5) mais seuls 22,6% des tirs sont des chances de marquer. C’est trop faible. A titre de comparaison, Bordeaux tente 30,6% de ses tirs à 5 contre 5 depuis cette zone. Face à Bordeaux l’attaque de Grenoble n’a pas fait mieux en ne décochant que 6 tirs depuis l’enclave à 5 contre 5. Certes le jeu en supériorité numérique a davantage produit, mais les BDL ne peuvent pas se fier uniquement aux unités spéciales pour s’imposer, il leur faut aussi se montrer plus dangereux à 5 contre 5.

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Cette défaite ne vient pas de nulle part

Certes, cette défaite contre Bordeaux n’est pas une catastrophe en soit puisque ce n’est que la première défaite des Grenoblois cette saison après 10 matchs joués, mais celle-ci aurait pu survenir plus tôt au cours de ces dernières semaines et c’est en ça qu’elle est inquiétante. Face à Amiens et Mulhouse (les deux matchs), les BDL s’en sont sortis grâce à la réussite de leurs attaquants, aux unités spéciales et/ou a de bonnes prestations défensives avec en premier lieu les gardiens de but. Au cours de ces trois matchs, les adversaires des Isérois ont obtenu davantage de buts anticipés à 5 contre 5, signe qu’ils ont su être plus dangereux que les Grenoblois dans cette situation.

Alors, si cette défaite face à Bordeaux n’est pas catastrophique et que Grenoble reste une équipe dominante de la ligue qui peut compter sur des qualités individuelles hors du commun de la Magnus, elle est tout de même révélatrice de lacunes dans l’animation offensive. Les Grenoblois vont avoir quelques jours pour corriger cela avant la première grande échéance de l’année : la réception de Rouen, le 27 octobre. Comme Bordeaux, Rouen est emmené par un superbe gardien de but qui ne se laissera certainement pas surpasser par la simple qualité des tireurs grenoblois.