#ArbitrageDauphinois #Tennis – Carole Peyrin, juge-arbitre : « Un jeu de tetris »

Entretien avec Carole Peyrin, Juge Arbitre en Tennis depuis 25 ans sur la région grenobloise :

Le rôle du juge arbitre

« Le juge arbitre n’est pas sur les courts à arbitrer », voilà par quelle phrase commence notre entrevue. En effet, il ne faut pas confondre l’arbitre de chaise, qui est au bord du terrain et arbitre le match et le juge arbitre. Mandaté par le club organisateur, ce dernier fait le tableau et supervise le tournoi. Le juge-arbitre, aussi chargé de résoudre les problèmes entre joueurs, doit être impartial vis-à-vis des joueurs participants pour garantir une certaine équité entre les joueurs. Un membre du club ne pourrait occuper ce rôle, pouvant favoriser un des joueurs locaux.

Chaque tournoi doit avoir son juge arbitre, sans lui, pas de tournoi !

Pourquoi a-t-elle choisi le tennis ? Son niveau d’arbitrage

Juge arbitre de petits tournois internes depuis ses 16-17 ans, Carole Peyrin est « passionnée de tennis » depuis qu’elle a découvert la balle jaune très jeune. Etudiante, ce petit travail lui permet d’avoir un petit pécule, mais il devient vite une passion. Notre juge-arbitre obtiendra plus tard son JAT2 concours permettant de juger des tournois de niveau départemental. Elle arbitre dès lors des tournois de niveau de seconde série jusqu’à un niveau -4/6. Après vingt-cinq années à juger 5 tournois par an, Carole ne démord pas, toujours autant passionnée par son sport. La proximité avec les joueurs, les voir progresser et évoluer reste un moteur autant que la bonne ambiance générale de ce sport !

L’ambiance générale sur les tournois

La licenciée du club de Montbonnot-Saint-Martin apprécie l’ambiance des tournois locaux. Chaque club a son ambiance, souvent familiale, et la juge-arbitre s’est liée d’amitié avec les différents dirigeants des clubs qui l’accueillent. Parfois, l’esprit de compétition des joueurs est présent, mais l’ambiance générale et le côté club sympathique sont toujours agréables !

Le rôle d’un juge arbitre

Le juge-arbitre organise et planifie les rencontres du tournoi. Il gère toute la logistique. La météo est le principal souci rencontré. Dès que la météo se détériore, il faut déplacer les matchs à l’intérieur si des terrains couverts sont disponibles. Cependant en général le nombre de terrains couverts disponible est bien moins important que les terrains extérieurs. Le Club de Saint-Ismier Tennis, par exemple, possède cinq terrains extérieurs pour seulement deux terrains couverts. La logistique est « un jeu de tetris » évoque Carole Peyrin. Il faut trouver les emplacements et les horaires adéquats, pour emboîter toute la programmation dans les bonnes cases. Les tournois prennent vite du retard. Avec 175 joueurs environ par tournoi il faut composer au mieux, selon leur disponibilité et celle des cours. « L’éclairage est un autre problème ». Certains clubs ne possèdent pas de terrains avec éclairage. Il faut donc parfois caler le maximum de rencontres entre la fin de journée de travail des joueurs vers 17h et la baisse de luminosité vers 21h en été. C’est une question de perpétuel ajustement de dernière minute. Lors d’un tournoi, le juge-arbitre doit toujours être présent pour procéder à ces aménagements impromptus.

Les litiges et pressions

Globalement, et par rapport à d’autres sports, le tennis est un sport assez calme. On fait rarement face à un « pétage de plomb » car les joueurs sont prévenus. Le juge-arbitre est chargé d’apaiser les tensions s’il doit y faire face. Cependant s’il s’en voit contraint, le juge-arbitre est chargé d’appliquer les sanctions officielles du code de conduite. Premier geste colérique 1 point de pénalité, le deuxième 3 points et au bout du troisième geste le joueur en question est disqualifié. Carole Peyrin n’a quasiment jamais subi de pression car il y’a une forme de respect envers l’arbitre. « Une fois une joueuse voulait s’en prendre à son adversaire et elle a dû être sortie du terrain », mais ce n’est qu’un évènement mineur. Ces évènements vont ensuite passer devant la commission des litiges et le joueur encourt une suspension.

Les rémunérations

« On ne peut pas vivre de cela » à notre niveau, explique la juge iséroise, qui arbitre 5 tournois par an, mais possède un emploi dans la vie courante. Le club organisateur du tournoi embauche le juge-arbitre pour le temps de la compétition. La rémunération dépend souvent de la générosité du club. Ils sont rémunérés « de 100 à 200€ par semaine ».

Une anecdote ? Un joueur ?

Un Grenoblois qui serait venu sur un de ses tournois serait Hugo Nys. Actuellement le numéro 2 français de sa catégorie Loann Massard, 12 ans, est sur un tournoi qu’elle organise.