La L2, c’est aussi grâce à eux! Quand O.Guégan était encore aux commandes…

On va la jouer franc-jeu. Cet article aurait du sortir il y a huit jours mais la rumeur a modifié la donne. L’éviction du coach grenoblois est désormais acté, cet article n’a forcément plus la même saveur et certains propos sont à lire sous un jour nouveau… On vous livre malgré tout le dernier entretien avec l’ex coach dauphinois, tel quel, un entraîneur proche de ses hommes et de son staff. Monsieur Guégan, en version originale!

Il y a beaucoup de facteurs qui peuvent expliquer un échec, ou une belle réussite dans le cas précis du GF38. Cette montée, c’est évidemment en premier lieu le fait d’un groupe de qualité avec un mental à toute épreuve; des joueurs qui auront réalisé une saison pleine. Mais derrière cette équipe performante, il y a l’œuvre d’un staff compétent et impliqué, qui, sous la houlette d’Olivier Guégan, aura enchaîné deux montées en deux ans. Une sacrée performance! Petite revue d’effectif de ces hommes de l’ombre qui ont replacé Grenoble sous les sunlight de la L2…

Et pour cette visite dirigée dans le staff grenoblois, qui mieux que Olivier Guégan pour jouer le rôle de guide? Le technicien dauphinois nous aide à faire le tour du propriétaire, alternant sérieux et décontraction de rigueur. On ne monte pas en Ligue 2 tous les jours…

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«Le bon, la brute et le truand!»
C’est Olivier Guégan qui évoque, le sourire jusqu’aux oreilles, sa garde rapprochée, son staff technique: Arnaud Genty, Michaël Diaféria et Mathieu Eyssard. L’entraîneur dauphinois est élogieux vis à vis de ses «collègues» de travail: «Trois mecs bien dévoués à la cause grenobloise.Je tiens réellement à les féliciter. Ils ont réalisé un travail extraordinaire ces deux dernières saisons en se démultipliant et en diversifiant leurs activités. Je leur tire un grand coup de chapeau.» La réciproque est forcément vrai. Plus qu’un staff, cette petite bande, c’est l’auberge espagnole du GF38. Toutes les semaines, depuis deux ans, à préparer les rencontres du week-end et à se partager un bureau sommaire à la Poterne…la complicité se crée et les liens se tissent. «Le bon, la brute et le truand. Je laisse deviner le rôle de chacun, moi je ne rentre pas dans cette catégorie» sourit l’ancien breton.

En attendant de trouver la réponse, à tout seigneur tout honneur, commençons les présentations par Olivier Guégan. L’ancien entraîneur du Stade de Reims aura parfaitement rebondi dans la capitale des Alpes. Celui qui restera comme le technicien qui aura permis à Grenoble de retrouver le mode professionnel, après sept ans de purgatoire, est un perfectionniste. Les premiers mots d’Arnaud Genty, entraîneur des gardiens, pour évoquer le gourou grenoblois sont: «Intensité, conquérant, audacieux, concurrence, sincérité.» Et l’ancien ajaccien de livrer une anecdote pour mieux cerner le personnage: «Le coach est toujours en avance. S’il a rendez-vous à 10 heures, il sera là à 9h30. Il répète tout le temps: Quand tu es à l’heure, tu es déjà en retard.» Comprenez être ponctuel, mais aussi être prêt au bon moment. Une devise respectée au pied de la lettre, voire plus, en montant deux fois consécutivement…  Une montée anticipée, comme pour rattraper les trop longues années en CFA. Michaël Diaféria préparateur physique, nous dit lui aussi ce qu’il pense de l’ancien milieu de terrain: «C’est un meneur d’hommes, un optimiste de nature qui sait donner confiances aux joueurs et au staff. Olivier est un exigeant qui demande beaucoup de professionnalisme au quotidien, un entraîneur proche de ses hommes, animé par une seule volonté: la gagne. Il ne pense qu’à ça!»

La Brute
Le fidèle parmi les fidèles, Arnaud Genty. Arrivé au club en 1989 en catégories jeunes. Il intègre l’équipe première de 1992 à 1999. Deux ans à l’AC Ajaccio puis retour au bercail pour coacher les jeunes du centre de formation grenoblois de 2000 à 2006. S’en suit une période de sept ans où il est en charge des gardiens et de l’équipe U17 (2006 à 2012). C’est en 2011 qu’il intègre le staff de l’équipe première, avec une autre casquette, celle d’entraîneurs de tous les jeunes gardiens du club. Bref, au club depuis 1989 avec une infidélité vite pardonnée de deux ans, Arnaud Genty va entamer sa vingt-huitième saison à Grenoble. Vous avez dit fidèle? Perfectionniste lui aussi, l’ancien gardien est «un passionné, un dévoué, mais avant tout un amoureux du poste de gardien, il les connaît tous» dixit son compère Michaël Diaféria. Le préparateur physique grenoblois enchaîne: «Arnaud cherche toujours à innover pour répondre aux caractéristiques de ses gardiens et aux exigences de la compétition. C’est un homme de l’ombre de nature prudente et modérée, très proche de ses gardiens qu’il bichonne et abreuve d’informations.» Pour Olivier Guégan, son adjoint c’est «la force tranquille, un mec entier avec caractère bien trempé, un vrai gardien en somme», un compliment dans la bouche du coach…

Le bon
Ancien de la boutique lui aussi, le préparateur physique, Michaël Diaféria est aussi un gardien de formation. Dernier rempart à Grenoble de 1990 à 2002, c’est en 2005 qu’il prend ses galons d’éducateur. Soit 25 ans au club… Ils forment avec son compère Arnaud Genty, «la doublette des pieds carrés», cette époque révolue où un gardien n’avait besoin que de ses mains pour être performants. «Micka» est le principal artisan de la bonne forme grenobloise, celle qui aura permis de conserver de la fraîcheur tout au long de la saison, y compris pour les deux matches de barrage. Mais Michaël Diaféria, c’est beaucoup d’autres qualités encore. Arnaud Genty, qui l’a entraîné quand il avait 15 ans, le connaît par cœur: «C’est un passionné, un chercheur, un mec compétent, ouvert, disponible avec plein de cordes à son arc. Proche des joueurs, c’est le confident de l’équipe. Son rôle est extrêmement important. Il assoit son autorité grâce à cette proximité. Les joueurs ont envie de lui rendre beaucoup de choses.» Et Arnaud Genty d’évoquer cette complicité, cette complémentarité même: «Il est celui qui rassure et moi celui qui brusque les joueurs. L’équilibre est bon.» Vous connaissez l’histoire du bon et du méchant flic?…Pour Olivier Guéan, Michaël Diaféria est «l’homme du GF38, un infatigable travailleur au service des joueurs.»

Le truand
«Le truand c’est Matthieu Eyssard, le dernier surnom non pourvu.» Mathieu, alias «Padawan», est le quatrième homme du staff. Au club depuis deux ans et demi, c’est «le petit frère des joueurs» dixit Michaël Diaféria qui ajoute au sujet de son collègue: «Malgré son jeune âge, il fait preuve de beaucoup de volonté et de compétence. C’est un garçon très impliqué toujours au service de l’équipe et des joueurs.» Olivier Guégan nous parle de son son jeune poulain: «Mathieu, il est de leur génération, il comprend leurs codes. C’est le lien entre toutes les composantes du groupe.»

Les gentillesses, méritées somme toute, sont de sortie. On aimerait bien quelques travers, histoire de fendre l’armure. Le coach isérois se lance (rires): «Mathieu Padawan, j’arrête pas lui dire qu’il est temps de se couper la barbe. Micka alias Guy Lacombe, pas d’anecdote sur lui, il est trop parfait. Enfin, Arnaud, le souffre douleur du groupe, monte vite dans les tours. Il s’occupe beaucoup de son corps. Il faut qu’il ait les pectoraux bien huilés et propres.» Qui aime bien tacle bien…
Bref, vous l’aurez deviné, l’ambiance est décontractée mais studieuse!

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Le président et le manager
Olivier Guégan retrouve son sérieux à l’heure d’évoquer Stéphane Rosnoblet et Max Marty: «Le président est relativement neuf dans ce métier et sa vision des choses est différente des autres président. Max, lui, connaît parfaitement l’environnement grenoblois.» Le coach dauphinois reconnaît qu’il y a parfois des désaccords mais le bon sens l’emporte: «Nous avons des divergences mais nous avons su faire cause commune pour l’intérêt du club. Maintenant que nous allons changer de dimensions, nous devons être très réactifs dans nos prises de décisions. A nous d’être très unis et de conserver la même ligne directrice pour continuer à faire grandir le club.»

Le staff Médical
Charge à lui de soigner les blessures et limiter les risques. Une équipe composée de trois kinés: Damien Blanc, Anthony Germinario et Matthias Barrier, ainsi que deux docteurs, Eric Garrel et Pierre-Marc Lebayle. «C’est une équipe très investie avec une parfaite connaissance des codes du club. Nous échangeons beaucoup entre le staff technique et médical, chacun étant à l’écoute des joueurs. Entre nous, c’est un véritable travail d’équipe» rapporte l’entraîneur du GF38.

Les Intendants
Ils sont trois, tous des anciens de la boutique: Greg Kurkeden, Jérôme Dijon et Dominique Marcone. «Des personnes qui aiment le club et qui sont au service des joueurs et du staff. Ils complètent l’aventure humaine, ce sont des personnes importantes dans le groupe.» Leur mission est de placer les joueurs dans les meilleurs dispositions possibles en gérant tous les soucis du quotidien par exemple.

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Sans oublier les supporters!
Eux aussi montent en L2. «Ils nous ont toujours soutenus et ont parfaitement joué leur rôle de douzième homme, à domicile comme à l’extérieur» témoigne, reconnaissant, Olivier Guégan qui ne fait pas d’amalgame avec les fauteurs de trouble de Sannois. Le coach isérois a le sens de la formule: «Pas de grand club sans grand supporters.» Et les aficionados sont présents. Grenoble aime le foot. Alors que le GF38 était condamné en L2 il y a sept ans en arrière, les affluences du SDA avaient de quoi rendre jaloux bon nombre de club de niveau supérieur… Avec un tel potentiel spectateurs, le GF38 a de quoi devenir très grand…

Les présentations sont faites. La montée en L2, c’est aussi la leur. Avant de retourner à la préparation de la saison prochaine, l’entraîneur isérois veut associer un dernier nom à cette montée, Thierry Perdigon: «J’étais très proche de lui, Thierry était un passionné. Au coup de sifflet final à Bourg, on a aussi pensé à lui. Cette montée, elle est aussi pour notre Thierry.»

Tout ça c’était avant, quand l’avenir semblait radieux… Dix jours après, le ciel est sombre et les zones d’ombres subsistent. Une chose est certaine, Olivier Guégan ne sera plus de l’aventure grenobloise. Le sentiment de gâchis et d’aventure inachevée restera. On attend désormais de savoir qui reprendra les rênes de l’équipe grenobloise et si le staff sera aussi de l’aventure? On peut espérer que oui mais rien n’est certain. « Grenoble c’est l’Argentine », en tribunes certes. Mais en coulisses, le GF38 c’est Dallas, un univers impitoyable…