Sébastien Raibon, l’Iron Man

Sébastien Raibon, 27 ans, ancien gardien de but des Brûleurs de Loups, désormais chez les Scorpions de Mulhouse, termine sa 7 ème saison en Ligue Magnus le 4 Mars dernier après la défaite des siens face à Grenoble au terme d’un sixième match en quarts de finale. Le hockey à présent terminé, il peut pleinement se consacrer à ses autres passions : le triathlon et le dépassement de soi. En effet cela fait quelques années qu’après sa saison de hockey l’Isèrois en démarre une nouvelle un peu différente, celle de Triathlon Iron Man.

En 2016 il participe à son premier Iron Man à Nice, avec comme objectif d’arriver au bout. Quand on sait l’énorme difficulté de ce genre de courses, en terminer relève déjà de l’exploit. Sébastien passera la ligne d’arrivée après 11 h 14 min et 14 secondes d’effort, une très grande performance pour lui le néophyte.
Cette année, il a décidé de s’attaquer à une course encore plus dur et plus extrême : le Norseman 2018. Cette compétition de triathlon extrême, qui fait partie des plus difficiles au monde, se déroule tous les ans au mois d’Août à Eidfjord en Norvège et regroupe un peu plus de 300 participants tirés au sorts, professionnels comme amateurs. La course se déroule comme un Iron Man : 3,8 km de nage, 180 km de vélo et 42,2 km de course à pied à travers les plus beaux paysages de la Norvège. Tout ça dans l’espoir d’obtenir le t-shirt « Black Finisher » à la ligne d’arrivée, seul récompense matériel de la course. Les conditions extrêmes nécessitent une très bonne préparation physiqueet l’Isérois a d’ailleurs déjà commencé la sienne depuis décembre et continue jour après jour d’étoffer sa forme et surtout son mental.
Sébastien a gentiment répondu à nos questions pendant sa préparation.

Qu’est-ce qui t’as attiré et t’as motivé à faire ce genre de courses ?
C’était il y a environ deux ans, j’avais besoin de quelque chose de nouveau dans ma vie. J’étais sur Anglet à l’époque et après avoir eu une conversation avec mon ami et préparateur physique Brice Lefebure, l’idée de faire un Ironman nous a traversé l’esprit. Et quelques jours plus tard, j’étais inscrit pour celui de Nice. Je me suis lancé dans ce genre d’expérience pour être confronté à un défi difficile, où l’on ne maîtrise pas toujours tout, quelque chose qui nous pousse à sortir de notre zone de confort, pour tester de nouveaux comportements, le dépassement de soi tant physiquement que moralement et savoir ce que j’avais au fond de moi malgré ma grande appréhension ou la peur de ne jamais y parvenir. Voir comment mon corps et mon esprit aller réagir, tester chaque jour à chaque entrainement ma volonté dans le but d’atteindre mon objectif. Et je profite également d’être en bonne santé pour faire des choses qui me tienne à cœur, l’inconnu m’intrigue.

Pourquoi le Norseman ?
Il y a déjà un petit moment, j’étais tombé sur une vidéo d’Intérieur Sport sur Canal+ du Norseman. Et j’avais trouvé cette course fascinante par ses paysages incroyables, les conditions difficiles et également le fait que ta propre équipe te suive tout au long du parcours, c’est une particularité du Norseman. Une expérience humaine qui donne vraiment envie d’aller s’y perdre. Après Nice en 2016, le Norseman était la course qui me donnait envie et cette année j’ai eu le privilège d’être tiré au sort !

Comment te prépares-tu ? Racontes-nous une de tes journées type d’entraînement
Ma préparation a débuté au mois de décembre. C’est mon préparateur physique qui s’occupe de toute la programmation des séances, de la planification ainsi que de la récupération qu’il ne faut pas négliger. Ce n’était pas évident pendant la période de décembre à mars où je devais également gérer ma saison de hockey en même temps. Donc mon préparateur planifiait tout en fonction de mes entraînements de hockey, des séances adaptées pour que je sois autant performant sur la glace que lors de mes sessions pour le Norseman. Étant donné qu’on était à distance, on échangeait fréquemment pour qu’il prenne connaissance de mes sensations. Après je n’ai pas de journée type. Pendant quelques mois, on s’est adapté en fonction de ma saison de hockey. Donc pendant cette période pas de sortie vélo pour éviter une blessure en tombant, beaucoup de travail sur le vélo en hometrainer, également du tapis de course en salle. A la fin de saison j’ai passé un mois vers Grenoble avec beaucoup de course en montagne comme il y aura du dénivelé en Norvège. Aujourd’hui je suis sur Anglet pour deux mois, pour être plus proche de mon préparateur. Et je vais avoir des grosses sorties vélo, de la natation en lac et également des séances de PPG (Préparation Physique Généralisée). Les semaines varient de 7 à 12 entraînements, de 8 h à 20 h d’entraînement plus la récupération avec rouleau, Étirements, Veino + (Réduction des jambes lourdes, crampes, etc). Je voudrais d’ailleurs remercier mon ami et préparateur physique Brice Lefebure sans qui cette expérience ne serait possible.

Comment abordes-tu la course mentalement, sachant tous les obstacles que tu vas devoir affronter ?
Il est évident que cette course est complexe à aborder, savoir si je serais capable de nager dans de l’eau à environ 12 degrés, enchaîner 180 km de vélo avec 5 cols et un marathon dont 17 km de montée. Et Également être dans les 160 premiers pour avoir le fameux t-shirt noir pour arrivé au sommet du Gaustatoppen. Savoir si je ne vais pas faire une crise d’hypothermie, rencontré un problème mécanique, une chute, une fringale,etc. Beaucoup de questions et d’interrogations surgissent chaque jour. Il faut renier autant les doutes que les certitudes, plus facile à dire qu’à faire. Mais chaque jour d’entraînement me prépare à cette journée du 4 août, les obstacles sont et seront encore nombreux, mais surmonter les difficultés, les embûches sont les prérequis pour atteindre la grandeur. Je ne connais pas l’issue de cette expérience, mais dans tout les cas, elle est déjà enrichissante chaque jour, et qu’importe le résultat je déposerai larmes, sueurs et tripes pour réaliser ce rêve, et les personnes que j’estime sont présent avec moi chaque jour dans mon esprit et m’aide grandement à me surpasser.

L’échéance arrivera le 4 août 2018, il s’élancera du ponton d’un ferry dans une eau à 14°C et devra rejoindre la rive à 3,8 km de là. Par la suite il parcourra 180 km (dénivelé positif de 3 360 m) à vélo et devra, pour finir, rejoindre la ligne d’arrivée à pied en haut du mont Gaustatoppen au terme d’un marathon de 42 km dont 17 km d’ascension.

Sébastien est d’ailleurs à la recherche de sponsors pour l’aider dans sa quête du « Black T-shirt », n’hésitez pas à le suivre sur sa page Facebook dédiée à la course pour le soutenir et vous tenir au courant du déroulement de sa préparation jusqu’au jour J.

Page Facebook : https://www.facebook.com/Seb-Raibon-Objectif-Norseman-2018-1867895926574523/

Crédits photo : page Facebook Seb Raibon Objectif Norseman