Amazones FCG-Caen: C’est la lutte (pour la) finale…


Les grenobloises sont passées, au forceps. La joie n’en est que plus belle. La page tarbaise est tournée, place désormais à la demi-finale face à une vieille connaissance, l’Ovalie Caennaise. Le FCG est déjà venu deux fois à bout de son adversaire du jour en phase régulière. Il en faut une troisième, la plus difficile!

Des tarbaises très coriaces!
Le FCG et tous ses supporters ont tremblé, comme jamais. Menées 3-8 jusqu’à quatre minutes du terme, les iséroises ont senti souffler le vent de la défaite, froid dans le dos…
«Il faut en premier lieu féliciter l’équipe tarbaise qui a crânement joué sa chance» précise fair-play Emmanuel Pellorce. A la décharge des grenobloises, il faut dire que les éléments s’étaient ligués contre le FCG. De la pluie tout du long, une première période face à un vent soufflant en bourrasque, puis plus rien au moment de pousser dans le dos isérois. Le soleil ne fera son apparition qu’après le coup de sifflet final, comme un heureux présage… Des jolis rayons qui illumineront d’autant plus les sourires des alpines, soulagées au plus haut point après cette victoire.
Remontant les ballons face au vent donc, les Amazones ont eu les opportunités de scorer en cette première période, mais quelques petites erreurs enrayeront la mécanique. Quand ce n’est pas des excès de précipitation, avec par exemple cette pénalité vite jouée face aux perches alors que les trois points tendaient les bras aux iséroises. Justement, avec trois points de retard au citron, la tension était de plus en plus palpable dans le camp grenoblois. Encore plus, quand après une énième série de pick and go, les tarbaises vont à dame. Sous les perches, le groupe grenoblois se resserre. Emeline Gros, forte de son expérience internationale, remobilise les troupes: «On n’a pas fait tout ça pour rien, pas le droit de perdre maintenant.» Des paroles suivies par des actes quelques minutes plus tard… La transformation tarbaise échoue. Le début de la révolte grenobloise. Car au delà de la valeur intrinsèque de l’effectif rouge et bleu, cette équipe, c’est une âme. Une bande de copines avec le sens du sacrifice chevillé au corps. Qui mieux que les «anciennes» de l’équipe pour illustrer cet état d’esprit? Margaux Donzel, fraîchement entrée sur le pré, est au soutien suite à une percussion de Claudia Gallin, repoussée à trois mètres de la ligne d’essai. Le reste c’est la vice capitaine grenobloise qui le raconte: «Je ramasse la balle et je tente l’essai. Je plonge dans l’en-but sans me poser de questions. L’arbitre siffle mais sur le coup, je n’ai aucune réaction.» Claudia Gallin, en capitaine exemplaire, validera le travail d’une transformation à 10 m du bord de touche. «Je savais que j’allais la réussir» confiera après coup l’intéressé. Le travail de longue haleine avec Fred Vélo porte ses fruits.Le duo Gallin/Donzel, comme un symbole, sauve la patrie en danger…
Si Margaux Donzel n’a pas réagi suite à son essai, ce n’est plus la même histoire au coup de sifflet final: «Une délivrance, une joie à la hauteur de la souffrance subie. Mais on ne fait pas trop les belles non plus, on sait que nous ne sommes pas passées loin de la correctionnelle. Les tarbaises nous ont fait mal physiquement. Elles nous ont imposé leur rythme.»
Alors certes, Tarbes a fait un gros match, certes les conditions météo étaient exécrables,mais les Amazones ont été en difficulté comme jamais, alors que quelques semaines auparavant, elles venaient de livrer la plus belle prestation de la saison face à Caen. Comment est-ce possible? Margaux Donzel tente de répondre: «On sort d’un championnat où nous avons été hyper dominatrices, et d’une victoire à cinq points contre Caen. On s’est peut-être dit que ce match allait être facile.» Et le coach alpin de rebondir sur ces propos: «Je ne pense pas forcément qu’il y avait de la suffisance. Nous avons plus ou moins bien respecter le plan de jeu établi, mais l’équipe de Tarbes et les conditions météos nous ont fait du tort.» Et «Manu» Pellorce de voir des axes de progression: «Les filles doivent encore s’améliorer sur le plan mental.» Fortes dans sa tête, le prix à payer pour être championnes de France!
La résistance tarbaise aura le mérite de servir de piqûre de rappel: aucun match ne sera simple dans ces phases finales. En tout cas, l’essentiel est sauf, la victoire. Les grenobloises ont passé cette marche des quarts de finales, la première rencontre à élimination directe, la plus glissante.

Résultats des quarts de finale
Amazones FCG 10-8 Tarbes
Caen 16-13 Bordeaux
Stade Français 5- 5 Villelongue (Villelongue qualifiée aux tirs au but)
Rouen 19-0 Lons
Il se dit que la poule 2 est plus relevée que la poule 1, celle des grenobloises. Pas certain. Ou peut-être que tout simplement le niveau entre les équipes se resserrent? Une bonne nouvelle pour le rugby féminin.

Les quatre premiers de la poule 1 à l’issue de la saison régulière

Equipes pts J G N P + Dif E+ E- PP Pun BO BD CB
1

Grenoble

65 14 14 0 0 543 63 480 73 10     9 0 37
2

Stade Français

49 14 10 0 4 415 159 256 70 21 7 2 21
3

Caen

44 14 9 0 5 323 162 161 49 25     6 2 16
4

Rouen

37 14 7 0 7 320 225 95 48 33 5 4 9

Les quatre premiers de la poule 2 à l’issue de la saison régulière

Equipes pts J G N P + Dif E+ E- PP Pun BO BD CB
1

Lons

65 14 13 1 0 479 57 422 76 8     10 0 36
2

Bordeaux

56 14 12 0 2 451 165 286 71 27 7 1 28
3

Villelongue

33 14 8 1 5 238 222 16 36 36     2 2 10
4

Tarbes

28 14 6 0 8 196 255 -59 26 42 1 3 0

Les premiers ont battu les quatrièmes tandis que les deux seconds se sont inclinés face au troisième. Les demi-finales se feront entre le premier et le troisième de la même poule, comme un air de déjà vu.

Programme des demi-finales
Amazones FCG-caen
Villelongue-Lons

FCG-Ovalie caennaise, acte trois!
16-12 à Lesdiguières et 17-03 à la Grâce de Dieu, les scores des deux victoires grenobloises en phase régulière contre les normandes. «Les compteurs sont remis à zéro» coupent d’emblée Emmanuel pellorce. Même son de cloche du côté de Margaux Donzel: «C’est une équipe capable de se transcender sur un match.» La pilier grenobloise concède néanmoins que «les deux victoires en championnat sont peut-être un avantage psychologique.» Lors de la septième journée, les grenobloises s’étaient imposés sur le tard face à une belle formation normande tandis que les iséroises avaient réalisé leur plus beau match de la saison à Caen. Même si on repart à zéro, Les Amazones connaissent la recette pour venir à bout des anciennes pensionnaires du Top 8. Emmanuel Pellorce nous la livre: «Déjà, oublier nos deux victoires, cette rencontre, c’est du 50/50. Ensuite, avoir un mental à toute épreuve et les nerfs solides.» Le coach grenoblois se montre élogieux vis à vis de ses adversaires: «Caen est selon moi l’équipe la mieux structurée de la poule. C’est une formation très bien organisée, solide en conquête, joueuse, avec une très bonne défense.» Oui il faudra que les grenobloises soient bien présentes dans les rucks, la machine à gratter les ballons, Julie Duval, pilier titulaire du quinze de France, sera dans les parages…Cette équipe possède malgré tout des failles? «On en reparlera après le match» botte en touche, le sourire au coin des lèvres, le malicieux coach grenoblois.
Un entraîneur qui pourra compter sur une équipe revancharde après son quart de finale inabouti: «Cette victoire va leur faire du bien, les filles ne commettront pas deux fois la même erreur contre Caen.» Chat échaudé…

Aucun bobos à l’issue du quart contre Tarbes. Fanny Incorvaïa, blessée à l’épaule face au stade français, est toujours absente.

Le groupe iserois:

Avants: Aragno, Guiguet, Espit, Brozda, Camoin, Paquet, Cretinon, Mathieu, Donzel, Monnet, Hafsa, Gaggioli, Gros, Mathonnet

Trois quarts: Mias, Gallin (cap), Martin, Chatron, Filopon, Constans, Chavance, Baillon, Lambin

Le colosse grenoblois a vacillé en quart de finale. Julie Duval et les caennaises chercheront à le faire tomber. Grenoble est prévenue. Mais le FCG ne veut pas commettre deux fois la même erreur. En ce mois de mai, c’est la lutte pour la finale. Le titre, leur seul objectif, se rapproche. Un titre qu’elles n’ont pas l’intention de laisser filer à nouveau. L’Ovalie caennaise risque bien de l’apprendre à ses dépens. Foi d’Amazones!

FCG Amazones-Ovalie Caennaise, Dimanche 06 mai 2018, 15h00, Stade Lucien Masson, Migennes (89400)