Champion des Alpes Balandrade, Jean-Victor Bertrand veut maintenant « être champion de France »

C’est une belle page de leurs jeunes histoires qu’ont écrit samedi dernier les jeunes de l’entente US2Ponts – AL Echirolles en décrochant le titre de Champion des Alpes Balandrade au détriment d’Annecy au terme d’un match remporté aux forceps (19-17). Avec ses trois adjoints Eric Perriot, Eric Magnot et Benjamin Bosviel, l’ancien trois-quart aile du FCG Jean-Victor Bertrand nous parle avec bonheur de son groupe « bonnard » comme il le qualifie avec qui il veut être ambitieux et profite de l’occasion pour rappeler l’importance de la formation pour ces clubs.

Jean-Victor Bertrand, ça a été une vraie finale avec une très belle réaction de tes joueurs.

Les gamins sont vraiment allés la chercher avec le cœur. On marque juste avant la fin de la première mi-temps et on revient à 17 à 5, ce qui nous fait du bien. Et après physiquement, on les a bien concassés ce qui nous permet sur la fin de marquer deux autres essais. Même si on ne transformait pas un des essais, on aurait été quand même devant puisque ça se joue au nombre d’essais inscrits (ndlr : trois réalisations contre deux). On fait souvent de grosses fins de matchs parce que je pense que physiquement on est vraiment biens et puis on a un banc de touche qui est homogène.

C’est un titre qui vient récompenser une saison vraiment aboutie avec ces jeunes.

C’est clair. Depuis le mois d’août, on est sur les terrains, on a fait une grosse préparation physique en début d’année. Ils s’y sont filés sous la pluie, sous la neige avec un hiver rigoureux… Sur la saison, on a grillé quelques jokers mais sur les douze matchs, on va chercher onze fois les bonus, ce qui nous a permis d’avoir du crédit. A la dernière journée, on avait cinq points de retard sur Montmélian mais on savait que si on prenait le bonus chez eux, on passait premiers grâce aux points terrains. C’est ce qu’on s’est forcé de faire sous le déluge. Mais c’est vrai que tout au long de l’année, les gamins ont été assidus avec tout le temps du monde à l’entraînement en tournant à chaque fois entre 25 et 28 joueurs. Je tiens vraiment à mettre ça en avant parce que c’est aussi ça la marque de la réussite.

Et puis ça fait du bien aux clubs de Pont-de-Claix et d’Echirolles qui ont connu tous les deux une saison compliquée…

Ça donne une bouffée d’oxygène à tout le monde, c’est indéniable. On a senti les clubs vraiment investis dans le parcours des jeunes ;  tout le monde a mis la main à la patte. Le club d’Echirolles, qui nous avait accueilli pour la demi-finale, a pris en charge le trajet et le repas d’avant-match, le soir, c’est Pierre Eymeri (président de l’US2Ponts) qui nous attendait pour le repas avec Tony Testa (entraîneur US2Ponts). Ce sont des choses que je ne mesurais pas trop quand j’étais éducateur au FCG où on avait l’impression qu’on te donnait tout, tout cuit. Ce sont des clubs qui font vraiment des gros efforts parce que c’est compliqué quand on est en Promotion Honneur et même en Fédérale 3. On sent vraiment qu’il y a un réel esprit de club mais aussi l’importance pour eux de cette rencontre parce que, mine de rien, champion des Alpes, tu ne l’es pas tout le temps, d’autant plus que cette entente entre Echirolles et Pont-de-Claix n’existera plus l’an prochain.
Et puis, dimanche dernier avec la une de Pont-de-Claix, il y avait beaucoup de jeunes. La formation est importante pour ces clubs même si on parle davantage de ça dans des grands clubs. Mais il s’agit aussi de se dire que si on les a chez soi, on n’a pas besoin d’aller payer des joueurs pour garnir le club. Si tu les as à la maison, qu’il y a un groupe, qu’ils connaissent la vie du club, c’est quand même plus facile et financièrement, c’est plus intéressant.

Désormais, objectif championnat de France !

On va se mettre ça un peu dans la tête. La semaine prochaine, on leur donne une semaine de repos parce que ce seront les vacances scolaires et puis on réattaquera pour être prêts le 22 avril (date du premier match). Je pense qu’on devrait avoir le tirage la semaine prochaine où l’on pourrait tomber sur des cylindrées comme le Stade Français. Je n’ai même pas envie de dire que c’est du bonus parce qu’ils sont allés se le chercher. Moi, qui suis responsable de la catégorie et qui vient du haut-niveau, je ne suis pas venu là pour jouer le Challenge Sud-Est. Je pense qu’il faut être ambitieux dans la vie et ce n’est pas avoir la grosse tête que de dire « je veux être champion de France ». J’ai envie d’aller le plus loin possible avec ces jeunes parce que ce sont par les résultats et les victoires que tu te forges une histoire, dans ta carrière comme dans ta vie.