Hugo Salerno: champion du monde de ski citadin !

Le ski citadin ? Non, ce n’est pas du ski en ville, un slalom entre les voitures. C’est du sérieux, très sérieux ! Une compétition organisée par la Fédération Internationale du ski (FIS) pour tous les passionnés de glisse qui n’ont pas la chance d’habiter en montagne. Le ski citadin, c’est pour eux, les gars de la ville, où quand les montagnes descendent dans les plaines….

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Hugo Salerno vient de réaliser une sacré belle performance. Du haut de ses 22 ans, le natif du Sappey en Chartreuse, passé par Chamrousse, s’est adjugé, au nez et à la barbe des autrichiens, le titre de champion du monde de slalom Géant. Le dauphinois, passé sous pavillon auvergnat, s’est en effet imposé ce 26 février à St Anton am Alberg (Autriche) dans le pays du ski alpin. Et pourtant, ce n’était pas gagné pour Hugo. Opéré des ligaments croisés du genou en mars 2017, ce n’est que début janvier qu’il a pu rechausser les skis. Avec succès donc ! 78 centièmes d’avance sur le second à l’issue de la première manche, puis une demi-seconde au final (52 centièmes précisément). Suffisant pour enlever le titre. Le récent champion du monde nous fait revivre ses deux manches: «Je démarre ma première couse sans pression, dans la peau d’un outsider. Dès le départ, j’ai de bonnes sensations. Je réalise une très bonne première manche, certainement ma meilleure depuis mon retour de blessure. Pour la seconde, forcément je vise la victoire. J’essaye de gérer ma course. Un exercice pas forcément évident. Il ne faut pas prendre trop de risques pour ne pas partir à la faute mais tu ne dois pas être trop sur la retenue non plus, sous peine de perdre trop de temps. Cela m’a souri, j’en suis ravi».

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Et voilà Hugo Salerno, champion du monde devant un autrichien. Son camarade de club, Emilien Delor, complète le podium. Le plus beau titre pour le jeune champion? Le slalomeur apprécie ce succès: «C’est une victoire qui me fait extrêmement plaisir même si j’ai conscience qu »il s’agit de championnats du monde de seconde division. Il est parmi les plus beaux. J’avais aussi beaucoup apprécié mes titres lors de championnats de France en catégorie jeunes». Effectivement, en se penchant de plus près sur le palmarès du jeune champion dauphinois, ce titre n’est pas forcément une surprise, seulement une confirmation de son potentiel. Hugo Salerno est un habitué des podiums. Déjà, en 2014, le dauphinois avait entrevu la victoire lors ces mêmes championnats, échouant pour quelques centièmes de seconde de la médaille d’or. Ajouter un titre de champion de France citadin en 2014, deux titres de champion de France jeune (Coqs d’or, 2006 et 2008), une cinquième place à la Scara en Slalom (2008), une place en Top 10 en Fis Elite…Malheureusement, des blessures à répétitions ont freiné quelque peu sa progression. On espère désormais qu’elles ne seront plus qu’un mauvais souvenir, et surtout que ce titre en appellera d’autres, au plus haut sommet du ski. C’est en tout cas un des objectifs du jeune champion: «Ma volonté première est de retrouver mon niveau d’avant ma blessure. A plus long terme, j’aimerais baisser mes points à 20-25 pour atteindre la division Elite». Cela mérite une petite explication. Pour faire simple, au ski, comme dans beaucoup de sports, il y a des divisions. Plus vous gagnez et plus vos points baissent. A partir d’un certain seuil, vous avez le droit de faire des essais pour postuler à une coupe d’Europe, et le cas échéant se frotter au gratin mondial. C’est tout le mal que l’on peut souhaite au skieur isérois!

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Et pourquoi pas une carrière à la Victor Muffat-Jeandet ? Le récent médaillé de bronze aux JO de Pyeongchang en combiné, derrière Marcel Hirscher et Alexis Pinturaut (excusez du peu) a lui aussi fait ses gammes dans le ski citadin. Et oui ! Ce titre, c’est du sérieux ! Bravo à Hugo Salerno, champion du monde de ski citadin, champion, tout simplement !