#LePdeTravers de Hugo : FCG, c’est grave docteur?

La défaite du FCG vendredi dernier à Massy n’est pas qu’une simple défaite… Une défaite, cela fait partie du jeu, et Grenoble, comme les autres, est bien obligé d’en concéder de temps en temps, avec un curseur réglé en fonction des objectifs du club.
Ainsi, si je devais conclure mon article dès son introduction, j’évoquerais sans hésiter le flou autour de ces fameux objectifs. J’énumère, et en vrac :

  • Remontée immédiate?
  • Places d’honneur?
  • Reconstruction économique après une saison précédente cauchemardesque?
  • Autre?
  • Ne se prononce pas?

M’sieurs Dames, faites votre choix! Au club, de la direction au staff sportif, en passant par les commerciaux ou les joueurs, tous ont fatalement des objectifs différents… Enfin, c’est plutôt que tous ont une vision différente des éléments constitutifs d’un club : économie, ressources du club, potentiel réel des joueurs de l’équipe Une, potentiel du centre de formation, évaluation du niveau des adversaires…

Une fois qu’on a dit cela, on a rien dit, ou presque. Concrètement, après 18 journées sur 30, le FCG est 4ème de ProD2 avec 53 points, comptabilisant 12 victoires pour 6 défaites. Rien de fabuleux pour un prétandant à la remontée directe mais rien de dramatique si l’on vise simplement à devenir un club de milieu-haut-de-tableau de cette seconde division.

Le problème, c’est que, comme à l’école, il faut juger la tendance. Les victoires avec panache et réussite du début de saison – pour ne pas dire quelquefois chanceuses- ont été remplacées par des victoires compliquées à domicile et des défaites pathétiques à l’extérieur (oui, oui, c’est bien le mot choisi).

JJ Jeune et Joli

Cette tendance à la baisse de résultats et de moral est pour autant assez logique. L’état économique et structurel du club après la dernière saison en TOP14 ne lui permettait pas de recruter à tour de bras, lui imposant ainsi de puiser dans son centre de formation – une fatalité que certains au club se vanteront d’être le fruit du travail et d’une vision, mais cela, c’est encore une autre histoire – . C’est ainsi qu’entre confirmations des espoirs placés en Capelli par exemple et émergence des Guillemin, Geraci, Berruyer, Cordin, Fourcade, Jacquot, Oz, Mignot; le FCG, tel un phoenix, est revenu en début de saison, tout beau, tout jeune et tout joli.

Alors il ne faudra pas manquer d’apprécier un certain panache avec lequel les coachs ont mixé tout cela, mais force est de constater qu’après un peu plus de la moitié du championnat de disputé, les premiers doutes refont surface.

Manque de profondeur et de leaders

Les dernières sorties catastrophiques à Aurillac, Béziers, Massy, ou dans un autre registre Perpignan ou bien encore les victoires laborieuses contre Angoulême ou Bayonne montrent les premières faiblesses de cette équipe. Des points faibles contournés en début de saison mais que le manque de densité et de profondeur d’effectif révèlent en ce moment. Si le FCG a probablement un des meilleurs XV titulaire de ProD2, il souffre sans contestation d’une trop grande inégalité dans son effectif. Les absences ou carences obligent le FCG à une sur-utilisation de joueurs (comme un Fabien Alexandre exténué) ou à une utilisation massive d’hommes peu expérimentés. La somme de tout cela fait match après match un peu plus la différence, mais dans le mauvais sens.

Tournez Charnière

Autre point expliquant peut-être la situation actuelle du club, c’est la non fixation d’une charnière type. David Mélé, Adrien Latorre et Burton Francis s’associent quasiment à tour de rôle à un Lilian Saseras qui semble avoir gagné ses galons de titulaire indiscutable face à ce même David Mélé. Il est vrai que Burton Francis a été blessé en début de saison, mais depuis, la gestion de l’effectif n’assure pas les automatismes qu’une charnière d’une équipe visant la montée demande. Plus globalement, on peut se demander pourquoi le FCG fait autant tourner son XV sur quelques matchs à l’extérieur, chez des adversaires pourtant à sa portée : Nevers, Aurillac, Massy. Résultat, une conquête souvent désastreuse et un manque de puissance assez flagrant hors de ses bases. Le FCG est par exemple la seconde équipe la plus pénalisée à l’extérieur, cause à effet immédiat?
Il semble pourtant que le staff veuille bien faire, en donnant du temps de jeu à tout un groupe tout en faisant avec les blessures, mais finalement, tout cela revient à notre première question sur les objectifs… On a l’impression que Grenoble ne sait pas où se situer.

Tout n’est quand même pas négatif, certains joueurs se sont révélés, comme l’arrière Visinia ou encore Guillemin, Capelli voir Nkinsi. Le FCG n’a, on l’a dit, pas non plus été épargné par les blessures comme celles de Capelli et Dardet, dont les deux remplaçants médicaux Latu Talakai et Leva Fifita ont toutes les peines du monde à se mettre au niveau de cette rude ProD2.

Pour conclure, le FCG est en fait un patient convalescent dont les brillantes brindilles du début d’année ont probablement artificiellement masqués les défauts. Grenoble manque probablement d’une vraie ligne directrice, entre envie légitime d’exister, de revenir au plus haut niveau, héritage et réalité économique.
Le FCG sera probablement dans les 6 premiers de PROD2 à la fin du championnat, ce qui lui permettra de jouer des phases finales, ensuite, tout peut arriver, mais faut-il vraiment espérer que le club retrouve le TOP14 dans cet état? Ceci est encore un autre débat.