Dans l’ombre des (brillantes) Amazones…

Les grenobloises sont premières invaincues de la poule 1 du challenge Armelle Auclair. Une Pôle position qui vient récompenser un début de saison probant ainsi qu’une formidable année 2017 où elles n’auront connu qu’une seule défaite. Pour la première fois de leur histoire même, les grenobloises viennent de passer la barre des 100 points face à l’équipe du Racing Nanterre.Les qualités rugbystiques et mentales des Amazones ne sont plus a démontrer. Mais cela ne fait pas tout. Une bonne équipe, c’est aussi un staff de qualité. Et puisque les rugbywomen grenobloises retrouvent ce jour le chemin de l’entraînement, c’est l’occasion de faire plus ample connaissance avec les hommes et femmes qui œuvrent dans l’ombre des Amazones…

Quand on demande la recette du succès à Emmanuel Pellorce, l’entraîneur principal des Amazones, celui-ci, outre les qualités et l’investissement de ses joueuses, tient surtout à mettre avant le travail de toute l’équipe en charge des grenobloises, «un encadrement solide. Tout le monde tire dans le même sens et contribue énormément aux bons résultats de la section féminine du club. Chacun dans son domaine apporte sa pierre à l’édifice et concoure au bon fonctionnement de l’équipe. Bien évidemment, nous avons la chance d’avoir à faire à un groupe réceptif avec une grosse volonté de progresser».

On commence par le nouveau venu, Cristian Spachuk qui intervenait ponctuellement la saison passée. Désormais, l’ancien international portugais (coupe du monde 2007) est en charge d’entraîner les avants des Amazones. Emmanuel pellorce parle de son alter ego : «Cristian s’occupe de la conquête, de la touche, des mêlées et intervient aussi au niveau du travail défensif. Il apporte sa science du haut niveau ainsi que l’expérience qu’il a pu acquérir lorsqu’il s’occupait de la mêlée des espoirs de Bourgoin pendant trois saisons». Vous l’aurez compris, le combat est la spécialité de cet habitué des rudes joutes de la Pro D2 (7 saisons chez le voisin du CSBJ).
La condition physique, elle, est à la charge d’Hugo Feasson qui planifie les thèmes de travail et coordonne deux autres préparateurs physiques, Thierry Buisson et Nathan Arnaud. Ces derniers interviennent en musculation le mercredi. Nathan Arnaud gère aussi une autre séance dans la semaine tandis qu’Hugo Feasson propose des créneaux supplémentaires aux filles disponibles l’après-midi. Bref, il y a de quoi faire sur le plan physique pour les Amazones qui ont les ressources nécessaires pour tenir 80 minutes…Le meilleur exemple demeure la victoire sur la fin chez le sérieux rival du Stade Français. «Tous les trois, ils abattent un boulot formidable» confie le coach grenoblois.
Fred Sanzanni possède une double casquette : celle de co-entraîneur de la réserve (conjointement avec Nathan Arnaud) ainsi que celle d’arbitre. C’est lui qui officie lors des oppositions ou mises en places. «Ses explications sont un véritables plus pour les filles» témoigne Emmanuel Pellorce qui apprécie aussi leurs échanges réguliers : «Nous discutons beaucoup sur le jeu, l’état de forme des filles, c’est important».
Lui, on ne le présente plus, son nom est associé aux heures de gloire du FCG, Frédéric Velo. L’ancien chouchou de Lesdiguières apporte lui aussi sa pierre à l’édifice en intervenant une fois par semaine pour conseiller les buteuses grenobloises, «une source de progrès dans le jeu au pied des filles» raconte Emmanuel Pellorce qui précise : « Il a par exemple corriger la position de Claudia Gallin et les résultats s’en ressentent. Son taux de réussite s’est amélioré». Effectivement, la capitaine grenobloise présente une moyenne de succès d’environ 90% cette saison. Face au Racing Nanterre, Claudia Gallin a confirmé ses scores en passant neuf transformations sur dix tentées…
Paulin Mas et Jérémy Valencot, deux joueurs du groupe de ProD2, interviennent aussi auprès des grenobloises. Le premier nommé s’occupe spécifiquement des talonneuses et des lancers tandis que Jérémy Valencot conseille les numéros 9 du FCG. Léo Brissaud, lui aussi, apporte son expérience au poste de demi de mêlée, en faisant travailler conjointement Philipine Mias et Thomas Grégoire. «Faire évoluer Philipine en doublette avec un demi de melée masculin est une expérience riche et très intéressante» selon Emmanuel Pellorce.
A ce joli petit monde, il faut rajouter «Chanchan», Chantal Donzel Giacometti, la dévouée logisticienne des Amazones, au petits soins pour ses protégées. Sans oublier l’inévitable Laurent Lombardi en charge des relations avec les autres clubs et la fédération. C’est lui qui vint accueillir les adversaires des Amazones en gare de Grenoble par exemple, pour les conduire à l’échafaud…Dernière personne à compléter ce staff, Clémence Macaire, la kinésithérapeute de l’équipe. C’est elle qui masse et panse les plaies des grenobloises.
Une pensée également pour Joann Mac Carty, l’ancienne adjointe d’Emmanuel Pellorce, qui, pour des raisons privées, a pris du recul à l’intersaison.
Ces présentations ne seraient complètes sans recueillir quelques informations sur Emmanuel Pellorce, celui qui chapeaute tout ce joli petit monde. L’adjectif le plus utilisé par son entourage pour le définir est exigeant , envers lui-même en premier lieu mais aussi envers les autres. Claudia Gallin confirme: «Manu, c’est un mec entier et droit, très bon techniquement sur le terrain, qui a apporté une véritable valeur ajoutée à notre jeu.» Et la capitaine du FCG de lui adresser un petit clin d’œil : «Son perfectionnisme fait qu’il en oublie parfois de faire la fête mais nous essayons de le lui rappeler quand même». Hugo Feasson, quant à lui, nous confie sa joie de travailler avec tout le staff grenoblois et Emmanuel Pellorce en particulier : «C’est très agréable d’évoluer à ses côtés. Manu est toujours à l’écoute, ouvert aux autres. Il manage en nous laissant des libertés car il a confiance en nos compétences et prend toujours en considération ce qu’on lui dit. Il est très compréhensif sur le plan humain». Sur le plan rugbystique, le préparateur physique des Amazones est élogieux vis à vis de l’ancien du CSBJ : «Il commence à avoir une belle expérience dans le rugby. Il a parfaitement su s’adapter au projet de jeu du FCG et a su le faire évoluer et le transposer au rugby féminin». Et Hugo Feasson de conclure en souriant : «Bon j’arrête les compliments, il y en aurait encore beaucoup mais cela ferait trop…lèche-bottes (rires)». On l’aura deviné, le manager grenoblois fait l’unanimité au sein de son staff.

Les présentations sont faites. Les victoires des grenobloises sont aussi les leurs. Qu’on se le dise ! C’est tous ensemble que ce joli petit monde repartira vers d’autres aventures et nouveaux succès que l’on souhaite nombreux en 2018. Une année qui rime avec Top 8 ? C’est tout le mal souhaité à la grande tribu des Amazones…