Disparition de Maëlys/Témoignage: Quand un champion de force athlétique se mobilise

« Je ne pouvais pas rester devant ma télévision et ne rien faire. » Nour-Eddine Ghaoui, multiple champion de France de force athlétique et récent retraité est à l’origine de la recherche citoyenne qui a eu lieu samedi à Pont de Beauvoisin, après la disparition de la petite Maëlys. Au départ, l’isérois, qui habite proche de cette commune, espérait attirer quelques dizaines de personnes grâce à sa notoriété. Mais les réseaux sociaux se sont emballés et ce sont près de 1300 personnes qui étaient présentes hier, avec un espoir commun: retrouver un indice et ainsi aider la gendarmerie. Si « rien de concret » n’a finalement été trouvé, Nour-Eddine Ghaoui ne regrette en rien cette action citoyenne. Il espère désormais que ce mouvement créera « une pression psychologique et un cas de conscience sur la personne qui a enlevé Maëlys ».

Nour-Eddine, pouvez-vous nous expliquer pourquoi vous avez lancé cette recherche citoyenne?

Systématiquement, quand on est devant notre télé, on se dit: « Si j’avais été là, j’aurais fait ci, ça… » Là, je ne voulais pas rester devant ma télé et ne rien faire. Je voulais prendre mon week-end pour y aller. Je me disais qu’à 10, c’était mieux que tout seul. Je me suis rendu compte que pour beaucoup, il manquait juste une petite étincelle pour y aller. À la base, cela est donc parti d’une invitation sur Facebook. Je me disais qu’avec ma petite notoriété consécutive à mes titres en force athlétique, j’attirerais quelques personnes. Au début, il y avait peu de monde, puis ça a pris de l’ampleur. Nous étions plus de 1300 à l’arrivée. Je ne m’y attendais vraiment pas. On m’a conseillé d’annuler histoire que cela ne déborde pas. Au final, j’ai assumé la recherche et je l’ai organisée.

Pourquoi avoir décidé de continuer?

Je ne suis pas du genre à abandonner ou annuler. Je m’étais organisé pour 800 personnes. Puis quand il y a eu plus de monde que prévu, je me suis dis « oula, il va vraiment falloir t’organiser ». À la fin, il a fallu passer la nuit de vendredi à samedi pour faire les carnets de route à l’imprimerie, et dispatcher les gens dans la zone de recherche. Tout devait être prêt samedi matin.

Répartir tous ces volontaires n’a pas dû être simple.

On a quadrillé la commune de Pont de Beauvoisin. Sur internet, on est allé sur Geoportail et on a recherché les rivières et fôrets. En tout, on a dénombré 28 zones. Puis on a étalé tous les volontaires sur ces zones, et ces derniers sont partis en décalé, par groupe, à partir de 8h.

Et des indices ont pu être trouvés?

Ce que l’on redoutait est arrivé dès les premières minutes. Au bout de 30 minutes, le standard de la gendarmerie a été saturé par des voyants et des mediums… Ils ont saboté la journée de samedi. Toutes leurs prédictions étaient fausses. Quand on appelait les gendarmes, ça ne répondait plus. Ils ont saboté le travail des gens qui ont cherché et qui étaient sur place. Ils appelaient depuis chez eux devant la télé, tandis que ceux au charbon, et qui avaient peut-être des informations, ne pouvaient pas joindre les gendarmes.

À l’heure des bilans, que retenez-vous de cette recherche citoyenne?

On ne regrette rien même si rien de concret n’a été trouvé. On a fait cela avec beaucoup de sérieux, on a élargi les zones de recherche. On est passé partout sur un secteur de 10km sur 10km. Des militaires disaient qu’il aurait fallu être 100000 pendant une semaine. J’espère désormais que ce mouvement solidaire va créer une pression psychologique et un cas de conscience sur la personne qui a enlevé la petite. À l’avenir, je pense que les recherches citoyennes devraient être systématiques et la gendarmerie devrait faire appel aux gens plus tôt.

Qu’allez-vous faire durant ces prochains jours?

J’ai beaucoup de travail et malheureusement, je ne serai pas beaucoup disponible. Le week-end prochain, j’irai quand même refaire quelques recherches. Plus le temps passe et plus les chances de trouver quelque chose seront infimes. Maintenant, on espère un retour en arrière pour la personne qui est avec la petite. Qu’on ait une preuve pour la localiser. Concernant les indices, on va compter aussi sur la chance. Avec l’espoir qu’un passant, un papi ou un joggeur trouve quelque chose par hasard.