Quand deux ingénieurs font le Tour de France à Vélo: retour sur un défi fou!

Clément Gouget et Pierre Bidet se sont connus pendant leurs études. Désormais âgés de 29 ans, ils sont ingénieurs, et mordus de sport. Quand ils se sont revus en décembre dernier, ils ont décidé de se lancer un défi fou: Faire le Tour de France à vélo, le même que celui fait par Romain Bardet, Alberto Contador et Chris Froome, une semaine pile après le passage des pros, du 8 au 30 juillet. Finalement, après des milliers de kilomètres d’efforts et 21 étapes intenses, les deux amis ont réussi leur pari. Clément, originaire de Lyon et amoureux du Dauphiné, revient pour LSD sur cette expérience incroyable.

Clément, comment l’idée vous est venue de faire un Tour de France à vélo?

Au départ, c’était plus une idée de Pierre. Il est mordu de vélo, et c’est un fan du Tour de France. Il avait déjà traversé plusieurs fois les Alpes et les Pyrénées. Il voulait se lancer ce défi et il cherchait quelqu’un. On s’est vu en décembre. On avait déjà fait des raids sportifs ensemble sur plusieurs jours au moment de nos études. Je lui ai dit: « Allez, on tente le coup. » »

D’un point de vue physique et logistique, il doit y avoir une sacrée préparation non?

Sportivement parlant, on ne savait pas trop comment préparer ce Tour. C’était une grande première de faire autant de vélo en si peu de temps. Il fallait qu’on roule ensemble avant pour voir si on était prêt à partir si longtemps à deux. On est allé autour de Grenoble, on a traversé la Chartreuse au mois de mai. D’un point de vue foncier ça allait. Ce qui nous manquait, c’était de faire du vélo régulièrement, d’où les tendinites pendant l’épreuve. Après, d’un point de vue logistique, il fallait réserver tous les logements le long de la route, trouver une solution pour transporter les bagages, se faire à manger ,se faire ravitailler… On a eu plusieurs accompagnateurs pour assurer tout cela. Et on avait une voiture suiveuse.

Vous aviez un objectif de temps avant chaque étape?

On souhaitait partir tous les jours avant 8 h et arriver avant la nuit, et si possible avant 18 heures afin de pouvoir manger correctement et récupérer un minimum la nuit. On faisait également une pause à la moitié de l’étape. Sur les étapes de plaine, on a roulé entre 27 et 30 km/h, en montagne, c’était du 20 km/h, tandis qu’on allait entre 23 et 25 km/h sur les étapes accidentées. Par rapport aux vainqueurs de chaque étape sur le vrai Tour de France, on a toujours mis entre 1,4 et 1,9 fois plus de temps qu’eux. Être en dessous du double, c’est une petite fierté (rires).

De toutes ces étapes, laquelle a été la plus compliquée?

Physiquement, celle entre Nantua et Chambéry a été très exigeante mais le temps était bon, et les paysages magnifiques. Il y a eu une étape de galériens entre Pau et Peyragudes. 214 km avec des gros cols sous la pluie et le brouillard, quelle galère! On est parti à 7 h et arrivé à 20h… Et puis je n’oublie pas l’étape entre Briançon et l’Izoard qui fut compliquée car la veille on avait quand même roulé entre La Mure et Serre Chevalier. L’enchaînement fut rude.

Justement, que retenez-vous de l’étape La Mure-Serre Chevalier?

Je n’étais jamais passé au Col d’Ornon. C’est sympa. On a apprécié la montée de la Croix de Fer car il y avait beaucoup de cyclistes. La montée du Galibier restera également dans nos mémoires car on est arrivé quasiment à la tombée de la nuit et il n’y avait plus personne en haut.

Vous avez eu de l’engouement autour de votre Tour de France?

Oui, pas mal parmi nos amis et notre famille, mais aussi de la part de gens de notre école. Des amis sont venus rouler avec nous sur au moins la moitié des épreuves. On n’avait contacté aucun média car on ne savait pas trop si on serait capable d’aller au bout. Mais dans les dernières semaines, vu que l’on s’en sortait pas trop mal, on a appelé deux-trois journaux et cela a permis de parler un peu de cette aventure.

Que retenez-vous de ces trois semaines de course?

Ce fut une super aventure humaine à deux. On s’est super bien entendu, il y a eu une belle entraide. On a eu des moments où il a fallu pousser dans nos retranchements comme jamais. C’est une fierté de surpasser ces moments.

Pourquoi pas récidiver à l’avenir?

En arrivant à Paris dimanche 30 juillet, on se disait plus jamais! Mais finalement pourquoi pas refaire un truc un peu intense comme ça!