L’isérois Jean-Charles Senac, de cycliste professionnel à charpentier

Jean-Charles Senac se souviendra longtemps du 19 juillet 2017. Mercredi dernier, le Tour de France a posé ses valises à La Mure, direction la station de Serre Chevalier. Ce jour restera historique pour le sud-isérois originaire de Corps. Il faut dire que le cyclisme, il connaît. Professionnel au sein de l’équipe AG2R La Mondiale entre 2008 et 2009, il a côtoyé les plus grands coureurs du monde, participé à un Tour d’Italie, et a découvert les joies, mais aussi les exigences d’une discipline pour le moins difficile.

La montée de La Salette, la grimpée de Pont Haut ou encore la côte de Laffrey n’ont plus vraiment de secrets pour Jean-Charles Senac. Aujourd’hui âgé de 32 ans, il a fait par le passé du Beaumont et de la Matheysine ses terres d’entraînement. Tout jeune, il sent qu’il a le potentiel d’aller loin dans le monde du cyclisme. « Je me rappelle que je faisais des montées chronométrées vers Corps, mon village natal, dans ma jeunesse. Je me suis rapidement dit que je n’étais pas mauvais. » Et autant dire qu’il avait l’oeil. À force d’entraînement et de victoires au niveau local, il intègre le centre de Chambéry Cyclisme Formation, alors qu’il n’a qu’une vingtaine d’années.

Puis vient l’heure du précieux sésame. Il signe professionnel chez AG2R La Mondiale après une deuxième place aux championnats de France sur route amateurs, en 2007. « Pour y arriver, c’est beaucoup de travail. Ce n’est pas évident quand on a 18-20 ans. On voudrait faire la fête et sortir avec les amis. Mais il faut faire attention sur la nourriture, se coucher de bonne heure et avoir une hygiène de vie parfaite. Il faut s’entraîner, s’entraîner et encore s’entraîner… » Désormais pro, Jean-Charles voyage beaucoup, et prend conscience que l’ambiance n’est pas vraiment la même entre le monde de la formation et le milieu professionnel. Durant ses deux années au plus haut niveau, les relations sont délicates avec le sponsor car les résultats de l’équipe ne sont pas au rendez-vous. Le manager Vincent Lavenu est également exigeant. « AG2R fonctionne comme une entreprise, il faut être compétitif. »

En 2009, il est sélectionné pour participer au Tour d’Italie. « J’ai pu y cotoyer les plus grands cyclistes du monde. À ce tour, il y avait Lance Armstrong. Médiatiquement, c’était le showbiz. Humainement, il n’était pas très sympa, mais il engendrait beaucoup de publicité autour du Tour d’Italie. Il a également beaucoup apporté de ce point de vue-là à La Grande Boucle. »
Après une 146ème place au Giro, le corpatus ne fera plus beaucoup de courses en tant que professionnel. Déçu par un monde qu’il espérait tant découvrir, il quitte le peloton en 2009, et continue à rouler en amateur pendant quelques années. Désormais, Jean-Charles Senac ne monte quasiment plus sur un vélo, ou presque. L’an passé, il n’a roulé « que » 2000 kilomètres. Il faut dire qu’il vient de lancer il y a un mois sa société de charpente, couverture, zinguerie.

L’après-carrière de cycliste est parfois difficile à anticiper. Jean-Charles Senac a bien négocié ce virage.