Thierry Peyraud (SOV) : « On doit travailler avec les clubs voisins ! »

La saison de Fédérale 2 se prépare doucement à Voiron, avec l’arrivée de Ferruit à la tête de l’équipe une. Si sportivement, le club s’est maintenu à ce niveau, c’est en coulisses que son président Thierry Peyraud s’active, avec un seul objectif en tête, le projet SOV2020.

 

Président, quel a été l’écho de votre projet SOV2020 ? Les gens ont-ils compris ce que vous vouliez faire ?
Non ! Nous sommes encore sur les images, animosités et tracasseries du passé. Je pense que les gens n’ont pas vu que la direction avait changé. Nous sommes beaucoup plus ouverts que par le passé.

Ce Projet SOV 2020, c’est la fédérale 1 pour Voiron ?
Non, pas exactement. Le but du projet 2020, c’est de continuer à consolider l’organisation du SOV, qui doit aboutir à terme à avoir la capacité d’être de façon récurrente dans les 4 premiers de poule pour pouvoir prétendre à une montée en Fédérale 1. Si c’est dans 3 ans c’est dans 3 ans, si c’est dans 6 ans c’est dans 6 ans ! On veut consolider nos acquis des 3 dernières années de façon à pouvoir passer l’énorme marche qu’est la F1.

Cette marche, elle est plus haute de F2 à F1 que de F3 à F2 ?
Pour moi c’est exponentiel. Et ce n’est pas qu’une question d’argent, c’est une question d’organisation. Notre volonté c’est de monter les marches et d’y rester.

 

« Aujourd’hui le problème c’est qu’on fait les choses pour le bien du plus petit nombre… »

 

Ce SOV2020, c’est également une question d’environnement géographique…
C’est une amélioration de la structuration du club : c’est-à-dire que l’on souhaite se recentrer sur son métier et former des joueurs! Le but n’est pas forcément d’aller prendre des gars à Tullins ou à Renage-Rives mais d’aller les chercher dans les écoles par exemple.
Le deuxième point c’est de réussir à faire un projet de bassin. C’est ça que j’appelle l’offre de service : il faut qu’un jeune dans ce bassin voironnais trouve à la fois son niveau et ses ambitions par rapport à l’offre de services qui permette de les réaliser. Je pars du principe que c’est à l’endroit où il y a le plus de population que tu dois avoir ce rôle de transfert vis-à-vis des autres. Comme le FCG est notre grand frère, Voiron doit aussi avoir ce rôle vis-a vis des autres communes. 

 

« On veut donc essayer de créer une dynamique du territoire Voironnais et pas seulement du SOV »

 

Plus concrètement, comment fonctionnerait cette nouvelle relation?
Il faut avant tout réussir à se rencontrer une à deux fois par an pour discuter et partager nos difficultés. Il faut se mettre en ordre de bataille tous ensemble, apprendre à se connaître, apprendre à parler. Ensuite chacun retourne dans son club et bien évidemment chaque club garde son identité, ses couleurs, garde ce qui a fait pour la plupart d’entre eux des clubs centenaires. C’est le rôle des présidents et de leurs équipes de mettre en place ce chantier pour le bien du plus grand nombre ! Aujourd’hui le problème c’est qu’on fait les choses pour le bien du plus petit nombre… 

On veut donc essayer de créer une dynamique du territoire voironnais et pas seulement du SOV, et le plus dur c’est de le faire comprendre aux autres. Cependant il ne faut pas non plus se précipiter ! Par exemple nous avions voulu créer une équipe de belascain commune qui a échoué car les autres clubs pensaient que nous venions seulement par intérêt, en prédateur.
L’erreur que j’ai commise et qui est le déclencheur de ma réflexion, c’est que de nombreux joueurs ne trouvent pas leur place cette année au SOV et vont arrêter le rugby. On n’arrive pas à leur trouver une offre de service qui tienne la route pour qu’ils continuent à faire du rugby en parallèle de leurs études. 

Peyraud président SO Voiron

Comprenez-vous la peur des clubs voisins?
S’il n’y avait pas cette peur-là, je ne comprendrais pas, nous ne sommes pas dans un monde de « bisounours ». « Bisounours », c’est ce dont on m’a d’ailleurs traité quand j’ai dit que je ne voulais pas d’histoire avec le FCG et que je voulais qu’on traite ensemble sans conflit. On veut faciliter les choses pour les jeunes qui ont envie et qui peuvent aller au FCG . Aujourd’hui, Voiron, c’est pas moins de 15 joueurs passés par le pôle espoir de Grenoble.

On évoque quelques soucis avec Montmélian, pouvez-vous en dire plus?
C’est très simple, le club de Montmélian a contacté une dizaine de nos joueurs et j’ai la faiblesse de penser que ce n’est pas forcément pour les recruter mais pour nous affaiblir. On a donc tapé du poing sur la table, j’ai écrit au président du club et au président du comité des alpes.

Justement pour l’année prochaine, sur votre recrutement ? Que recherchez-vous ?
Tout d’abord,  je voudrais dire qu’on n’a pas seulement une équipe 1 mais une équipe A et une équipe B avec 50 à 60 joueurs qui sont tous concernés. On est un groupe senior dans sa globalité ! On a autant d’ambition en A qu’en B. On est là pour renforcer ! On a besoin de 3 joueurs, un pilier, un trois-quart centre polyvalent (qui peut jouer 10, 12, 13, 15) , un seconde ligne /troisième ligne. L’ambition c’est de garder l’ossature. Nos principales recrues seront les 50 joueurs de l’année dernière !

Certains joueurs devraient pourtant partir, On parle d’Alvès ou Menduni vers Renage-Rives.
Pour moi, ce ne sont pas des départs mais des accompagnements car ils ont des demandes particulières et on les accompagnera peut-être à Renage-Rives s’ils veulent les accueillir ! Pour moi, ils sont toujours des joueurs du club ! En fonction des circonstances professionnelles pour l’un et de fin de carrière et d’envie pour l’autre, on peut les aider !

On parle également de l’arrivée de l’ancien ouvreur du FCG et du CSBJ Jordan Michallet.
Ce sont des bruits qui tournent à droite et à gauche surtout pendant les phases finales ! Ce sont des choses que je déteste par-dessus tout … L’objectif est de déstabiliser nos joueurs…rien d’autre.