Robert Malm: « Le National, c’est le minimum pour le GF38 »

De 2002 à 2005, Robert Malm a régalé les supporters grenoblois. L’attaquant togolais a marqué de son empreinte la période Ligue 2 du club isérois. Désormais retraité, il suit de près l’actualité du GF38 et a d’ailleurs donné le coup d’envoi fictif du fameux match de la montée entre Grenoble et Le Puy, samedi dernier. Le désormais consultant télé revient pour LSD sur sa carrière, sa passion pour l’équipe iséroise, sa Coupe du Monde 2006 avec le Togo, et évoque également son avenir.

Robert, ça y est, le GF38 est en National.

Le minimum était de retrouver en National. Le GF38 doit être en Ligue 1 ou en Ligue 2. C’est bien de sortir du CFA car un seul club monte. Maintenant, il faut savourer dans un premier temps, puis faire en sorte de vite sortir du National.

La Ligue 2 est accessible rapidement selon vous?

C’est possible oui mais il faut parfois un peu plus de temps. Je pense que le club peut le faire. Reste à voir les moyens humains et financiers qui seront utilisés. Il faudra laisser un peu de temps au coach également. Mais je pense que d’ici deux trois saisons, le club sera en Ligue 2.

Vous étiez au match face au Puy. Ce club a l’effectif pour performer en National?

Je pense que oui. Il faudra que Grenoble garde une ossature, une base et la renforce avec des joueurs d’expérience. Pour la première année, il faudra un effectif capable au minimum de se maintenir.

Quels sont ces joueurs qui représentent cette ossature selon vous?

Je pense avant tout à Steven Pinto Borges que je connais car il est passé par Guingamp. On sent qu’il organise tout, que ce soit sur le plan défensif ou offensif. Il est propre. C’est celui que je connais le plus. Et puis il y a également Brice Maubleu qui fait partie des anciens.

On sent que Grenoble est votre club de coeur, pour quelles raisons?

Elles sont nombreuses. D’un point de vue professionnel, c’est grâce à Max Marty si j’ai signé dans ce club et je lui dois beaucoup. Les résultats parlent d’eux-mêmes, il est revenu au club et il le fait monter en deux saisons. Il n’y a que lui qui connaît le GF38 de cette façon. Et puis au-delà du travail, l’humain compte, et cela m’a fait plaisir de revoir Alain Fessler samedi, il y avait plein de personnes de l’époque où je jouais. Et puis personnellement, cette ville a beaucoup compté pour moi. J’y ai rencontré beaucoup d’amis dont le speaker du stade.

Vous avez donc joué au club de 2002 à 2005. Quels souvenirs gardez-vous?

Lors de la première année, nous avons été dans les cinq-six premiers et il y avait un réel espoir de montée. La saison suivante, nous nous sommes sauvés difficilement, puis je suis parti au mois de janvier de ma troisième saison en Isère. Je suis régulièrement en contact avec le gardien de l’époque Thierry Debès, mais aussi avec Sergio Rojas, alors attaquant, et désormais en Argentine. Je discute parfois avec Laurent David ou Hervé Milazzo.

En 2002, votre arrivée au club est un peu particulière. Vous devez jouer avec votre cousin Mickaël Dogbé. Seul problème, il signe à Saint-Etienne.

C’est ça. Je me faisais une joie de jouer avec lui. Tout était prévu. Pour la petite anecdote, l’ASSE m’avait aussi contacté. Finalement, on a joué l’un contre l’autre.

En tout, vous avez joué dans 15 clubs différents. C’était votre volonté de découvrir autant d’équipes?

Non pas du tout. C’est plutôt un concours de circonstances. Aujourd’hui, c’est une force car je connais pas mal de personnes. J’ai surtout joué en Ligue 2, et avec du recul je me demande si j’ai tout fait pour jouer en Ligue 1. À Toulouse (1998-1999), après une saison moyenne en Ligue 1, le club descend. Ce passage au TFC m’a fait mal, des dirigeants de Toulouse doutaient même de moi pour jouer en Ligue 2. Après, j’estime être un privilégié, même si j’ai surtout joué en Ligue 2. Certains aimeraient avoir ma carrière. Il me manque peut-être une compétition européenne.

Mais pas une Coupe du Monde, puisque vous avez joué celle de 2006 avec le Togo.

C’était extraordinire, j’en ai encore des frissons. J’ai eu la chance de la faire. Je suis chanceux mais je me dis que peut être, je le méritais. On a perdu 3 matchs dont un face à la Suisse de peu, c’est comme ça. On ne regrette rien, j’espère qu’il y en aura d’autres pour le Togo.

Vous avez joué tardivement pour cette sélection. Secrètement, vous espériez joué en Bleu?

Quand vous jouez dans l’antichambre de l’Équipe de France avec des joueurs comme Papin, Boghossian, Thuram, et que vous avez comme coach Roger Lemerre en sélection espoir ou militaire, vous vous dîtes: « pourquoi pas moi ». Puis il a fallu se rendre à l’évidence, d’autres joueurs ont éclos. J’étais bon en jeune mais après, d’autres comme Henry et Trezeguet sont arrivés. Et puis il y a aussi Robert Pires qui a explosé à Metz quand le club était en difficulté, et faisait jouait les jeunes français.

Votre carrière s’est terminée en 2010 à Cannes, mais vous restez toujours dans le monde du football.

Oui. En 2010 j’étais revenu à Grenoble avec l’espoir de rejouer en Ligue 2. Mais le club avait des problèmes financiers et un contrat de plus n’aurait peut-être pas été homologué par la DNCG. Je ne dis pas que j’aurais sauvé le club mais j’aurais pu filer un coup de main. Ensuite, Cherbourg m’a contacté pour être responsable des jeunes. À ce moment-là, je ne coache pas d’équipe mais je mets en place un système pour progresser, puis j’entraîne l’équipe de Cherbourg U17. On rivalise alors avec Caen. En 2012, je signe avec BeIn sport suite à un appel de Charles Bietry. Je fais alors mon premier match de consultant sur un match de Ligue 2 au Havre. Je m’en rappelle encore. Je m’amuse vraiment, je prends du plaisir.

Et vous vous voyez diriger une équipe à l’avenir?

Je n’exclus rien en tant que dirigeant. Cela trotte dans ma tête, d’autant que j’ai passé les diplômes.

Et au GF38?

Pourquoi pas, je ne m’interdis rien. À Paris, Grenoble ou autre part. Si demain j’arrête d’être consultant ou s’ils trouvent meilleur que moi, j’y réfléchirai. Une chose est sûre, ce n’est pas le cas aujourd’hui.