La saison des Ours vu par le président du club

Élu président du club des Ours au début de la saison passée, Fred Bertrand revient pour LSD sur la saison passée et sur les perspectives d’avenir.

Tu es devenu président alors que l’équipe était en construction, tu n’as pas pu construire à 100% cette équipe, mais quel bilan tires-tu de cette première année de présidence ?

Le bilan est correct, pour l’ensemble du club, même si tous les championnats ne sont pas tout à fait fini. Je suis inquiet pour les U13 puisqu’ils ne se sont pas qualifiés, pour la première fois depuis des années, pour les finales régionales, c’est un peu inquiétant pour l’avenir. Les U15 se sont hissés en demi finales du championnat de France, on peut estimer que c’est un beau parcours. Les U17, on savait que ça allait être une saison compliqué et ils ont réussi à se maintenir dans le groupe B, ils ont sauvé essentiel. Les U20 ont fait une très belle saison. Peut-être un peu faussé par le fait qu’on a pas joué les cadors, mais on a quand même battu HC74, Gap, Briançon, Angers, Dijon… Des équipes au dessus de nous, on les a battu, c’est intéressant. Ensuite, le tableau nous a envoyé jouer contre Grenoble, le favori du championnat. On se fait éliminer, mais perdre seulement 5-1 et 2-1 ça reste de bons résultats. Enfin, pour l’équipe première, c’est une saison en dents de scie et l’élimination contre Montpellier le reflète bien. On perd là bas 5-4, de justesse, avec un effectif très réduit. Ça résume la saison, un très beau match et un très mauvais match à domicile (défaite 8-3). Après il y a eu des blessés, des erreurs de castings, certains étrangers n’ont pas apporté le renfort que l’on espérait. Le côté positif, c’est que les jeunes joueurs ont quasiment tous pu jouer, excepté un espagnol qui n’avait pas le droit de jouer.

Comment tu expliques que la saison de l’équipe D2 ait été en dents de scie, quand on voit que cette équipe a été capable de battre Annecy, le champion de D2, 3 fois et derrière de perdre contre des équipes comme Toulouse-Blagnac, qu’est ce qu’il a manqué ?

Tout d’abord, il y a eu des erreurs de casting sur certains renforts étrangers qui n’étaient pas spécialement meilleurs que les français. Or, quand on prend des renforts, c’est pour être renforcer. Là ce n’était pas le cas. Et, comme je le dis depuis le début, on a eu un manque cruel de joueur que j’appelle « intermédiaire ». Alors, ce n’est pas péjoratif du tout, ce sont des JFL, des joueurs français, d’un certain âge, avec une certaine expérience, qui font la liaison entre les jeunes et des étrangers ou des français extrêmement bons. Cette année, on en avait quelques uns, mais notre équipe restait extrêmement jeune. Par exemple, un joueur comme Nicolas Ruel, qui a fait une très bonnes saisons, il n’a que 21 ans. Les joueurs « intermédiaires », je les place entre 25 et 34 ans.

C’est dans cette optique la que vous avez commencé à recruter avec des joueurs comme Kevyn Richard et Robin Drogue, est-ce qu’il va y avoir d’autres joueurs intermédiaires qui vont arriver ?

L’équipe est déjà bien avancée, l’idée c’est de continuer avec une grosse ossature villardienne, jeune ou moins jeune. Il y en a qui ont prolongé, d’autres qui sont en attente, d’autres dont on est en attente de connaître leur futur professionnel. Ainsi, officieusement, la majorité de l’équipe est déjà constituée.

Au niveau des jeunes, vous avez conservé deux éléments clés : un champion du monde (Lecomte) et un excellent gardien en devenir (Zvedelik), quelle va être la place des autres jeunes dans l’équipe D2 et quels sont les objectifs en U20 ?

Il faut savoir que c’est très compliqué de conserver nos jeunes. Notre champion du monde, comme vous le dîtes, il a été appelé par de nombreux clubs de Magnus et de D1. Donc, pour les garder c’est compliqué. Après, si on arrive à avoir des joueurs en équipe de France c’est que l’on aura réussit notre mission de club formateur. Mais il faudrait éviter qu’ils ne partent trop tôt.

Pour ce qui est des objectifs, c’est une question très compliquée avec énormément de facteurs qui rentrent en compte. On sait qu’on a une excellente génération 1999 à Villard. Dans l’état actuel des choses, on a un seul 1998, c’est Thomas Carminati et c’est vrai que dans ce genre de catégorie l’expérience fait la différence. Nous, on aura une équipe très jeune. Ainsi, ça va être compliqué de viser haut. De plus, un autre facteur important, il faudra voir qui sera le ou les gardiens U20 cette année. Après faut voir si les grosses écuries auront la même génération 1999 que la notre. On n’a pas peur.

Etre à cette échelon dans la hiérarchie nationale du hockey mineure c’est un véritable exploit pour un village de 4000 habitants. On arrive à se battre contre des grosses villes comme Grenoble, Rouen, Angers, Dijon et on est même devant Gap. On est dans les meilleures formations mineures et la place de Villard doit être en D1 chez les seniors. La ligue Magnus, il ne faut pas faire rêver les gens : c’est du passé.

Quel sera l’objectif l’an prochain ?

On veut aller le plus loin possible. L’objectif c’est la finale, et une fois qu’on est en finale, c’est de la gagner. Ça c’est l’objectif par rapport à l’équipe que l’on est en train de construire. D’ici là il peut se passer des choses qui nous obligent à réduire la voilure, on visera les demis finales ce n’est pas si grave que ça. Quand on voit avec l’effectif de cette année et les blessures que l’on a eu, on a atteint les quarts, c’est largement possible d’aller plus loin. De plus, on aura deux très gros gardiens à Villard, sans aucun doute la paire la plus forte du championnat. Il y aura de la concurrence pour savoir qui est titulaire : il n’y a pas de gardien numéro 1.