Samy Bendjaballah : « Le GSMHGUC, ma seconde famille »

Le GSMHGUC reste sur une mauvaise note. Les habitués de Pablo Néruda n’ont pas reconnu leur équipe ce samedi face à Amiens. Samy Bendjaballah, blessé, n’a pas joué. Un seul être vous manque…Et pourtant, ce qui fait la force des handballeurs martinéro-grenoblois cette saison, c’est un collectif soudé comme les cinq doigts de la main et une défense intraitable. Tout le monde est au diapason du groupe. S’il en est un qui est garant de cet état d’esprit et de l’identité rouge et blanche, c’est lui. Samy Bendjaballah. Fidèle parmi les fidèles. L’âme du GSMHGUC, le capitaine exemplaire, le « guerrier » en chef du club dauphinois. Trente-cinq ans, 1,80 m, 78 kg, Samy est partout. Avec son brassard vert, il illumine le parquet de la hall Pablo Néruda. A cinq journées de la fin du championnat et peut-être d’une montée en Proligue, « Samos » confie à LSD sa passion pour le hand, ses objectifs et son amour pour le club du GSMHGUC, son club. Samy Bendjaballah, un (grand) monsieur du hand isérois.

Samy, tes amis t’appellent Samos, une raison particulière ?
C’est tout simplement l’œuvre du président Sébastien Chabannes. A l’époque où il était joueur, il avait la manie de chercher des surnoms à tous ses coéquipiers. Pour moi ce fût Samos, et depuis c’est resté.

Tu n’as connu qu’un seul club, le GSMHGUC. C’est ta seconde famille ?
Effectivement, après la maison, je passe le plus clair de mon temps au sein du club, j’ai même les clés du gymnase.

Bendjaballah GSMHGUC

Depuis combien de temps joues-tu au hand ?
Depuis l’âge de sept ou huit ans.

Pourquoi le hand Samy ?
Mon enseignant de CP, M Sanchez, était président du club de hand de Grenoble. Il m’a repéré en cours d’EPS et m’a proposé d’intégrer le club. Jusqu’à l’âge de 14/15 ans, j’ai pratiqué parallèlement le hand et le foot à l’USVO. Ensuite je me suis orienté uniquement vers le hand.

« Par amour du sport »

Tu cours partout. Tu es certain d’avoir 35 ans, ce ne serait pas plutôt 25 ?
Non, non c’est bien 35 (rires). La barrière de l’âge, c’est psychologique. J’ai une très bonne hygiène de vie et surtout une activité physique presque quotidienne. Je ne peux pas me passer de sports. Le mercredi par exemple, c’est repos avec le hand. Du coup j’en profite pour aller dans une salle de sport parfaire ma condition. Régulièrement je pratique de la natation. L’été, je m’entraîne avec des jeunes du club. Toujours, toujours du sport, j’aime ça. C’est pour cette raison que sur le terrain j’avale les kilomètres.

Qu’est-ce que tu préfères le plus dans le hand ?
On évolue très rapidement d’un état de défenseur à un rôle d’attaquant. On peut, en deux ou trois secondes, passer d’une cage à l’autre. C’est cette vitesse dans le jeu ainsi que les contacts qui me plaisent le plus dans ce sport.

Il y des équipes que tu ne portes pas particulièrement dans ton cœur ?
Non, pas spécialement. Il y a surtout de la rivalité avec les équipes de la région, Valence ou Montélimar. Mais cela reste dans le domaine sportif.

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Tu es le plus ancien de l’équipe, entouré de petits jeunes. Ce n’est pas trop difficile ?
Franchement non. A l’entraînement comme en match, je joue comme un jeune joueur, sans jamais chercher à m’économiser. Heureusement que le coach me gère et m’accorde des plages de repos.

Quel est ton principal trait de caractère sur un terrain ?
Je suis quelqu’un qui ne lâche jamais rien, que l’on soit à +5 buts ou -5, je garde toujours la même intensité. Il y a sept ou huit ans en arrière, j’étais plus focalisé sur l’attaque. J’avais souvent la chance d’être parmi les meilleurs buteurs de l’équipe. Maintenant, je suis plus orienté vers la défense, et dans mon jeu, je mets beaucoup d’agressivité défensive.

Quelle est la principale force de l’équipe ?
Nous nous basons sur une défense hermétique. Si nous n’arrivons pas à être solide derrière, c’est très difficile de s’imposer. C’est un peu le profil de notre défaite ce weekend face à Amiens.

Hand GSMHGUC

Et sa faiblesse ?
Notre équipe récupère beaucoup de ballons et joue rapidement vers l’avant, en contre-attaque. Quand il faut placer nos attaques, nous sommes un peu moins en réussite. C’est d’autant plus vrai en Playoffs, où nous avons à faire à de gros gabarits et des adversaires qui ont tous une expérience du haut niveau. Quand on tombe sur une défense en 6/0 avec des joueurs de 2 mètres, nous avons plus de difficultés.

« Une grosse cohésion de groupe »

Votre défense est votre point fort. Pourtant, vous n’êtes pas l’équipe la plus impressionnante physiquement. Comment compensez-vous ?
Tout simplement grâce à la cohésion de groupe. Aziz Benkhala insiste beaucoup sur ce point et travaille beaucoup sur la défense.

Tu t’attaches à insuffler cette agressivité défensive. C’est le sens de ton discours avant les matchs ?
De mon côté, j’essaye de montrer l’exemple. Je les motive. Mon discours n’est pas une causerie de gladiateurs, mais presque. J’essaye de faire passer le message que nous sommes partout à la maison, que Grenoble a toujours eu une tradition défensive, et que nous ne devons pas trahir nos valeurs. Défendre n’est pas un rôle ingrat. Chaque ballon compte et chaque possession est chèrement gagnée, alors il ne faut pas la gaspiller en attaque.

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On te voit toujours collé au porteur de balle, sans cesse lui mettre la pression et réussir beaucoup d’interception. Tu es le Jackson Richardson du GSMHGUC ?
C’est trop d’honneur (rires). Disons que quand j’étais plus jeune, je le regardais jouer et c’est vrai qu’il m’a inspiré. Comme notre équipe rend plusieurs centimètres à nos adversaires, nous sommes obligés de sortir et monter sur le porteur de balle. Du coup, je profite de ma vitesse et de mon expérience pour tenter des interceptions. De plus, depuis le temps que je joue face à certains adversaires, je commence à bien les connaître, ça peut aider.

Eux aussi connaissent donc ton jeu ?
Effectivement, c’est à double tranchant. J’arrive à lire le jeu de certains joueurs, mais c’est aussi le cas pour eux. En plus maintenant, avec la vidéo, on arrive à étudier beaucoup de combinaisons des équipes adverses. Par exemple, de mon côté, je ne tire plus les pénaltys car les gardiens me connaissent par cœur. Alors je laisse ça aux plus jeunes (rires).

On sent un groupe soudé où chacun fait les efforts pour le copain. Tu confirmes ?
Oui tout à fait. L’entraîneur, de par ses discours, nous conditionne pour ça. En tant que capitaine et ancien de l’équipe, j’essaye aussi d’œuvrer en ce sens. Nous sommes une équipe où chacun a son rôle à jouer. Parfois, une absence ou une méforme et c’est le grain de sable dans la machine. C’est un peu ce qui s’est produit face à Amiens. Mentalement, l’équipe n’était pas bien, fébrile. Nous n’avons jamais réellement réussi à entrer dans la partie. Mais c’est vrai que notre équipe est très soudée, capable de faire de très belles choses.

Votre rituel d’avant match dans les couloirs semble très important. C’est un bon indicateur sur le résultat final ? Tu arrives à sentir l’implication du groupe dans ces moments-là ?
Oui, on voit tout de suite ceux qui sont motivés, ceux qui trichent ou non. Après chacun a sa façon de faire. Il y a ceux qui sont plus calmes comme les gardiens, et les autres qui aiment bien extérioriser, pousser, crier. Chaque début de match, c’est comme ça. Il faut que je les réveille, que je sente qu’ils sont motivés, prêts à attaquer la partie. Ce qui est agréable, c’est que les remplaçants font preuve d’autant d’envie que les titulaires.

Samy Bendjaballah GSMHGUC

Contre Amiens, vous avez fait la mauvaise opération. Nice et Vernon ont gagné. Vous pointez à 4 points au classement. Il reste des espoirs de montée ?
Chaque confrontation possède sa vérité. On essaye de toujours s’impliquer et de tout donner sur chaque match. L’objectif est de continuer à s’améliorer mais ce n’est pas si simple, car le sport réserve toujours une part d’incertitude. Aucune équipe n’est à l’abri d’un coup de moins bien ou d’une blessure d’un joueur cadre par exemple. Nice et Vernon non plus. Nous devons encore tout donner tant que mathématiquement rien n’est fait. Même si l’objectif des deux premières places était hors de portée, nous serions dans l’obligation de nous battre jusqu’au bout, surtout à domicile, pour remercier tous les bénévoles et tous les gens qui nous soutiennent.

Samedi, vous vous déplacez justement chez le leader Vernon St-Marcel. Le match aller avait été tendu. Vous êtes attendus là-bas. Comment appréhendez-vous cette confrontation ?
Pour l’instant, sans pression particulière. Le jeudi, nouscommençons rentrer progressivement dans le match et nous plonger dans ce déplacement. Aziz va devoir trouver les mots pour reconcentrer et ressouder le groupe, chose jamais facile après une défaite. Surtout que nous étions sur une bonne dynamique et que ce revers marque un coup d’arrêt. C’est aussi mon rôle d’aider les gars à relever la tête et d’oublier ce non match face à Amiens.

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C’est le tournant de la saison ?
J’ai envie de dire oui. Disons que c’est un des tournants. Une victoire à Vernon nous relancerait dans la course à la montée.

« Jouer encore deux ou trois ans »

Quel bilan tires-tu de cette phase aller des Playoffs ?
Il y a plusieurs résultats qui me restent en travers de la gorge avec notamment des défaites ou des nuls qui ne se jouent à pas grand-chose, une erreur d’arbitrage, un échec face au gardien. Je pense à la claque reçue chez nous face à Nice, ou encore le résultat nul à Amiens. Nous avons la balle de match à 20 secondes de la fin. A Vernouillet aussi, nous menons de 5 buts et l’arbitre nous sanctionne injustement de deux fois 2 minutes. Si on fait la somme de toutes ces petites choses, nous serions en meilleure position au classement. Ça se joue souvent à pas grand-chose.

Samy, les spectateurs de Pablo Néruda auront encore longtemps la chance de te voir  défendre les couleurs du GSMHGUC ?
Tant que mon corps peut suivre, et vu que l’entraîneur arrive à me gérer correctement, j’espère encore durer deux ou trois ans.

Aziz Benkahla est élogieux à ton égard. Il dit de toi que « tu es un guerrier extrêmement généreux et que tu donnes tout pour l’équipe. Tu es un élément moteur apprécié de tous ». Une réaction à ces belles paroles ?
C’est gentil de sa part. Aziz a pris le train en route et il a pu voir ce que je pouvais apporter pendant et hors les matchs. J’essaye de contribuer à la réussite du club en lui donnant parfois mon avis. Ensuite, c’est lui qui décide ce qui est le mieux pour l’équipe.

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C’est un ancien joueur. Tu as déjà eu l’occasion de jouer contre lui ?
Oui, une fois. Aziz était un défenseur impressionnant au poste 3. Il était solide et mettait de grands tampons (rires). Il a fait de la D2, de la D1, deux montées. Un très bon joueur.

C’est un passionné qui vit le match intensément sur le bord du terrain ?
Il vit le match avant, pendant et après. On reçoit des mails le dimanche pour le planning de la semaine ainsi que des comptes-rendus, ou encore des séquences vidéo sur les gardiens que nous allons affronter. C’est un coach passionné. J’en ai vu passer des entraîneurs, et Aziz est à ranger dans la catégorie des gros travailleurs. Il s’investit énormément pour le club.

« Transmettre tout ce que j’ai appris »

Entraîneur, cela te tenterait ?
Oui, j’ai commencé à passer mes diplômes. J’ai envie de transmettre tout ce que j’ai appris. A la fin de ma carrière sportive, il est prévu de seconder Aziz comme entraîneur adjoint. D’ici quatre ou cinq ans selon lui. Je ne sais pas si mes jambes tiendront encore tout ce temps (rires).

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Samy, pour la dernière question, aurais-tu envie de faire passer un message à tes partenaires et aux supporters, même sortir des dossiers sur tes coéquipiers ?
A mon équipe, je dirais de rester humble et toujours travailler, même dans l’ombre. A un coéquipier, on va dire à monsieur Hakim Malek qui s’entraînait déjà avec moi quand il était tout jeune, d’arrêter de s’énerver et de mettre moins de cœur à l’ouvrage à l’entrainement, il comprendra (rires). Enfin aux bénévoles et aux supporters, je les remercie de leur soutien et j’espère qu’ils seront encore plus nombreux dans les années à venir.