Thibaut Stella (CR Chartreuse) : « Pour des « petits » rugbymens comme nous, c’est énorme, c’est vraiment le Graal »

Le CR Chartreuse vit une saison historique. Officiellement promus en Promotion d’Honneur, les isérois veulent maintenant décrocher le bouclier de 1ère série. Opposé à Faucigny, le CRC n’aura pas la tâche facile. Pour #LSD, le capitaine Thibaut Stella s’est confié sur cette rencontre et sur la saison du club. 

Pouvez vous présenter votre équipe et votre parcours cette saison ?
Après des saisons précédentes faites de hauts et de bas, l’équipe s’est créé il y a deux ans en 3ème série sous l’impulsion d’une nouvelle présidente (Alexandra Pellegrini) et de nouveaux entraîneurs (Jacques Gouillet, Benjamin Besson et Laurent Dodos) qui avaient emmené avec eux quelques joueurs. Dans le passé, nous avions remporté quelques Boucliers des Alpes, mais sans jamais dépasser le niveau des séries régionales. Cette saison est donc quoi qu’il arrive historique pour le CRC, puisque nous avons atteint l’objectif que nous nous étions fixés, c’est à dire la montée en Promotion d’Honneur. Enfin l’objectif que nous avaient fixé les entraîneurs surtout (rires). En début de saison, en tant que promu à ce niveau, on ne savait pas vraiment où nous mettions les pieds. Cela nous semblait délicat de jouer les premiers rôles mais au fil des matchs, nous nous sommes mis à gagner, jusqu’à terminer deuxième de poule, ce qui nous a permis de disputer la demi-finale contre le Môle. 

Justement, comment s’est passée cette 1/2 finale ?
Nous étions conscients que les deux matchs seraient indécis puisque le Mole était venu gagner chez nous d’un point et que nous avions remporté le retour chez eux d’un drop à la dernière minute. C’est justement ce match qui nous a donné l’avantage de recevoir au retour. En demi-finale aller, nous sommes mieux entrés dans la partie que nos adversaires, ce qui nous a permis de compter déjà une belle avance à vingt minutes de la fin. Malheureusement et comme d’habitude, nous nous sommes reposés sur nos lauriers et au final, nous n’avons gagné que de neuf points. Ces points n’ont malgré tout pas été de trop. Au retour, nous avons encore gagné, 22-17. Mais la fin du match a été très longue. Si nous avions encaissé un essai transformé dans les dernières minutes, le Mole se serait qualifié aux points terrains… Il faut dire que pour tenir, le soutien de notre public a été énorme. Je n’avais jamais vu autant de monde au stade à Saint-Laurent, c’était énorme. On va dire qu’on a gagné comme des viandards.. 

A quel genre de match vous vous attendez samedi ?
A une vraie finale ! Faucigny a terminé la phase régulière en tant que leader invaincu, et c’est amplement mérité. Ils sont venus chercher le match nul chez nous et nous avions pris 35 points chez eux.. Difficile donc de se présenter en favori face à eux. C’est vraiment une équipe complète, qui ne présente aucune faiblesse avec des individualités qui les tirent vers le haut. Après une finale reste une finale. On espère juste qu’avec le coeur et le soutien de notre public, nous serons capables de créer la surprise. On ne veut surtout pas décevoir tout ceux qui se déplaceront et surtout notre mascotte Poum Baah. On aurait trop peur qu’il nous fasse la gueule. 

Que représente pour vous une finale à Lesdiguières ?
Pour des « petits » rugbymens comme nous, c’est énorme, c’est vraiment le Graal. Lesdiguières, c’est un lieu légendaire, c’est l’antre historique du FCG. Lorsqu’on évolue là-bas, il n’y a pas besoin de se taper sur la tête contre les murs pour se transcender, cela vient tout seul. J’ai eu la chance de disputer quatre finales dans ma petite carrière, d’en remporter quelques unes. Je sais seulement que ce sont des journées exceptionnelles.

Quels sont vos objectifs pour les championnats de France à venir ?
Passer un tour ! Cela peut paraître peu ambitieux, mais pour notre club, ce serait historique. A chaque fois que nous nous qualifions, nous perdons dès notre entrée en championnat de France. On espère faire mieux cette fois-ci. Si ça veut sourire, on verra. Ce qui est certain, c’est qu’on ne prend pas du tout les phases finales à la légère. La preuve, c’est que certains joueurs qui ont subi des blessures en 1/2 finale ont fait le choix douloureux de renoncer à la finale des Alpes pour attaquer les phases finales à 100% de leurs moyens. Rien que pour eux, on se doit de donner le meilleur samedi contre Faucigny.

Crédit photo : Martin Morel