Rugby, 20 ans jour pour jour: L’Italie battait la France à Lesdiguières

Les souvenirs sont impérissables, malgré les années qui passent à la vitesse du son. Ce France-Italie du 22 Mars 1997, à l’entame du Printemps, quelques semaines seulement après un grand Chelem français dans le tournoi des V Nations, s’annonçait comme un accueil des héros rugbymen français et une grande fête du rugby alpin et transalpin. Grenoble, terre d’accueil historique des exilés italiens, quelle belle destination pour la Squadra Azzura pour défier les tricolores.

A l’heure où la participation des italiens au tournoi des VI Nations est remise en cause, retour sur l’une des défaites historiques du rugby français, sous les yeux des grenoblois médusés. J’avais 13 ans, et ma famille m’emmenait pour la première fois de ma vie voir l’équipe de France en test match international. Le rugby, au stade, un jour parfait. Les français venaient à Grenoble, et ne devaient faire qu’une bouchée d’une équipe nationale italienne pas vraiment dans les standards mondiaux. Les Dal Maso, Tournaire, Merle, Benetton, Pelous, St André ou encore Sadourny marchaient sur le toit de l’Europe. Ce samedi, ce n’était qu’une formalité.

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Une semaine après un Grand Chelem conclu de haute voltige en Ecosse (victoire 47-20), les Bleus, encore surement la tête dans les vapeurs de la fête écossaise, payaient leur manque de préparation. Cinglante défaite 40 à 32 qui allait sceller le sort des italiens: un an après, leur inscription au tournoi des VI nations était entérinée et 3 ans plus tard (2000) leur première participation. Je me souviens de ce match comme si c’était hier. A l’époque, Lesdiguières permettait aux jeunes enfants de s’asseoir sous la rambarde, à quelques mètres des joueurs, le long du terrain, alors que 15 000 personnes avaient pris place dans l’enceinte. Mes héros, à portée de bras. Bien loin de m’imaginer le ras-de-marée que cette défaite aller provoquer.

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Parce que perdre contre l’Italie, en 1997, était encore vécu comme une honte, celle de perdre contre une nation mineure de ce sport. Menés par la charnière Alessandro Troncon-Diego Dominguez, les transalpins avaient bien préparé leur affaire. Vingt points pour le buteur italien, quatre essais pour son équipe. Ce succès allait changer le destin européen de l’Italie. Côté français, si c’était la première sélection du troisième ligne Serge Betsen, rentré à la 59e minute à la place d’Arnaud Costes, le montferrandais et futur biterrois (tiens donc), cette défaite scella la carrière internationale de Guy Accoceberry le bordelo-béglais.

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Si je n’avais pas, à l’époque, le sentiment de participer à une journée historique, je sentais bien que quelque chose de pas normal se précipitait. Lesdiguières, terre d’accueil de succès inespéré et pelouse sur laquelle j’allais évoluer pendant 15 saisons…hasard du destin. Autre hasard du destin: lors de cette même rencontre, trois membres de l’actuelle équipe de LSD se trouvaient au stade. Si Sylvain Prévôt faisait son premier reportage photo, Hugo Galatioto était aussi au bord de la main courante, en fervent supporter de sport et de sport qui se passe à Grenoble. Les italiens, de leur côté, bien content du mauvais tour joué à leurs proches voisins, savouraient l’un des plus beaux succès de leur histoire moderne.

rugby-1997-european-nations-cup-final-francia-vs-italia. from LSD – Le Sport Dauphinois on Vimeo.

Comme si la vie donnait des signes inattendus, le demi d’ouverture titulaire pour cette équipe de France déchue était….David Aucagne, mon actuel entraîneur du côté de Béziers. A vrai dire, si je n’avais pas assisté à cette rencontre, tout le reste n’aurait peut être pas eu lieu. Rigolo, n’est ce pas?

 

 

Feuille de match: 
A Grenoble, stade Lesdiguières, le 22 Mars 1997, 16h15
15 000 spectateurs
L’Italie bat la France sur le score de 40 points à 32

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Equipes:
FRANCE
Sadourny- Ougier, Delaigue, Bondouy, St André- Aucagne (o)- Accoceberry (m)- Costes (Betsen, 59e), Pelous, Benetton- Miorin, Merle- Tournaire, Dal Maso (Ibanez, 75e) , De Rougemont

ITALIE
Perticle – P Vaccari, Bordon, Francescato (Mazariol, 25), Cuttitta – (o) Dominguez – (m) Troncon (Guidi, 38e-40e) – Sgorlon, Gardner, Giovanelli (cap) – Crocci, Cristofoletto – Properzi, Massimo, Cuttitta