État de forme des Bleus, avenir du staff: Luc Tardif fait le point à 3 mois du Championnat du Monde

À la veille de la finale de la Coupe de France, LSD vous propose d’évoquer les prochains championnats du monde de hockey sur glace, qui se dérouleront en mai en Allemagne… et à l’Accor Hotel Arena de Paris (5 au 21 mai). Le match de demain entre Grenoble et Rouen sera une ultime répétition dans cette arène. Où en est-on, à trois mois de cet évènement planétaire? La réponse de Luc Tardif, le président de la Fédération Française de Hockey sur Glace.

Président, Paris est prêt à accueillir les prochains championnats du Monde?

Il reste des petits détails sur la sécurité, l’équipement, et nous travaillons aussi sur la qualité de la glace. Maintenant, c’est une opération financière d’envergure, il faut vendre des billets. C’est un défi. Nous devons montrer que c’est un sport populaire. La ville de Paris est derrière nous, la région Ile de France et l’Etat aussi. Tout le monde mouille le maillot. C’est un évènement important d’autant qu’il y a également Paris 2024 en tête. Aujourd’hui, il faut que tout le monde prenne conscience du challenge qu’on a. Les allemands achètent leurs places plus en amont. Nous, nous sommes des latins, et nous nous y prenons plus tard. Le message que j’aimerais faire passer est: « N’attendez pas le dernier moment pour les billets ». Il faut savoir que l’on a voulu calibrer les prix pour que ce soit accessible à partir de 9 euros. On doit être les moins chers depuis les 5 dernières années en championnats du Monde. Avec la finale de la Coupe de France ce dimanche, nous lançons la vente des billets en individuel. Il faut que tout le monde joue le jeu car il n’est pas certain que l’on soit en vie aux prochains Championnats du Monde en France.

Et sur le plan sportif, comment jugez-vous cette équipe de France?

On est dans un virage avec des joueurs qui vont vivre leurs derniers championnats du monde comme Cristobal Huet. Il a fait de cet évènement un objectif. On a Stéphane Da Costa qui est revenu au jeu et qui marche pas mal. On suit aussi nos joueurs de la Ligue Nationale. On leur souhaite de bons résultats mais pas trop (rires). Disons qu’on les veut aux Championnats du Monde. Et puis on a abordé un virage pour l’avenir avec deux gamins de 18 ans à peine.

Et parmi eux, le grenoblois Alexandre Texier…

Oui, ça a été un baptême du feu pour lui au dernier Tournoi des Quatre Nations. On n’est pas totalement surpris de ses performances. C’est dans les matchs comme ça que l’on ménage les plus anciens. Il s’est frotté au plus haut niveau, les premiers tests ont été intéressants. Après les places seront chères en Championnat du Monde. Je ne présume rien de la sélection, ce n’est pas moi qui vais la faire mais l’idée était de lui faire toucher le haut niveau. Il ne faut pas qu’il saute des étapes non plus. Beaucoup de clubs s’intéressent à lui. Il est drafté comme d’autres l’ont été avant lui avec plus ou moins de succès. En tout cas, ça me plaît qu’il continue sa formation en France et qu’il ne parte pas trop tôt à l’étranger. Trop de jeunes joueurs sont partis tôt dans de mauvaises conditions. Il y a au moins une quarantaine de jeunes qui sont partis en Suisse et qui ont disparu dans la nature.

Un petit mot sur la doublette Dave Henderson et Pierre Pousse qui est à la tête des Bleus depuis un moment et qui a permis à cette équipe d’avoir des résultats. Quel sera leur avenir après ces championnats du monde?

Nous avons un engagement avec eux jusqu’en juin 2018. La question pour le moment ne se pose pas. L’un comme l’autre, on a l’habitude de respecter nos contrats. La question s’était déjà posée lors de précédents championnats du Monde où leur contrat se finissait. Mais ils avaient tellement bien fait aux championnats du monde qu’il n’y avait aucune raison de ne pas continuer. D’ici juin 2018, nous aurons des discussions avec eux, nous n’attendrons pas le dernier moment. On a même déjà commencé à discuter mais c’est un rapport de confiance avec ce staff qui a beaucoup d’années en équipe de France. Contractuellement, et ce sont des faits, ils sont donc en place jusqu’en juin 2018.

Photo: Pierre-Yves Beaudouin

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