Elisa Guiguet: « Des filles fières et combattantes»

S’il en est une qui représente l’état d’esprit des Amazones, c’est elle. A 19 ans, elle fait l’unanimité auprès de ses partenaires. Elisa Guiguet joue première ligne, pilier. A droite ou à gauche, peu importe. Le genre de joueuse que l’on préfère avoir à ses côtés et sur qui on peut compter les yeux fermés. Toujours la première au combat, elle connaît le don de soi pour faire avancer son équipe. Ses charges ou ses placages provoquent les clameurs de Lesdiguières. Elle pousse en mêlée, ramasse et percute. Mais pas que. « La Guigue » répond aussi aux questions de LSD et nous dévoile une bonne vivante pleine d’humour. Portrait d’une internationale de moins de 20 ans, une jeune Amazone en devenir…

Elisa, tu as une devise personnelle?
Je dirais de ne jamais abandonner.

Je pensais aussi à un ancien slogan du FCG qui semble te correspondre: « Mieux vaut te supporter que de t’affronter », tu valides?
(Rires)Oh oui, j’aime bien aussi, c’est sympa.

Quel est ton parcours sportif?
J’ai commencé à jouer avec les garçons au RCTP (Rugby Club Touvet Pontcharra) pendant dix ans. J’ai par la suite signé un an aux Coccinelles. Jo (NDLR Joan Mac carty, coentraîneur) m’a sollicitée pour rejoindre Sassenage. Chose faîte, et maintenant je suis heureuse d’être une Amazone au FCG.

D’où vient ton état d’esprit d’Amazone?
Je pense que c’est naturel. Et puis, nous sommes un bon groupe, une équipe soudée composée de bonnes copines, de filles fières et combattantes.

Elisa, ta plus grosse qualité?
Je dirais ma puissance.

Et ton plus gros défaut?
Ma fainéantise (rires).

On dit aussi que tu as un caractère bien trempé et que tu n’hésites pas à dire ce que tu as sur le cœur. C’est pas trop gênant dans le groupe?
Non, pas du tout. On ne prend pas de pincettes pour se dire les choses. C’est plus sain, ça fait avancer. On se dit ce qu’on a sur le cœur et on passe à autre chose.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ton poste de pilier?
J’apprécie de toucher beaucoup de ballons. J’aime les mêlées, arracher les balles, percuter…en fait, toutes les spécificités de ce poste.

Comment se passe ta préparation d’avant match?
On se retrouve entre premières lignes, puis J’ai mon rituel avec Margaux (NDLR Donzel, capitaine). Elle me demande :  «Bon, la Guigue, t’es prête?» C’est le signal de départ, le petit mot qui me signifie que je dois répondre présente. A partir de là, je rentre dans mon match.

Croiser le regard des adversaires dans le couloir, ça te galvanise?
Oui, bien sur. On se croise, je les fixe bien droit dans les yeux…ça veut dire ce que ça veut dire.

Sur un terrain, une action qui te fait particulièrement plaisir?
Plaquer, ça c’est le truc que j’aime beaucoup. Généralement, quand je mets un gros placage, c’est que je suis un peu énervée, et ça me fait du bien (rires).

Comme le gros tampon face au Stade Français?
Oui, j’étais bien agacée. Elles couraient dans tous les sens et cela faisait un petit moment que je n’arrivais pas à en «choper» une. Du coup, le placage d’après, j’y ai mis tout mon cœur…(rires).

Et une action qui t’énerve?
Disons que je suis assez impulsive et les filles d’en face, qui me connaissent un peu, ont tendance à me titiller pour que je réagisse. Cela m’agace, mais c’est à moi de ne pas tomber dans leur piège.

Tu joues souvent en seconde période. Une raison à cela?
En premier lieu, Marine (Camoin) est une très bonne joueuse. Ensuite, je ne tiens pas encore un match entier à 100%. Quand je ne joue qu’une mi-temps, cela me permet de me livrer à fond, sans calculer.

Quel est ton rêve dans le rugby?
Ce serait sympa d’être en équipe de France Sénior.

Si on analyse la première partie de saison. Pourquoi l’équipe est si forte?
Je ne pense pas que l’on puisse dire que nous sommes si fortes. Nous avons un groupe uni qui dialogue beaucoup et qui aime ce sport. On parle rugby et on pense rugby. Nous ne sommes pas des surdouées, nous sommes de grosses travailleuses et tout ce qu’on obtient, c’est parce que nous bossons dur à l’entraînement. Et encore, tout n’est pas parfait. Nous avons une marge de progression importante.

Qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter de plus sur cette seconde partie de saison?
Ce serait bien que l’on puisse tout gagner et qu’on arrive enfin à monter en Top 8. On a envie de franchir un cap. Il y en a un peu marre de rester en Armelle Auclair (rires).

Quel match attends-tu avec impatience?
Je dirais Bayonne. J’ai un peu hâte de jouer contre elles.

Tu commences à regarder un peu ce qu’elles font ou pas plus que ça?
Déjà, je me dis qu’on va essayer de finir la saison régulière en essayant d’être invaincu, puis ensuite il faudra penser à autre chose. On voit les résultats de Bayonne. Elles sont invaincues comme nous. On connaît des filles qui jouent là-bas, donc c’est vrai que dans un petit coin de notre tête, on y pense. Ce sera un beau défi.

Tu as joué aux Coxs du GUC et vous allez bientôt croiser leur route en championnat. C’est un match spécial pour toi?
Oui, un petit peu. Ça reste un derby mais nous n’avons pas de rivalité particulière avec les Coxs. On discute souvent avec elles et on les soutient. Même si c’est compliqué, j’espère qu’elles vont réussir à s’en sortir et gagner des matchs. Elles n’en sont pas loin car on voit qu’elles progressent à chaque sortie.

Pour conclure, as-tu un message à faire passer à tes supporters, partenaires ou staff?
Je suis très contente de jouer avec ces filles là. Je suis ravie de ce nouveau staff, c’est vraiment génial tout ce qu’ils nous apportent. Je remercie aussi toutes les personnes qui nous supportent. Quand à notre fin de saison, advienne que pourra…