Eric Pilaud, président du FCG, ouvre les dossiers chauds pour LSD – Partie 1

C’est le nouvel homme fort du FCG, Eric Pilaud, président du conseil de surveillance, a annoncé prendre la suite de Marc Chérèque à la tête du club. Il répond aux questions de LSD sur tous les sujets chauds du moment.

 

Eric, pourquoi ce timing dans votre annonce?
Depuis que Marc Chérèque a annoncé qu’il voulait prendre un peu de recul, on avait mis en place une formule de travail où je prenais les décisions. Même si le trou s’est agrandit, on a bien vu que les abonnements étaient mal partis. Cette conférence de presse, c’était pour officialiser notre mode de fonctionnement. Au club, personne n’a de problème d’ego, on s’en fout de qui est qui, président ou pas. On veut relancer une dynamique à la fois à court terme et à long terme sur le projet du club.
La vérité, c’est que c’est Marc Chérèque qui est venu me voir avant la conférence de presse pour me dire « je pense que, de la même façon qu’il y a un geste des joueurs, il faut que symboliquement, on annonce que c’est toi le patron et qu’on officialise notre mode de fonctionnement ».

N’aurait-il pas été plus judicieux de communiquer à l’intersaison?
Peut-être… On n’est pas très crispé là dessus. On avait l’impression qu’en travaillant bien et dur, on prendrait le virage progressivement. Après si tu me dis qu’on aurait dû s’y mettre au 1er juillet…Oui, sans doute.

Le déficit de 800 000 euros en fin de saison dernière ne donnait-il pas une idée des pertes de cette saison?
Il y avait un élément qui est récurrent cette année encore, le coût du Stade des Alpes et de ce qui est autour. Mais on avait déjà un certain nombre de mesures qui nous permettaient de réduire le déficit.
D’autre part on a fait deux hypothèses. La première c’est que le partenariat serait stagnant, en très légère progression et que la billetterie serait au-dessus de l’an dernier, mais plus bas que les saisons précédentes. De plus, on pensait que si on redémarrait la saison correctement, sans être si ambitieux concernant la billetterie comme il y a deux saisons, on devait pouvoir améliorer légèrement les choses. Ce sont deux hypothèses qu’on a eu en début du championnat et elles sont complètement fausses.

 

« Ce sont deux hypothèses qu’on a eu en début du championnat et elles sont complètement fausses. »

 

L’environnement du club de Grenoble s’est souvent targué d’être different et le bon élève financier des clubs du Top-14… Ce n’est plus l’image renvoyée…
J’accepte cette critique. Je pense qu’il y a deux choses. On a un modèle vertueux, ça n’a pas changé. Vertueux parce qu’on n’a pas tendance à faire appel à des mécènes qui comblent les trous plusieurs fois par an. On a essayé de développer nous-mêmes nos ressources parce qu’on a compris que certaines collectivités locales ne nous accompagneraient pas partout. Mais outre les difficultés liées au stade, nous avons aussi un groupe sportif qui est large, avec une masse salariale plus élevée. Le temps que les jeunes s’aguerrissent, on a gardé beaucoup de joueurs sous contrat.

Revenons à la question des stades… Êtes-vous à jour de vos règlements pour le Stade des Alpes?
Oui, on paye nos échéances. On paye en plusieurs fois le stade. On paye nos fournisseurs y compris le Stade des Alpes. On a de la trésorerie, on a de quoi faire face à nos échéances.

 

« On a de la trésorerie, on a de quoi faire face à nos échéances. »

 

Est-ce que Grenoble jouera tous ses matchs au Stade des Alpes l’année prochaine?
Pour le moment on n’a pas beaucoup de choix. On a vendu toutes nos prestations dans une configuration Stade des Alpes. Si on revenait au stade Lesdiguières, ça voudrait dire qu’on dégrade les prix pour le public et nos partenaires.
Au final on paye encore les amortissements sur les investissements à Lesdiguères qui sont pas ou peu utilisés, tout en payant ceux du Stade des Alpes. On perd 2 fois. Concernant le nouveau village des partenaires, on doit un loyer et en plus une taxe d’occupation des sols. Non, seulement, on n’est pas aidé par la mairie de Grenoble, mais en plus ils récupèrent 56000 euros de taxes!

La présidence Pilaud va être celle du retour à Lesdiguières?
Je n’ai pas de tabous. Ce que je veux c’est que le club vive. Donc on prendra la meilleure solution pour nos supporters et nos partenaires, celle qui sera viable financièrement.

On parle également d’un stade hors agglomeration. …
Pourquoi pas? On regarde tout. Le projet de Lesdiguières ce n’est pas juste un agrandissement des tribunes. C’était aussi un projet économique. C’est-à-dire le projet d’aménagement d’un quartier qui est aujourd’hui assez désertifié avec des zones commerciales, des animations, etc. Et ça nous permettrait de commercialiser la surface. Ce qu’on veut, c’est revenir vers un modèle vertueux et rigoureux, en prenant la décision économiquement meilleure pour le club à long terme.

Il pourrait y avoir le projet Lesdiguières 2.0?
Absolument.

Vous avez annoncé être moins aidé par les collectivités que le LOU, pouvez-vous préciser?
Très clairement, si je dois faire un classement, la région Rhône-Alpes-Auvergne ne nous donne quasiment rien, 8000 euros de mémoire. On est le dernier du Top-14 et on est beaucoup plus bas que le LOU, Clermont et j’ajoute Bourgoin. On a pris contact avec le Conseil régional, on a travaillé avec eux là dessus.
Deuxièmement, la mairie de Grenoble nous aide moins. Il y deux manières pour une collectivité d’aider : l’achat de prestations au club professionnel et les subventions à l’association pour la formation. Chaque année ces dotations ont été réduites significativement d’un côté ou de l’autre. Chaque fois que l’association reçoit moins de subventions de la mairie de Grenoble, c’est le club professionnel qui compense. Aujourd’hui j’affirme que nous sommes le club pour lequel la mairie aide le moins dans tout le Top-14.

Allez-vous être un président volontairement détaché du sportif comme Marc Chérèque?
Je ne suis pas détaché du sportif au sens où je discute avec Bernard Jackman, je discute avec les formateurs du centre de formation pour comprendre leur stratégie. C’est comme dans une entreprise, mon patron de la recherche et développement est plus compétent que moi en recherche et développement. Je ne vais pas lui dire ce qu’il faut faire. En revanche, en tant que président, j’ai le devoir de le questionner. J’ai le devoir de lui demander quelle est sa stratégie. Ce n’est pas moi qui vais cibler les joueurs à recruter. En revanche, je pose des questions et on en discute.

FCG Chérèque Pilaud Martinez

Quel est l’impact de Fabrice Landreau dans la nouvelle situation du club?
Il y a 4-5 ans, Fabrice nous a dit au conseil de surveillance, « je veux m’entourer de gens plus compétents, moi en tant que chef d’orchestre, et je veux que ces gens grandissent ». Il a recruté Bernard Jackman, il m’a expliqué qu’il était beaucoup plus pointu que lui sur les plans tactiques et techniques. Il voulait en faire son bras droit. 
Au début, en ProD2 et dans les premières années du Top-14, Fabrice était très impliqué avec l’équipe professionnelle au détriment de la formation. Depuis deux saisons, on a dit à Fabrice que le projet devait évoluer. Au début de la saison dernière on a donc clarifié les rôles après un feed-back des joueurs qui avaient l’impression d’avoir trop de discours.
Bernard et Fabrice sont différents. Fabrice n’était pas sur le terrain pendant les entraînements, mais il est resté quand même le patron de Bernard. Et j’ai vu de vraies discussions sur l’équipe entre eux.
Quand il nous a annoncé qu’il ne souhaitait plus continuer, on s’est dit qu’il nous fallait un homme pour les 3-4 prochaines saisons. Avec 20 joueurs en fin de contrat, il faut que l’entraîneur de la saison 2017/2018 puisse choisir son groupe. On a interviewé un certain nombre de candidats dont Bernard et on a retenu qu’il était le meilleur. Au passage, Fabrice était impliqué dans ce processus et lui aussi a voté pour Bernard.

 

 « C’est Fabrice lui même qui a supprimé son propre job! »

 

Mais pourquoi ne pas annoncer ça en fin de saison dernière?
Ça, c’est la 2ème étape. On a demandé à Fabrice de se concentrer sur l’intégration des jeunes. Il a commencé à travailler sur le sujet et il nous a émis un rapport à la fin de l’été. Quand on l’a regardé, on va vu que le boulot avait été fait. Ensuite des gens comme Franck Corrihons, David Dussert et Bernard Jackman étaient tout à fait capables de se coordonner sans lui pour exécuter le plan. Il n’y avait pas de raisons pour que Fabrice tourne en rond dans son bureau sans rien faire. En quelque sorte, c’est Fabrice lui même qui a supprimé son propre job!

Revenons à votre présidence, qu’on peut appeler « à distance »?
Je suis tous les matchs en direct! J’ai Bernard, Marc, Michel, ou Andrew après chaque match par sms ou par téléphone. Je revois une deuxième fois le match sur les logiciels des coachs.
Je suis souvent à Grenoble mais j’ai aussi appris à travailler à distance. Je reviens faire le plein d’émotions dès que possible.

Au niveau administratif, Guillaume Gouze a été recruté pour le projet Lesdiguières, quel est son rôle maintenant?
Il gère quand même tout l’administratif. Il a aussi aidé à tout l’aménagement sportif dans le centre d’entraînement. Aujourd’hui on a besoin d’un directeur administratif d’autant qu’on a toujours un projet de stade. Après je te rassure, les salaires administratifs sont loin des salaires des joueurs.

Et concernant Andrew Farley, dont on vous dit proche?
Andrew est team manager, son rôle est de relier les coachs et les joueurs, de gérer tous les petits problèmes du groupe. C’est un relai, parfois ça évite qu’un joueur parle directement au coach. Par exemple, si un joueur n’est pas à l’aise dans ce nouveau pays, Andrew, qui parle parfaitement les deux langues, est une pièce importante.

——————-

 

Retrouvez demain la partie 2, avec un focus sur le sportif, la gestion du cas Begon, les salaires des joueurs…

 

Laisser une réponse

XHTML: Tags utilisables: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Automobilite