Je laisse mon Tour

Ca fait un an que j’attendais ça. Trois semaines d’émotion, de sueur et de rebondissements en cascade. Mon Tour de France revenait, comme chaque été, 22 ans après mes premiers émois sur la Grande Boucle. On m’a vendu un tableau de rêve: Nibali, Quintana, Pinot, Froome, Valverde ou encore Contador. J’y ai cru, et tous les après-midi, j’étais branché sur la télé pour vibrer aux images des exploits des champions cyclistes. Comme chaque mois de Juillet.

Et je ne vous cache pas que trois semaines après son commencement, ce Tour de France 2016 m’a laissé un goût de reviens-y pas. Qu’est ce que c’était monotone, sans peps. Je dois vous l’avouer, je me suis ennuyé. D’abord parce que la plus grande compétition cycliste du monde a boudé notre département de l’Isère et ça, j’ai pas trop apprécié. Mais surtout parce que cette édition ne m’a laissé que des images de coureurs respectant les consignes de leurs directeurs sportifs ou se calant sur les Watts à respecter (puissance critique à ne pas dépasser sous peine de le payer cher) ou une fréquence cardiaque maximale autorisée.

Vingt trois coureurs seulement n’ont pas fini la course. De mémoire d’amoureux, ça frôle le record. Il est où le panache du type qui part à l’aube et qui explose dans la dernière montée pour finir trente minutes après le vainqueur? Il est où le grand affrontement Contador-Froome-Quintana qui devait faire vibrer les supporters sur ce Tour réservé aux grimpeurs? Franchement, on m’a menti. Tout le monde s’attarde à dire que l’image de ce cru 2016 est la course folle de Froome sur le Ventoux après une chute collective due à une moto qui freine…pour finalement annuler le résultat de l’étape et reclasser le champion britannique dans « son » temps. Personne n’a tenté de déstabiliser le champion britannique et au bout d’une semaine chacun voulait déjà sauver sa place dans les 10. Résultat: 6 coureurs de l’équipe Sky (celle de Froome) dans les 35 premiers du classement. Du pain béni pour les équipiers du champion sortant.

Dans un sport qui tente de séduire à nouveau des sympathisants déçus par des années salies par le dopage organisé d’Armstrong, par le déclassement ou la suspicion de bon nombre de vainqueurs (Contador, Landis, Riis,…) ou encore par le désormais dopage mécanique de vélos électriques, cette version 2016 ne m’a pas vraiment réconcilié avec les vélocipèdes. Vous me direz: qu’est ce que t’y connais toi à la dureté de ce sport? Rien, à l’évidence, mais je suis un fan inconditionnel de cette épreuve qui ne vibre plus et ne me fait plus vibrer.

C’est décidé, c’est la dernière fois que je regardais le Tour de France. Je laisse mon Tour.

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