Union GMC2F/GF38: « Une fusion logique mais amenée de manière incorrecte »

À la rentrée, les sections féminines du GF38 (4ème division nationale) et du GMC2F (D2, deuxième division nationale) ne feront plus qu’un: le GF38. Suite à des réunions organisées au mois de juin entre les équipes dirigeantes des deux clubs, l’union a pu se faire. Mais cela n’a pas plu à tout le monde. Côté joueuses, l’annonce a été diversement appréciée, surtout côté GF38, car qui dit union dit arrivée de nombreuses footballeuses de niveau D2. Mais cette absorption a surtout suscité de l’incompréhension car elle n’a été annoncé aux joueuses et aux entraîneurs du GF38 qu’au dernier moment. Parmi ces derniers, il y a Nathan Limouzin, l’entraîneur adjoint. Pour LSD, il revient sur cette épisode.

Nathan, comment les joueuses et l’encadrement du GF38 ont été mis au courant de cette union entre les deux clubs?

Au mois de juin, nous avions prévu un programme pour l’an prochain avec Stéphane Ripoll, l’entraîneur principal. On commençait le recrutement, des filles voulaient venir, les équipes dirigeantes étaient composées. Et là, le 15 juin, on nous apprend qu’il va y avoir un retournement de situation au niveau des féminines. Le lendemain, on apprend que nos instances dirigeantes sont en train de se mettre d’accord pour des transferts de droit entre le GMC2F et nous. En parallèle, certaines personnes du club de Grenoble étaient en désaccord avec certaines de mes idées et de ma façon de penser. Ils ont décidé de se séparer de moi. Plusieurs dirigeants et éducateurs du GF38 ont décidé de démissionner suite à mon éviction. Ils m’ont soutenu dans mon activité.

Qu’est-ce qui te dérange dans cette union?

Ce qui me dérange surtout, c’est que je pense que la direction savait que ça allait se faire depuis bien longtemps. Ça fait deux mois que la rumeur tourne. En tant que dirigeants, je peux dire qu’il y a eu un gros problème de communication entre la direction du GF38, l’association du GF38 et la section féminine. Ça a été constant dans l’année. On a eu le sentiment pendant deux ans, malgré le travail, d’avoir été mis de côté par certaines personnes. Les féminines ont découvert des gens comme Max Marty ou Alain Fessler le 29 juin. Ils sont venus la fleur au fusil pour nous dire que la fusion était bien.

Pour le football féminin grenoblois, cette union est nécessaire non?

Je trouve que cette fusion est logique. Il faut une structure féminine d’élite. Mais elle a été amenée de manière incorrecte. On a l’impression que nos deux ans de travail n’ont servi à rien. Il y a un vrai manque de reconnaissance. Sur le coup, ça donne envie de tout arrêter. Chose qu’a d’ailleurs fait Stéphane Ripoll. On savait que ça allait se passer mais en si peu de temps…

Quel est l’avenir désormais pour les joueurs et éducateurs du GF38 qui ne vont pas rester au club?

Certaines vont rester car elles ont le niveau. Elles doivent d’ailleurs rester selon moi. Et puis, il y a celles qui n’ont pas le niveau. Enfin, il y en a certaines qui ont le niveau mais qui ne se sentent pas concernées par le nouveau projet individuel, peut-être trop basé sur la performance.

Que retiendras-tu de ton passage au GF38?

Malgré tout, j’ai envie de dire que ces deux ans d’apprentissage m’ont été très utiles dans un domaine que je ne connaissais pas. Je suis passé de joueur amateur à éducateur. Ce n’est pas la même approche et vision du foot. C’est de l’expérience en plus pour pouvoir construire quelque chose ailleurs. Et cela pourrait arriver plus vite qu’on ne le pense, avec le soutien de mes anciens dirigeants, mais également une partie de mes anciennes joueuses.

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