Naming, Brest, Grenoble: Luc Tardif évoque les sujets brûlants pour LSD

Dans trois mois, place à une nouvelle saison de… Saxoprint Ligue Magnus. Ce changement de nom ira de paire avec un changement de formule pour le championnat, avec le passage de 26 à 44 matchs de saison régulière, et la présence de 12 clubs en élite. Pour le président de la Fédération Française de Hockey sur Glace, l’actualité est chargée, entre Brest qui renonce à jouer en Magnus, la mise sous contrôle de la masse salariale des BDL, ou encore la fusion entre Chamonix et Morzine. Pour autant, Luc Tardif le confirme à LSD, tous les clubs seront prêts en septembre pour cette nouvelle formule, et en profite pour évoquer rapidement le nouveau président grenoblois Jacques Reboh, ainsi que le club des Brûleurs de Loups.

Luc, où en est-on à quelques mois du début de la nouvelle formule de la Ligue Magnus? Brest vient en effet de renoncer à y participer, tout le monde est prêt?

La grande inquiétude était la constitution en société. Tout le monde sera prêt à part Nice, qui aura un an pour sE mettre en société car le règlement prévoit qu’à partir du moment où une équipe monte, elle a un an pour se mettre en conformité. Ils vont faire le nécessaire au cours de l’année qui vient.
Ensuite, il y a divers aménagements. On va passer d’un simple aller-retour à un double aller-retour, même si quelque part ce n’est que six matchs à domicile de plus. Cela amène tout de même des aménagements et certains étaient habitués à plus de souplesse. Il y en a qui ont anticipé. Jouer le mardi, le vendredi et le dimanche, nous le savons depuis quatre ans., certains se réveillent un peu tard. C’est le cas de Brest, cela faisait partie du cahier des charges de se mettre en conformité de ce côté-là.
Il reste maintenant les dossiers financiers à analyser. Les clubs vont les rendre le 30 juin, ensuite la commission aura une semaine. Il y a en amont des rendez-vous avec des clubs en difficulté.

Selon vous, les douze clubs vont valider leur présence en Saxoprint Ligue Magnus?

Oui et ce grâce au travail de la commission depuis de nombreuses années. Maintenant, c’est certain qu’il y a des clubs en difficulté, c’est le cas d’un dans votre région mais il y a des adaptations nécessaires, ou des objectifs financiers à fixer pour garantir la pérennité de ces équipes. Mais je suis assez confiant. Après, c’est la commission totalement indépendante qui va nous inquiéter ou nous rassurer là-dessus.

On parle de soucis financiers. Mais, comme à pu le dire le président du club de Brest, il peut y avoir pour certains clubs des problèmes de disponibilité de la glace. Avez-vous des retours d’équipes à ce sujet?

Premièrement, Brest avait un énorme problème car ce qui était demandé n’était pas acceptable par rapport au calendrier. D’autant que lorsque l’on écrit au mois de juin, alors que cela fait quatre-cinq ans que l’on sait que l’on va jouer le mardi, le vendredi ou le dimanche, c’est limite… On sait faire quelques aménagements mais on ne peut pas réorganiser le calendrier en fonction d’un seul club, donc on a eu une petite discussion avec des équipes qui n’ont pas été en contact avec leur mairie et nous mettent devant le fait accompli. Là-dessus, j’ai toujours dit que l’on jouerait à 10 à 11 ou à 12 mais on va organiser le championnat tel que c’était prévu. Mais c’est certain que quand on est pris les doigts dans la confiture comme Brest, on préfère dire que d’autres équipes sont en difficulté… À Bordeaux, c’est aussi une salle de spectacle mais on a réussi à trouver les aménagements nécessaires pour que tout le monde soit content. Le syndicat des patinoires nous a indiqué que l’on ne s’était pas concerté avec eux avant de prendre notre décision de passer à trois matchs par semaine. Mais je ne pense pas que la L1 au foot ou le Top 14 au rugby vont consulter les gestionnaires de stade pour faire leur réforme. Et encore une fois, on ne parle que de six matchs de plus qu’auparavant.

Mardi, vendredi et dimanche seront donc les trois jours où il y aura des rencontres de championnat.

Oui, en sachant qu’il peut y avoir des aménagements qui sont faits, c’était déjà le cas l’an passé avec la bénédiction de la fédération pour reporter un match, par exemple au moment de la Coupe Continentale. Mais parfois, des clubs nous disent qu’ils ne pourront pas s’organiser. Dans ces cas-là, on leur dit « pas de problème, en D1, ça ne joue que le samedi ». Pour prétendre de jouer dans une ligue un peu plus organisée, il faut faire les aménagements nécessaires, anticiper avec la mairie, il faut aussi avoir une municipalité volontaire pour faire du haut niveau. Encore une fois, c’est un an et demi de concertation avec les clubs pour ce calendrier, plus quatre ans de mise au point. Nous avons par ailleurs retardé de deux ans la mise en place de cette nouvelle formule du championnat donc il n’y a aucune raison que l’on vienne changer les règles du jeu au dernier moment.

Sur le long terme, les clubs réussiront à tenir? On peut imaginer une ligue fermée comme aux Etats-Unis dans les prochaines années?

Ça n’a jamais été l’intention du bureau directeur de faire une ligue fermée. On est en Europe et on aura toujours des montées et des descentes. On va d’ailleurs revenir avec un système de montée/descente dès cette année avec une équipe qui sera rétrogradée en D1 et une qui accèdera à l’élite. Après, il y a le bon sens et je prends l’exemple de Villard. Il y a deux ans, le club a estimé que ce serait difficile d’autant qu’un sponsor était parti, et pensait qu’il aurait du mal à assumer en Magnus après avoir étudié le cahier des charges. Villard l’a fait, Morzine et Chamonix l’ont également fait en se regroupant.

Quels sont les objectifs de cette Saxoprint Ligue Magnus à court et moyen terme? Plus de matchs, donc plus de visibilité et donc plus de joueurs étrangers?

C’est marrant car tout le monde dit que ça attirera plus les étrangers mais ce n’est pas ce qu’on vise. On veut que nos joueurs restent ici car ils s’en vont tous à l’étranger car il n’y a pas assez de matchs. Et le problème, c’est qu’on a des jeunes pas encore prêts pour aller à l’étranger et on leur a mis en tête que c’est mieux à l’étranger. On a à peu près 40 joueurs de Savoie et Haute-Savoie qui sont partis en Suisse dans les 7-8 dernières années et on en a qu’un seul qui joue sur une quatrième ligne en équipe de France. Les autres sont passés où? Ils sont partis pas préparés… Les exemples marquants de joueurs ayant réussi ont fait toute leur formation en France et ont même parfois joué en senior en Magnus.
Et avec 44 matchs, on reste encore parmi les championnats qui jouent le moins de matchs. Il faut préparer les joueurs à jouer à une cadence un peu plus élevée. On a vu que les joueurs avaient fini sur les rotules aux derniers championnats du monde. 44 matchs, c’est un minimum. On a toujours dit que la Coupe de la Ligue était faite pour que les clubs jouent un peu plus de matchs. Il était prévu qu’elle se retire pour laisser la place à un championnat avec plus de rencontres.

Un petit mot sur le nouveau nom du championnat: la Saxoprint Ligue Magnus. Quelles sont les raisons de ce sponsor? Il n’est sans doute pas que financier puisqu’il rapporte 200000 euros par saison.

C’est la première démarche marketing fructueuse sur des gens loin du hockey mais qui ont été séduits par le produit. L’objectif de la fédération à moyen ou à long terme, c’est qu’il y ait la création d’une ligue autonome avec un agrément de la fédération pour la disponibilité des joueurs en équipe de France, l’organisation des calendriers également. L’objectif, c’est que la Ligue Magnus se prenne en main. Vous dites que ça rapporte mais je peux vous dire ce que ça coûte de gérer la Ligue Magnus. On a les premières prémices, on a des gens qui commencent à investir dans le hockey sur glace, on a des gens qui viennent de l’extérieur et qui croient au hockey comme Jean-Michel Aulas, monsieur Casolari, ou encore monsieur Reboh qui va sans doute en investir aussi donc c’est nouveau ça.

Vous évoquiez Jean-Michel Aulas. Lyon reste finalement en Magnus, qu’en est-il du Winter Game prévu au nouveau stade de Lyon pour l’hiver prochain?

Pour le moment, je n’en sais pas plus car on a un peu lâché l’affaire, croyant que Lyon jouerait en D1. En tout cas, il y a une volonté de faire et une assemblée générale des clubs où on fêtera les dix ans de la FFHG le 25. On va alors évoquer cela et regarder le calendrier.

Passons à Grenoble. Comment avez-vous accueilli l’arrivée de Jacques Reboh à la place de Stéphanie Carrel-Magnan à la présidence du club?

Le club va rendre le dossier le 30 juin comme prévu et je pourrai alors vous en dire plus. Je ne suis pas encore totalement au courant du dossier pour faire des commentaires. Ceci dit, le fait d’avoir quelqu’un qui prend le relais dans des conditons qui sont difficiles, c’est quand même pas rien, donc ne tirons pas sur l’ambulance.

Les supporters grenoblois peuvent s’inquiéter quant aux sanctions possibles de la commission de contrôle de la FFHG? (La commission de contrôle et de gestion a décidé de placer la masse salariale de la SASP sous contrôle pour la saison 2016-2017, une rencontre est prévue le 20 juin à ce sujet).

Si vous me dîtes qu’ils peuvent s’inquiéter pour leur survie je dis non. Maintenant, on va quand même analyser car il y a des éléments qui n’ont pas été transmis à la commission et c’est plutôt ça qui est un peu embêtant. Mais je ne ferai pas plus de commentaires pour le moment.

Photo: hockeyfrance.com

3 Réponses à “Naming, Brest, Grenoble: Luc Tardif évoque les sujets brûlants pour LSD”

  1. nabucho

    On avait déjà eu un essai de ce double aller retour… et on est revenu en arrière car les équipes ne jouaient finalement que la deuxième partie de la saison :(.. à voir ce que cela va donner. Par contre le naming d’une compétition devrait être interdit !!!

  2. Mathieu Brosseau

    En NHL on joue plus de 80 matchs, en SHL plus de 50, en SM-Liiga idem…. Pourquoi ces championnats fonctionneraient avec autant de match et pas le notre ?
    Les clubs ont eu le temps de s’y préparer ça va être génial !

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