Jonas Fabre, épisode 10: les superstitions

Jonas Fabre, skieur de l’équipe de France, et pur produit du dauphinois, rejoint l’équipe LSD pour nous raconter son quotidien de sportif de haut niveau, avec les J.O de PyeongChang en ligne de mire.

Trois dernières chroniques:
Episode 9: le podium
Episode 8: la récupération
Episode 7: Mathieu Faivre, interview après son podium

 

Episode 10: les superstitions

Pour célébrer ma dixième chronique sur LSD, j’ai voulu faire quelque chose d’un peu spécial. Après de longs instants à me questionner sur le sujet de mes petits mots de la semaine, j’ai choisi de rendre un humble hommage à l’un des plus fameux numéro 10 de l’équipe de France de football, et depuis peu entraineur du Real Madrid ; j’ai bien sûr nommé Mr Zidane ! J’ai toujours eu en tête sa superstition de toujours enfiler sa chaussette gauche avant la droite, et quand on me parle de Zidane, c’est une des premières choses à laquelle je pense.

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Comme je vous l’ai dit auparavant, la réussite des athlètes dépend de l’attention portée aux petits détails qui rythment notre vie. Cette attention peut être poussée jusqu’à un perfectionnisme sans faille, et peut même mener les sportifs à avoir des petites croyances dans des rituels ou des objets anodins aux yeux de tous. On a bien évidemment en tête Rafael Nadal et ses mimiques incessantes pendant un match de tennis, ou même Dan Biggar, pour les amoureux de l’ovalie, et son rituel interminable avant une pénalité ou une transformation. Ces rituels leur sont indispensables, ils permettent une concentration optimale, et surtout mettent le sportif dans son confort, dans une situation de déjà-vu qui lui permet de ne pas avancer dans l’inconnu total même si aucun coup de raquette ou aucun coup de pied ne ressemble à un autre. On en revient inévitablement à l’équilibre mental indispensable à la performance pour moi (n’hésitez pas à relire ma deuxième chronique Episode 2, l’équilibre).

 

Pour ma part, les superstitions ont toujours fait partie de la préparation des courses même si ces croyances s’essoufflent un peu avec les années. Dans mes plus jeunes années (moins de 14 ans), j’avais pris l’habitude de faire une petite prière la veille au soir de la course pour demander une quelconque aide divine qui puisse me faciliter la compétition à venir, je me suis vite rendu compte que même s’il y a quelqu’un qui écoute nos prières là haut, ma réussite sur les skis n’était pas sa priorité du moment !

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Pendant mes années juniors, mon technicien était lui aussi superstitieux, et nous avions mis un rituel en place pour arriver au moment du départ dans les meilleures dispositions. Notre croyance la plus cocasse était surement avec la musique : il s’occupait de 4 ou 5 athlètes en fonction des courses auxquelles nous participions, et chacun d’entre nous avait une musique porte-bonheur qu’il fallait écouter dans le véhicule en se rendant au pied de la piste. Il nous est arrivé d’attendre tous dans le mini-bus garé sur le parking pour écouter la chanson qui allait nous faire gagner !

Aujourd’hui encore quelques croyances viennent s’intégrer à la préparation de mes courses, en voici quelques unes en vrac mais rassurez vous, si tout n’est pas réuni le jour J, je ne pars pas perdant !
-Je ne porte jamais quelque chose de neuf le jour d’une course, je préfère skier une fois avec avant de le mettre en course ! Et cela va du sous vêtement aux skis, en passant par la tenue de ski, le matériel…
-Je porte toujours deux couches sous ma combinaison de compétition et je m’arrange toujours pour les accorder. C’est à dire que je porte toujours (ou presque) le tee shirt technique rouge avec tel sous-pull, toujours le tee shirt technique bleu avec tel autre sous pull…
Et vous, vous êtes superstitieux?

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